Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

Autobianchi (1955-1968) — la coentreprise Fiat/Pirelli/Bianchi devenue laboratoire technique de Fiat

Autobianchi A112 · 1969–1986 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Avant de porter le nom qui identifiera dix-sept ans durant la citadine dont ce dossier retrace l'histoire, Autobianchi est d'abord une construction industrielle originale : une société créée à trois, pour un objectif que ses fondateurs eux-mêmes qualifiaient de banc d'essai.

Une fondation tripartite (11 janvier 1955)

La société Autobianchi naît le 11 janvier 1955 à Milan, sur une idée de l'ingénieur Ferruccio Quintavalle, directeur général de la maison Bianchi. Trois partenaires s'associent, chacun apportant une compétence propre : Fiat fournit les organes mécaniques (moteurs, boîtes, trains roulants) et sa force de frappe industrielle ; Pirelli apporte les pneumatiques et une culture d'essais routiers ; Bianchi — fabricant milanais de cycles et de véhicules fondé par Edoardo Bianchi en 1885, réputé pour la qualité de fabrication de ses automobiles d'avant-guerre — met à disposition son usine de Desio, près de Milan (140 000 m² alors modernisés, chaînes de peinture automatisées pour l'époque). Le capital de départ n'est que de trois millions de lires ; il est porté à un milliard huit cents millions dès le mois de juin suivant. Le premier président est le commendatore Giuseppe Bianchi, fils du fondateur ; Quintavalle occupe le poste de conseiller délégué.

Pour Fiat, l'opération répond à un double besoin : disposer d'un modèle complémentaire à sa propre gamme pour une clientèle en quête de distinction, et surtout se doter d'un terrain d'expérimentation pour des solutions techniques ou stylistiques risquées, sans exposer l'image de la marque principale en cas d'échec commercial. Pour Bianchi, exsangue après les destructions de la Seconde Guerre mondiale, l'alliance permet de revenir dans l'automobile sans en supporter seule le coût. Cette vocation de « laboratoire roulant » de Fiat, revendiquée dès l'origine, façonnera toute la suite de l'histoire de la marque, jusqu'à la genèse de l'A112 elle-même (voir Genèse de l'Autobianchi A112 — répondre à la Mini construite par Innocenti (projet X1/2)).

La Bianchina (1957), première vitrine du concept

Le premier modèle sort le 16 septembre 1957 au Musée des Sciences et Techniques de Milan : la Bianchina Trasformabile, présentée devant Gianni Agnelli, Alberto Pirelli, Giuseppe Bianchi et le président de Fiat Vittorio Valletta. Techniquement, il s'agit d'une Fiat 500 (moteur bicylindre arrière de 15 ch, groupe motopropulseur conçu par Dante Giacosa) habillée d'une carrosserie plus soignée : bicolore, chromes généreux, sellerie plus riche, pneus Pirelli à flanc blanc et dégivreur de série — pour un tarif de 565 000 lires. Onze mille exemplaires sont vendus dès la première année ; suivront la Trasformabile Special (moteur 500 Sport porté à 21 ch), la Cabriolet (1960), la Panoramica (1960, première familiale de la gamme, hayon relevable) et une berline 4 places (1962). Un modèle utilitaire encore plus atypique complète brièvement la gamme en 1963 : le Spider Stellina, première voiture de série italienne à carrosserie en résine polyester et fibre de verre — un choix technique très en avance sur son temps, mais pénalisé commercialement par la reprise du modeste moteur de la Fiat 600 D (767 cm³, 29 ch) ; seuls 502 exemplaires seront construits.

De la coentreprise à la filiale à 100 % Fiat

L'histoire capitalistique d'Autobianchi suit une absorption progressive par Fiat, en trois temps documentés :

  • 1955 : fondation tripartite, capital réparti entre les trois partenaires (les sources divergent sur le détail exact des parts — voir sources/verification-croisee.md) ;
  • 1958 : la famille Bianchi cède ses actions à Fiat et Pirelli ; Giuseppe Bianchi démissionne de la présidence, remplacé par Ferruccio Quintavalle le 28 juin 1958 — Bianchi continue en parallèle sa propre production de cycles, activité distincte qui perdure aujourd'hui ;
  • 1968 : Fiat rachète également la part de Pirelli et devient seul propriétaire d'Autobianchi, qui bascule alors administrativement sous le contrôle de sa filiale Lancia dès la fin de l'année 1969 — tout en continuant de commercialiser l'A112 sous le badge Autobianchi jusqu'en 1986 (voir La fin de la marque Autobianchi — dissolution progressive dans Lancia (1968-1996) et épilogue 2026).

Vers la traction avant : la Primula (1964)

C'est en 1964, sous la présidence de l'ingénieur Giovanni Nasi (qui succède à Quintavalle et renforce la mainmise de Fiat sur la société), qu'Autobianchi présente le modèle qui va faire basculer sa vocation de laboratoire dans une autre dimension technique : la Primula, première traction avant à moteur transversal étudiée par le groupe Fiat — voir le développement complet dans L'Autobianchi Primula (1964-1970) — le vrai banc d'essai de la traction avant chez Fiat.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
autobianchi.org
Auteur du site
Registro Autobianchi
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci