Les carrosseries confidentielles — break Promiscua, Giardinetta et Torpedo présidentiel
La Giulia Promiscua, un break de fonction plutôt que de loisir
Au-delà de la berline trois volumes, quelques carrossiers indépendants transforment la Giulia en version « Promiscua » (break, aussi appelée Giardinetta), toujours sur base du moteur 1 600 cm³. Réalisations quasi artisanales, ces breaks diffèrent sensiblement d'un atelier à l'autre : Carrozzeria Colli (dès 1963), Carrozzeria Grazia de Bologne, Carrozzeria Giorgetti de Montecatini Terme — qui fournit spécifiquement les exemplaires destinés à la Police de la route — et Carrozzeria Introzzi de Lipomo se partagent cette production confidentielle, utilisée par les services techniques des concessionnaires, les ateliers agréés, les écuries de course et la Polizia Stradale elle-même (voir Pantere et Gazzelle — la Giulia au service de l'ordre public italien pour le détail de l'équipement embarqué de ces dernières).
Un « Torpedo » présidentiel en deux exemplaires
Fait plus insolite encore : en 1965, sur demande explicite de la direction d'Alfa Romeo, la Carrozzeria Colli réalise une version totalement découverte de la Giulia, de type « spiaggina » (littéralement « petite plagiste », un genre de carrosserie ouverte alors en vogue pour les voitures de plage ou de représentation), destinée à un usage protocolaire interne à l'entreprise. Baptisée Torpedo et construite sur deux châssis de Giulia Super seulement, la voiture est dépourvue de toit et de portières, et dotée d'une capote amovible fixée au pare-brise et à des cintres tubulaires à l'arrière ; l'habitacle est aménagé de deux larges banquettes aux accoudoirs saillants. En 1966, l'une des deux Torpedo accueille le président de la République italienne Giuseppe Saragat, en visite à l'usine d'Arese pour saluer le personnel. Non homologuées pour la circulation routière, les deux voitures sont aujourd'hui parfaitement conservées ; l'une d'elles fait partie de la collection permanente du Museo storico Alfa Romeo.
Et côté 1750/2000 : une Giardinetta, des ambulances et un pick-up pompier
La descendance directe de la Giulia n'est pas en reste : la 1750 Giardinetta Veloce, commandée à la Carrozzeria Pavesi par l'important concessionnaire milanais Automil et présentée en mai 1968, propose un hayon en deux parties avec lunette chauffante et un toit ouvrant électrique — mais son prix, supérieur de 35 % à celui de la berline, et les mentalités de l'époque, qui associent encore la carrosserie break à un usage utilitaire peu valorisant pour une voiture de ce standing, limitent sa diffusion à une poignée d'exemplaires. Pavesi réoriente ensuite ce savoir-faire vers des ambulances rapides et des véhicules de premiers secours pour les pompiers, à empattement arrière allongé, produits en very petit nombre sur les deux bases 1750 et 2000. Alfa Romeo construit même, en exemplaire unique, un pick-up 2000 « anti-incendie » pour son propre service de sécurité interne, équipé d'une échelle extensible et de deux réservoirs de poudre extinctrice ; donné ensuite aux pompiers de Milan pour équiper l'aéroport de Linate, ce véhicule est aujourd'hui conservé au musée historique des pompiers de Milan.
Voir aussi
- Site source
- it.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://it.wikipedia.org/wiki/Alfa_Romeo_Giulia ↗
- Pantere et Gazzelle — la Giulia au service de l'ordre public italienAlfa Romeo Giulia · Culture documentation
- Production et sites d'assemblage — du Portello à Arese, et au-delà de l'ItalieAlfa Romeo Giulia · Histoire et modèles
- Les 1750 et 2000 Berlina — le haut de gamme bâti sur le plancher GiuliaAlfa Romeo Giulia · Histoire et modèles