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§ 01 · Histoire et modèles

Que devient Sachsenring après 1991 ? D'un hybride jamais construit à un rachat par Chery

Trabant (VEB Sachsenring, RDA) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'arrêt de la production automobile en 1991 (voir 30 avril 1991 — la fin de 33 ans de construction automobile à Zwickau) ne signe pas la disparition du nom « Sachsenring » : la marque connaît, dans les trois décennies suivantes, un feuilleton industriel et judiciaire aussi rocambolesque que méconnu, documenté en détail par Wikipédia en allemand.

Le rachat par les frères Rittinghaus et un hybride jamais construit

En 1993, l'usine de Zwickau et les droits sur le nom « Sachsenring » sont rachetés par les frères Rittinghaus, industriels de Hemer (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), qui fondent la Sachsenring Automobiltechnik GmbH, équipementier automobile qui devient rapidement une vitrine industrielle des nouveaux Länder. En 1996, la société se transforme en société par actions, introduite en bourse dès 1997 sur le Neuer Markt (le compartiment allemand dédié aux valeurs de croissance, aujourd'hui disparu). Fin 1996, Sachsenring présente même un prototype de véhicule « propre » baptisé Uni1 : cadre en aluminium, motorisation hybride électrique-diesel, ciblant administrations, taxis et loueurs — un projet qui ne dépassera jamais le stade du prototype.

L'affaire ZMD et le scandale politique

En 1999, la société Sachsenring rachète le Zentrum Mikroelektronik Dresden (ZMD), une entreprise publique saxonne en difficulté. Cette opération se révèle fatale : le Land de Saxe avait versé au ZMD des aides publiques jugées ensuite contraires au droit européen de la concurrence, exposant tout le groupe Sachsenring, qui avait consolidé le ZMD dans ses comptes, à un risque de remboursement de 360 millions de Mark. Les banques partenaires de Sachsenring se retirent du financement à partir de 2000 face à ce risque, précipitant la chute du groupe.

L'affaire prend aussi une tournure politique : en novembre 2002, Ulf Rittinghaus accuse publiquement, dans un magazine de la chaîne publique MDR et dans le magazine Stern, le ministre saxon de l'Économie de l'époque, Kajo Schommer (CDU), de lui avoir demandé un don de campagne de cinq millions de Mark lors d'une exposition de voitures anciennes en octobre 1998 — ce que l'intéressé conteste avoir formulé sérieusement. Une commission d'enquête parlementaire saxonne, ouverte à la demande du PDS et du SPD, est finalement close en 2004 sans rapport final, faute d'avoir pu trancher entre les deux versions des faits. Une procédure pénale distincte contre Kajo Schommer pour corruption et abus de confiance s'éteint avec le décès de l'intéressé en 2007, avant toute décision sur l'ouverture d'un procès.

Deux faillites successives, puis un rachat par le géant chinois Chery

Le groupe Sachsenring dépose le bilan le 30 mai 2002. Une procédure pénale distincte contre les frères Rittinghaus pour faux bilan et abus de confiance s'achève par une transaction en 2009, un tribunal expert ayant entre-temps écarté les principaux chefs d'accusation.

Le site de production continue néanmoins d'exister sous administration judiciaire : une nouvelle société sans dette, la Sachsenring Zwickau AG, est fondée dès juillet 2003 par l'administrateur judiciaire, qui refuse une offre de rachat symbolique à 1 euro de ThyssenKrupp — l'entreprise redevient bénéficiaire dès sa première année d'exercice. Une branche spécialisée dans le blindage de limousines est cédée séparément. Fait notable pour ce corpus : le groupe tente alors de se démarquer de son passé Trabant en développant un projet Sachsenring Africar, installé en Afrique du Sud — projet ensuite racheté par le constructeur automobile chinois Chery Automobile, qui continue d'exploiter le nom aujourd'hui.

Le site historique de Zwickau, encore fort de 170 salariés au milieu des années 2000, est finalement racheté début 2006 par le groupe HQM de Leipzig, spécialiste de la trempe et de la gestion qualité, qui fonde la HQM Sachsenring GmbH — laquelle fournit notamment l'usine Volkswagen voisine de Zwickau en pièces pour les Golf et Passat, avant de connaître à son tour, plus tard, une nouvelle procédure d'insolvabilité ayant donné naissance à l'actuelle Sachsenring Karosseriemodule GmbH (2014).

Une résurrection avortée sous forme de concept électrique (2009)

Sans lien capitalistique avec les avatars successifs de Sachsenring décrits ci-dessus, une entreprise distincte, IndiKar Individual Karosseriebau GmbH, présente en 2009 au salon international de l'automobile (IAA) un concept-car baptisé Trabant nT : un design extérieur délibérément proche du 601 historique, mais associé à une motorisation entièrement électrique — projet resté sans suite industrielle. Le rapprochement est révélateur : plus de trente ans après l'arrêt de la P 601, la silhouette du Trabant continuait d'être perçue comme une valeur d'image mobilisable, y compris pour incarner un futur automobile écologique radicalement différent de la réalité technique du modèle d'origine (voir L'Ostalgie — la nostalgie de l'Est et la place paradoxale du Trabant sur ce phénomène plus large de récupération positive de l'image du Trabant).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
Wikipédia (allemand)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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