Le Bandeirante brésilien — 43 ans de Land Cruiser à moteur Mercedes-Benz
La toute première production Toyota hors du Japon
En 1958, Toyota do Brasil lance à São Bernardo do Campo la production locale du FJ25, dérivé de la série 20 — un jalon industriel de taille puisqu'il s'agit de la toute première fabrication Toyota réalisée en dehors du territoire japonais, antérieure de plusieurs années à la plupart des autres implantations mondiales de la marque (voir Un Land Cruiser par pays — la diversité mondiale des assemblages et des motorisations locales). Le véhicule prend le nom de Bandeirante — littéralement « porte-drapeau » ou « pionnier » en portugais, en référence aux explorateurs coloniaux qui ont ouvert l'intérieur du Brésil aux XVIIe et XVIIIe siècles, un nom éminemment approprié pour un véhicule destiné à desservir les régions les plus reculées du pays.
Un mariage technique inattendu avec Mercedes-Benz
À partir de janvier 1962, un choix technique singulier distingue durablement le Bandeirante du reste de la gamme Land Cruiser : le moteur essence Toyota d'origine est remplacé par un diesel Mercedes-Benz OM-324, un quatre-cylindres de 3,4 litres à l'origine conçu pour un usage tracteur agricole, réputé increvable mais si rustique et vibrant qu'il vaut au Bandeirante le surnom local de « marteau-piqueur ». Fait notable relevé par les sources : ce moteur OM-324 n'a jamais équipé aucune autre Mercedes-Benz ni aucun autre Toyota ailleurs dans le monde — une motorisation développée, semble-t-il, exclusivement pour cette application brésilienne. Les Bandeirante construits de 1968 à 1993 recevront ensuite les évolutions successives de ce même moteur diesel Mercedes (OM-314 puis OM-364), avant un retour à un diesel Toyota (le 14B) en 1994, jusqu'à l'arrêt définitif de la production en novembre 2001.
Une carrière longue et des chiffres de production modestes
La production reste longtemps confidentielle : à peine 961 unités en 1965, par exemple, un volume sans commune mesure avec le succès mondial du modèle. Le Bandeirante n'en reste pas moins un cas rare de longévité industrielle : construit sans interruption de 1958 à 2001, il traverse quasiment toute la carrière de la série 40 dont il partage la carrosserie à partir de 1968 (voir La série 40 (1960-1984) — un quart de siècle pour devenir une icône mondiale), avec des codes-châssis qui lui sont propres (OJ40/45, puis OJ50/55, puis BJ50/55) et des différences visibles avec le modèle japonais, notamment des portières arrière pleines évoquant davantage la carrosserie du Land Rover que celle, à double battant, du Land Cruiser d'origine.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- La série 40 (1960-1984) — un quart de siècle pour devenir une icône mondialeToyota Land Cruiser · Histoire et genèse
- La série 20 (1955) — quand le Land Cruiser part à la conquête du mondeToyota Land Cruiser · Histoire et genèse
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