Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

Genèse du projet 105 — remplacer la Giulietta sans trahir l'esprit Alfa Romeo

Alfa Romeo Giulia · 1962–1978 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un succès qui appelle sa propre suite

Le dossier alfa-romeo-giulietta/ documente en détail comment la Giulietta (1954-1965) a fait basculer Alfa Romeo de l'artisanat sportif vers une industrie automobile de série (voir Histoire générale de l'Alfa Romeo Giulietta (1954-1965) et De l'artisanat à l'industrie — Rudolf Hruska et l'industrialisation du Portello). Ce succès pose paradoxalement un problème : à peine sortie de l'urgence financière qui l'a vue naître, la marque milanaise doit déjà préparer la relève d'un modèle display devenu, en quelques années, son pilier commercial. C'est dans ce contexte de fin des années 1950 qu'est engagé, en interne, le projet Tipo 105.

Un objectif explicite : grandir sans se renier

Le cahier des charges du projet 105 reprend et amplifie celui de la Giulietta : faire franchir à Alfa Romeo un nouveau palier vers une production de plus grande série, tout en préservant le caractère sportif qui distingue la marque de ses concurrentes généralistes. La nouvelle voiture, positionnée dans une catégorie légèrement supérieure à celle de la Giulietta (le segment des « berlines familiales de grande diffusion » selon la classification qui deviendra plus tard le segment D), doit conserver l'ADN mécanique de sa devancière — moteur bialbero, propulsion, caisse autoportante — tout en reposant sur une base technique entièrement renouvelée, et non sur une simple évolution de plateforme.

Orazio Satta Puglia, again

La direction technique du projet revient une nouvelle fois à l'ingénieur Orazio Satta Puglia, déjà responsable du bureau d'études de la Giulietta une décennie plus tôt. Cette continuité managériale explique en grande partie la cohérence mécanique entre les deux générations, en dépit d'une caisse et d'une carrosserie entièrement nouvelles (voir Le dessin de la Giulia — Centro Stile, Giuseppe Scarnati et Ivo Colucci pour la partie stylistique, confiée à un tout autre atelier).

Le nom : Giulia, la « grande sœur » devenue adulte

Le choix du nom prolonge directement le jeu de mots entamé avec « Giulietta » : en italien, « Giulietta » est le diminutif de « Giulia » — la nouvelle venue est donc présentée comme la version adulte, « grandie », de sa devancière, sans rompre le lien avec l'héroïne shakespearienne déjà débattue côté Giulietta (voir L'origine du nom « Giulietta » — trois récits concurrents). Ce choix marketing habile permet de capitaliser sur la notoriété acquise par la Giulietta tout en signalant clairement une montée en gamme.

Une mise au point qui devance son usine

Le calendrier industriel prévoyait initialement de faire coïncider le lancement de la nouvelle berline avec l'inauguration de la toute nouvelle usine d'Arese, construite spécifiquement pour absorber la croissance des volumes amorcée par la Giulietta. Dans les faits, le développement de la voiture s'achève plus vite que la construction du site : les tout premiers exemplaires sortent donc en 1962 de l'usine historique du Portello, et une phase de transition d'environ deux ans voit les carrosseries assemblées à Arese tandis que les organes mécaniques continuent d'arriver du Portello, les deux sites n'étant distants que d'une quinzaine de kilomètres (détail complet dans Production et sites d'assemblage — du Portello à Arese, et au-delà de l'Italie). La toute première voiture entièrement construite à Arese est la Giulia GT, en 1963.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci