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§ 01 · Histoire et genèse

Le prototype BJ et l'ascension du mont Fuji qui a lancé le Land Cruiser (janvier-juillet 1951)

Toyota Land Cruiser · depuis 1951 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un prototype bouclé en cinq mois

Répondant à la commande conjointe de l'armée américaine et de la Police Reserve Force japonaise (voir Toyota, fournisseur de camions de l'armée américaine avant même le Land Cruiser (1950)), les ingénieurs de Toyota achèvent en janvier 1951 — en seulement cinq mois de développement — le prototype d'un camion léger à quatre roues motrices d'un quart de tonne « de type Jeep ». Le véhicule réutilise des pièces et un savoir-faire hérités de l'expérience de guerre de Toyota (voir L'AK10, l'ancêtre méconnu et sans descendance mécanique du Land Cruiser (1941-1944)), notamment des éléments de suspension de l'essieu arrière empruntés au camion Model SB déjà en production. Le résultat est baptisé Model BJ : « B » pour le type de moteur monté, « J » pour Jeep, la lettre disparaissant définitivement de la désignation commerciale trois ans plus tard (voir « Land Cruiser » contre « Land Rover » — un nom pensé dès 1954 comme une réponse au rival britannique).

Des caractéristiques qui dépassent déjà la Jeep américaine

Le BJ est motorisé par le moteur Type B, un six-cylindres à soupapes en tête de 3 389 cm³ dérivé de celui de la berline Toyota Model AA — une architecture generalement rapprochée du six-cylindres Chevrolet de l'époque. Les documents d'usine de Toyota (avril 1951) créditent ce moteur de 82 ch, quand des sources plus récentes retiennent plutôt 84-85 ch (63 kW) à 3 600 tr/min pour 215 N m de couple à 1 600 tr/min — un écart mineur, probablement lié à la méthode de mesure de l'époque plutôt qu'à une divergence de fond. Empattement de 2 400 mm, longueur de 3 793 mm, poids à vide de 1 230 kg (selon Toyota) à 1 425 kg (selon des relevés ultérieurs), vitesse maximale de 100 km/h : le BJ est délibérément plus grand et plus puissant que la Jeep Willys américaine dont il s'inspire, mais s'en distingue aussi par une lacune notable pour un tout-terrain — l'absence, à ce stade, d'une boîte de transfert à gamme courte, pourtant déjà présente sur la Jeep.

L'ascension du mont Fuji, coup d'éclat fondateur

En juillet 1951, le pilote d'essai maison de Toyota, Ichiro Taira, conduit une version évoluée du prototype BJ jusqu'à la sixième station du mont Fuji — la première fois qu'un véhicule atteint une telle altitude sur ce terrain volcanique escarpé. L'essai est supervisé par la Police Reserve Force elle-même, dont l'intérêt pour le véhicule se confirme à la suite de cette démonstration spectaculaire. Toyota développe le BJ en parallèle d'un second prototype plus lourd, le Model BQ, un trois-quarts de tonne destiné au transport d'armement, achevé au même moment et testé dès février 1951.

Une comparaison féconde avec la genèse du Land Rover

La chronologie invite à un rapprochement direct avec la naissance du grand rival britannique : le tout premier prototype Land Rover, construit sur un châssis de Jeep de récupération, voit le jour fin 1947 au pays de Galles, et le véhicule de série est lancé au Salon d'Amsterdam en avril 1948 — trois années avant le BJ (pour le récit complet, voir le dossier Land Rover Series de ce corpus). Les deux constructeurs répondent ainsi, à quelques années d'écart et sur deux continents différents, au même vide de l'immédiat après-guerre : l'absence d'un véhicule utilitaire léger à quatre roues motrices civil ou paramilitaire, alors que les surplus de Jeep Willys de la Seconde Guerre mondiale se raréfient. Le sort commercial immédiat du BJ auprès de la Police Reserve Force japonaise reste toutefois disputé selon les sources — voir Le BJ a-t-il vraiment été adopté par la police japonaise ? Une divergence à ne pas gommer.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org ; toyota-global.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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