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§ 01 · Histoire et modèles

L'obsession du Mans — David Brown, John Wyer et la victoire DBR1 de 1959

Aston Martin DB5 · 1963–1965 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La notoriété de la DB5 est indissociable de l'image de marque qu'a patiemment construite David Brown pendant plus d'une décennie avant son lancement — et cette image doit énormément à l'histoire sportive de la marque en course, pas seulement à ses grands tourisme de route. Comprendre l'obsession de Brown pour les 24 Heures du Mans permet de comprendre pourquoi, en 1963, une Aston Martin jouit déjà d'un prestige suffisant pour être choisie comme voiture de l'agent secret le plus célèbre du cinéma.

Un promoteur, pas un simple actionnaire

Dès son arrivée à la tête de la marque, David Brown ne se contente pas de vendre des grand tourisme de route : il veut gagner en compétition, et tout particulièrement remporter la course la plus prestigieuse d'Europe, les 24 Heures du Mans. Il engage pour cela John Wyer, considéré comme le meilleur directeur d'équipe de course britannique de l'époque (c'est également Wyer qui pousse, quelques années plus tard, à l'alliance avec Touring de Milan pour la DB4 — voir Genèse de la DB4 — Projet 114, Harold Beach et l'alliance avec Touring de Milan). Wyer recrute certains des meilleurs pilotes britanniques et internationaux des années 1950 : Stirling Moss, Tony Brooks, Peter Collins, Roy Salvadori et Reg Parnell.

Selon le témoignage de Roy Salvadori, rapporté dans le magazine officiel du centenaire Aston Martin, David Brown n'était en rien un « patron lointain » : il partageait les mêmes hôtels que son équipe lors des déplacements, connaissait chaque mécanicien par son nom, et entretenait avec ses pilotes une relation d'amitié plutôt que de simple emploi — une proximité rare chez les propriétaires d'écurie de l'époque.

La DBR1 et la consécration de 1959

Après plusieurs saisons de développement, la barquette de compétition Aston Martin DBR1 (héritière de la DB3S) offre enfin à David Brown la victoire tant attendue. Lors des 24 Heures du Mans 1959, la DBR1 pilotée par Roy Salvadori et l'Américain Carroll Shelby (futur créateur de la Cobra et de la Shelby GT350, voir le corpus ford-mustang/) remporte la course après 323 tours, devançant d'un tour sa propre voiture sœur. La lutte a été serrée : une Ferrari 250 TR pilotée par Olivier Gendebien et Phil Hill avait pris la tête après que la DBR1 de tête eut perdu du temps sur un problème de suspension, avant de devoir abandonner sur surchauffe aux environs de 11 heures du matin, ce qui relance Salvadori puis Shelby vers la victoire finale.

Cette victoire fait d'Aston Martin l'un des trois seuls constructeurs à avoir remporté, dans les années 1950, à la fois les 24 Heures du Mans et le titre mondial des voitures de sport (World Sportscar Championship) la même année — les deux autres étant Ferrari, avec la 375 Plus et la 250 TR. Le titre mondial 1959 vient ainsi couronner près d'une décennie d'investissements et d'efforts de la part de David Brown.

Un investissement au service de l'image de marque

Cette réussite sportive, obtenue alors même que l'activité de tourisme routier (DB2, DB2/4, DB Mark III puis DB4) peinait à dégager des marges suffisantes selon plusieurs témoignages concordants, forge une bonne partie du prestige dont hérite directement la DB5 quatre ans plus tard : quand la production de Goldfinger choisit une Aston Martin pour équiper James Bond en 1964, la marque n'est plus seulement un carrossier confidentiel pour gentleman fortuné, mais un nom associé à la victoire au plus haut niveau international de la compétition automobile.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
britishclassics.uk ; astonmartin.blob.core.windows.net (magazine officiel) ; hwmastonmartin.co.uk
Date d'extraction
12 sept. 2026
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