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§ 01 · Histoire et modèles

Jean Rédélé, concessionnaire Renault et pilote — la genèse d'Alpine (1922-1955)

Alpine A110 (Berlinette) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Avant d'être un constructeur, Alpine est l'œuvre d'un seul homme : Jean Rédélé, né le 17 mai 1922 et mort le 10 août 2007 à 85 ans. Diplômé de HEC, il reprend très jeune la concession Renault de son père à Dieppe (Seine-Maritime) et devient ainsi le plus jeune concessionnaire Renault de France.

Du concessionnaire au pilote de rallye

Rédélé ne se contente pas de vendre des Renault : il les fait courir. Sa première compétition est le rallye Dieppe-Rouen, disputé sur une Renault 4CV, dont il perçoit d'emblée le potentiel sportif malgré son gabarit modeste — cette première épreuve se solde par une victoire qui l'encourage à poursuivre. En 1952, toujours au volant d'une 4CV, il dispute les Mille Miglia italiennes et remporte sa catégorie, associé à son copilote Louis Pons.

Après un Rallye Monte-Carlo décevant qui lui fait manquer une première victoire de prestige, Rédélé se tourne vers les épreuves du massif alpin. En 1954, il s'y illustre à plusieurs reprises, remportant notamment une coupe au Critérium des Alpes ainsi qu'une épreuve du Liège-Rome-Liège. C'est sur les routes sinueuses des Alpes qu'il réalise ses meilleures performances de pilote — et c'est en référence directe à ces succès que ses futures automobiles porteront le nom d'« Alpine ».

La création de la société (22 juin 1955)

Fort de ces résultats et de sa connaissance intime de la mécanique Renault via sa concession, Jean Rédélé crée le 22 juin 1955 la Société Anonyme des Automobiles Alpine, à Dieppe. Le tout premier modèle, l'Alpine A106, doit son nom à la série mécanique 1060 de la Renault 4CV dont elle reprend la base technique — une pratique de numérotation par la mécanique d'origine qui perdurera un temps chez Alpine. Le choix de carrosser légèrement des mécaniques Renault de grande diffusion, plutôt que de développer une automobile entièrement nouvelle, est dès l'origine une décision à la fois économique (accès à une mécanique fiable et bon marché) et technique (légèreté, philosophie qui restera la signature de la marque jusqu'à l'A110).

L'A106 est présentée en juillet 1955 dans la cour de l'usine Renault de Boulogne-Billancourt. Sa carrosserie est produite par les Ateliers Chappe et Gessalin, à Saint-Maur-des-Fossés — un sous-traitant carrossier qui restera associé à Alpine sur plusieurs générations de modèles, dont plus tard le coupé 2+2 GT4 de l'A110 (voir Le châssis-poutre en acier et la carrosserie en polyester — la philosophie « Light is Right » de l'A110).

De l'A106 à l'A108, puis à l'A110

L'A106 est suivie en 1960 par l'Alpine A108, déclinée en berlinette dite « Tour de France » et en cabriolet, dessinés par le carrossier italien Giovanni Michelotti. C'est cette A108 qui pose les bases techniques reprises ensuite par l'A110 : un châssis-poutre central en acier et une carrosserie en fibre de verre-polyester, avec un moteur en porte-à-faux arrière (voir De l'A106 à l'A108 puis à l'A110 — la filiation technique des berlinettes Alpine pour le détail de cette filiation technique).

En 1962, l'Alpine A110 est présentée au Salon de Paris. Elle marque, sur le plan sportif, le début d'une aventure qui conduira Alpine à son premier titre international des marques en 1971 puis au titre de champion du monde des rallyes en 1973 (voir 1973 — Alpine, premier champion du monde des rallyes constructeurs).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), recoupé avec plusieurs synthèses de presse spécialisée (motor1.com, ggpauto.fr, autotitre.com)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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