Genèse de la XM — le projet Y30, la fin de la CX et le contexte industriel PSA
Une CX vieillissante face à une concurrence renouvelée
Au tournant des années 1980, la CX — pourtant toujours viable commercialement grâce à sa suspension hydropneumatique, son aérodynamisme et ses moteurs turbo (voir le dossier citroen-cx/, notamment suspension-hydropneumatique-fonctionnement-cx) — commence à accuser son âge face à une nouvelle génération de routières : Renault 25, Mercedes W124, Lancia Thema, Saab 9000, Fiat Croma, Ford Scorpio, et une Peugeot 505 elle-même restylée. Certains observateurs relèvent même que les versions hautes de la BX, lancée en 1982, grignotent une partie de la clientèle de la CX. Un restylage complet aurait exigé des moyens que PSA, alors mobilisé en priorité sur la 205 et la BX — les deux modèles chargés de sauver financièrement le groupe (voir crise-citroen-1980-1982-sauvetage-psa, dossier citroen-bx/) —, ne peut consacrer à la CX : celle-ci se contente donc d'un simple lifting (pare-chocs plastique, nouveau compteur, nouvelles appellations).
Un premier projet non autorisé, détruit sur ordre
Vers 1980, cinq ans après le départ de Robert Opron, le bureau d'études de Vélizy, dirigé par Jean Giret, entreprend de sa propre initiative une étude de remplaçante de la CX — sans l'aval ni même la connaissance du président de Citroën de l'époque, Xavier Karcher. Ce travail officieux, surnommé en interne « Projet E », reprend les dimensions générales de la CX avec un hayon en deux parties permettant un usage berline ou break au choix, et une face avant proche de celle de la BX. Lorsque Art Blakeslee, responsable du style chez PSA, découvre cette maquette, il en ordonne la destruction pure et simple, et PSA place ensuite ses propres équipes à la tête du bureau de Vélizy. Cet épisode marque un tournant : toute remplaçante de la CX devra désormais être un véhicule bien plus conventionnel dans sa conception, largement construit à partir d'organes mutualisés avec le reste de la gamme PSA — la fin de facto de la lignée d'ingénieurs-stylistes indépendants qui avait façonné Traction, DS, SM et CX.
Fin 1984 : un concours de style à trois entrants
C'est fin 1984 que le comité de direction de PSA lance formellement l'étude du remplacement de la CX, sous le nom de code Y30 (rattaché à un code de projet antérieur, V-80). Trois centres de style sont mis en concurrence : les bureaux internes de Vélizy et de Carrières-sous-Poissy, et le carrossier italien Bertone. Le choix définitif du dessin retenu, dont la paternité exacte reste disputée entre plusieurs stylistes, fait l'objet d'une fiche dédiée : Qui a vraiment dessiné la XM ? Bertone, Gandini, Deschamps — une paternité disputée.
Sur le plan technique, le cahier des charges du projet Y30 impose un plancher partagé avec la future grande Peugeot (la 605) — une étude de plateforme commune avec la Saab 9000 est même un temps envisagée, sans aboutir — ainsi que la reprise de l'architecture de train avant à pseudo-jambes de force McPherson déjà éprouvée sur la BX et de la famille de moteurs XU (voir Les moteurs essence 4 cylindres — la famille XU, du carburateur au Turbo CT et familles-moteurs-bx). Pour la première fois depuis l'arrêt de la SM, un V6 est prévu au catalogue dès le lancement (voir Le V6 PRV — la première Citroën à six cylindres depuis la Traction 15-Six). En revanche, la voiture reste fidèle à la signature technique de la marque : elle conservera la suspension hydropneumatique, portée à un niveau de sophistication inédit avec l'arrivée de l'électronique (voir L'Hydractive — la suspension hydropneumatique gagne l'électronique).
Les maquettes en grandeur réelle sont présentées à la direction du groupe — les dirigeants Jacques Calvet et Xavier Karcher — au printemps 1986. Le développement complet s'étale sur 55 mois avant la présentation officielle du 23 mai 1989 (voir Le lancement de la XM — 23 mai 1989 et le sacre de Voiture Européenne de l'Année 1990).
Le choix du nom : un hommage à la SM
Le nom commercial retenu, XM, est choisi en hommage à la SM (1970-1975), dernière Citroën à six cylindres avant la XM elle-même. La ligne de caisse « cassée » vers l'arrière de la XM, une signature stylistique reprise du dessin de la SM, participe de ce même clin d'œil (voir Qui a vraiment dessiné la XM ? Bertone, Gandini, Deschamps — une paternité disputée).
Voir aussi
- Qui a vraiment dessiné la XM ? Bertone, Gandini, Deschamps — une paternité disputée · Le lancement de la XM — 23 mai 1989 et le sacre de Voiture Européenne de l'Année 1990 · Le V6 PRV — la première Citroën à six cylindres depuis la Traction 15-Six · L'Hydractive — la suspension hydropneumatique gagne l'électronique
- crise-citroen-1980-1982-sauvetage-psa (dossier
citroen-bx/) - succession-xm-heritage-c6-cx (dossier
citroen-cx/, le passage de témoin vu côté CX)
- Site source
- citroenet.org.uk (Julian Marsh) + recoupements fr.wikipedia.org, mecanicus.com, leblogauto.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
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