L'Autobianchi Primula (1964-1970) — le vrai banc d'essai de la traction avant chez Fiat
Cinq années avant l'A112, un autre modèle Autobianchi avait déjà validé, grandeur nature, l'architecture technique qui allait devenir la norme mondiale de la petite et moyenne traction avant. Le Registro Autobianchi — club historique agréé par Fiat/Stellantis pour l'usage de la marque — en conserve le récit de genèse le plus détaillé disponible.
Une gestation qui remonte à 1961
Le projet, baptisé en interne 109, part d'une volonté de l'ingénieur Dante Giacosa d'obtenir une mécanique de traction avant très simple, ne nécessitant pas d'outillage d'usine coûteux — sur le modèle de ce que la Morris Mini avait déjà réalisé en 1959 avec un moteur transversal. Les premières esquisses datent de 1961 ; en 1962, le moteur 1200 cm³ de la Fiat 103 est redessiné pour un montage transversal sous le nom de code 103 G1. Pour la carrosserie, Giacosa retient un dessin de coupé initialement conçu par les Officine Boano de Turin pour la Fiat 1100 D, qu'il fait transformer en berline quatre places à hayon.
La difficulté technique majeure tient à l'encombrement du groupe motopropulseur (moteur, embrayage, boîte) entre les roues avant complètement braquées, sur une voie étroite. L'équipe de dessinateurs dirigée par l'ingénieur Ettore Cordiano — celui-là même qui met ensuite au point le mécanisme de débrayage de la future Fiat 128, voir Genèse de la Fiat 128 (projet X1/1) — la rupture technique du moteur transversal — résout le problème en supprimant le roulement de butée et le levier de débrayage classiques au profit d'une commande hydraulique et d'une tige insérée dans l'arbre primaire de boîte : une solution aujourd'hui banale sur les moteurs 4 cylindres transversaux, mais inédite à l'époque.
Premiers essais à la Mandria (10 novembre 1963)
La première voiture expérimentale, carrossée à Turin mais construite à Desio sous la direction de l'ingénieur Rapi, sort ses roues pour la première fois sur la piste de la Mandria le 10 novembre 1963. Ces essais sont aussi l'occasion d'introduire, sur le circuit hydraulique de freinage, un dispositif limitant les inconvénients de l'effort de freinage — une autre innovation reprise plus tard par la concurrence. Convaincre la direction générale de Fiat, prudente par nature, de lancer la production en série de cette architecture inédite demande l'appui conjoint de Giacosa, de l'ingénieur Luigi Zandonà (chef du département Expériences) et du directeur d'Autobianchi, l'ingénieur Vallecchi — qui obtiennent malgré tout que l'essai industriel soit conduit sous la bannière Autobianchi plutôt que Fiat elle-même, exactement la logique de laboratoire déjà décrite dans Autobianchi (1955-1968) — la coentreprise Fiat/Pirelli/Bianchi devenue laboratoire technique de Fiat. C'est Vallecchi qui choisit le nom Primula, à connotation printanière et prometteuse.
Présentation et caractéristiques (Salon de Turin 1964)
Présentée quelques mois après la Fiat 850, la Primula reprend le moteur de la Fiat 1100 D — quatre cylindres de 1 221 cm³, 57 ch — installé transversalement, associé à une boîte de vitesses en ligne synchronisée y compris en première. Elle innove sur plusieurs points pour une voiture de conception Fiat : direction à crémaillère (une première), quatre freins à disque, embrayage à commande hydraulique, et une carrosserie « fastback » à hayon incliné très fonctionnel — un volume que les sources du club rapprochent explicitement de celui adopté ensuite par la Fiat 127. Commercialisée en versions 2, 3, 4 et 5 portes (un coupé s'y ajoute en 1965, produit jusqu'en 1970 avec de légères retouches de carrosserie), surnommée familièrement « la Biancona », elle affichait à son lancement un tarif d'un million cinquante mille lires et une vitesse de pointe de 135 km/h.
D'après Wikipédia, elle devance d'un an la Peugeot 204 (moteur transversal) et la Renault 16 (moteur longitudinal), et se classe, après la Renault 4, au deuxième rang mondial des voitures à hayon — tout en étant, deux ans après la Renault 8, l'une des toutes premières petites voitures européennes équipées de quatre freins à disque.
Un succès d'estime plus que commercial
Produite jusqu'en 1970 à 74 858 exemplaires selon Wikipédia France (un chiffre nettement inférieur à celui de la future A112), la Primula reste un succès d'estime plutôt que de volume — mais elle a rempli sa mission : valider, sur cinq années d'usage réel, l'architecture moteur transversal/boîte accolée avant que Fiat n'ose l'engager à très grande échelle avec la 128 en 1969 (projet interne X1/1, voir le développement technique complet — mécanisme de compensation du couple de renversement, demi-arbres à rigidité calculée, nuance sur la paternité du schéma face à la Saab 92 — dans Genèse de la Fiat 128 (projet X1/1) — la rupture technique du moteur transversal, déjà établi dans le corpus fiat-128/). Le même schéma sera repris peu après sur l'Autobianchi A111 (voir L'Autobianchi A111 (1969-1972) — la dernière grande berline Autobianchi, sacrifiée à l'A112), puis sur l'A112 elle-même dans une version raccourcie (voir A112, Fiat 127 ou Fiat 128 — clarifier une parenté technique souvent confondue).
Voir aussi
- Autobianchi (1955-1968) — la coentreprise Fiat/Pirelli/Bianchi devenue laboratoire technique de Fiat · L'Autobianchi A111 (1969-1972) — la dernière grande berline Autobianchi, sacrifiée à l'A112 · Genèse de la Fiat 128 (projet X1/1) — la rupture technique du moteur transversal · A112, Fiat 127 ou Fiat 128 — clarifier une parenté technique souvent confondue · Genèse de l'Autobianchi A112 — répondre à la Mini construite par Innocenti (projet X1/2)
- Site source
- autobianchi.org
- Auteur du site
- Registro Autobianchi
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://www.autobianchi.org/la-storia/ ↗
- L'Autobianchi A111 (1969-1972) — la dernière grande berline Autobianchi, sacrifiée à l'A112Autobianchi A112 · Histoire et modèles
- Genèse de la Fiat 128 (projet X1/1) — la rupture technique du moteur transversalFiat 128 · Histoire et modèles
- Genèse de l'Autobianchi A112 — répondre à la Mini construite par Innocenti (projet X1/2)Autobianchi A112 · Histoire et modèles
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- Les quatre roues indépendantes de l'A112 — une première chez Fiat, un héritage de la PrimulaAutobianchi A112
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