L'après-guerre — Eighteen, DE27/DE36, Conquest et les berlines Regency
Un jubilé austère
Malgré le rationnement encore en vigueur, Daimler célèbre en 1946 le cinquantenaire de sa fondation par un déjeuner au Savoy, à l'occasion duquel sont dévoilés les tarifs de la nouvelle Eighteen et de la Lanchester Ten. Les toutes premières limousines Daimler livrées après-guerre sont destinées aux ambassades et consulats européens ainsi qu'aux lieutenants-gouverneurs de Jersey et Guernesey — des Straight-Eight assemblées à partir des stocks de pièces d'avant-guerre.
Le premier modèle réellement conçu pour l'après-guerre, l'Eighteen, dérive de la Fifteen d'avant-guerre et reprend le moteur 2,5 litres du Scout Car militaire, coiffé d'une nouvelle culasse à taux de compression relevé. Elle innove avec des vitres latérales incurvées cerclées de chrome plutôt que d'épais montants classiques — mais les restrictions persistantes sur l'acier obligent à fabriquer une bonne partie de sa carrosserie en aluminium. La première Lanchester d'après-guerre, la Ten, ressemble à une Ford Prefect agrandie — logique, puisque sa carrosserie sort de la même usine, celle de Briggs Motor Bodies, sur le site Ford de Dagenham.
Les grandes limousines DE27 et DE36
La production des grandes limousines huit places démarre en mars 1946 : la DE 27 (six cylindres) et la DE 36 (huit cylindres) comptent parmi les toutes premières voitures produites en série à recevoir des lève-vitres électriques. Elles marquent aussi le retour à la transmission classique par couple conique, abandonnant après 1909 la transmission par vis sans fin habituelle chez Daimler — et la DE 36 restera la toute dernière automobile à huit cylindres en ligne jamais construite en Grande-Bretagne. Le châssis DE 27 sert également de base à une ambulance carrossée par Barker et Hooper.
Plusieurs monarques étrangers renouvellent leur flotte auprès de Daimler à cette période : la reine des Pays-Bas, le roi de Thaïlande, l'Aga Khan (et le prince Aly Khan), l'empereur d'Éthiopie, le prince de Monaco et le roi d'Afghanistan.
Le poids de la fiscalité et du rationnement
En juin 1947, la taxe à l'achat double pour les voitures dépassant 1 000 £, dans un contexte où les ventes sur le marché intérieur sont déjà restreintes aux « usages essentiels ». L'essence reste rationnée (dix gallons par mois, portés à quinze en juillet 1946 avant une nouvelle réduction fin 1947). La princesse Elisabeth emporte pourtant son coupé 2,5 litres, cadeau de ses 21 ans offert par son père, jusqu'à Malte où son nouvel époux est alors en poste. Le boom des matières premières provoqué par la guerre de Corée (1950) profite paradoxalement à la marque : les éleveurs de moutons australiens rapportent que la nouvelle cloison électrique séparant l'habitacle du poste de conduite est « juste ce qu'il fallait » lorsque leurs chiens de berger, victimes de la chaleur, viennent lécher les oreilles du chauffeur par la vitre arrière.
Conquest, Century et les niches des années 1950
Jusqu'au début des années 1950, l'aristocratie britannique continue de préférer Daimler à Rolls-Royce (voir Le mécénat royal — brevet royal de 1902 et la bascule vers Rolls-Royce en 1950), mais la stratégie produit de la marque commence à s'essouffler : trop de modèles à faible volume, quand Jaguar, de son côté, semble avoir cerné exactement ce que veut le public et croît rapidement. Sir Bernard Docker, président du groupe BSA, prend directement en charge la direction générale de Daimler en janvier 1953. Sous l'impulsion de son épouse Norah, la production de la Regency 3 litres est arrêtée et son prix aligné dès février 1953 sur le niveau fiscal alors attendu, dans l'espoir de maintenir l'emploi de plus de 4 000 salariés.
La réduction de la taxe à l'achat au budget d'avril 1953 relâche la pression sur toute l'industrie automobile britannique. Daimler lance en mai la Conquest, une berline de taille moyenne développée, semble-t-il, en seulement quatre mois à partir de la Lanchester 14 (« Leda »), simplement affublée d'une calandre Daimler. La déclinaison sportive Century et le cabriolet Conquest Roadster (1954, premier cabriolet sport signé Daimler depuis des décennies) complètent la gamme, de même que les modèles de niche Regency, Regency Mk II, Sportsman et One-O-Four produits entre 1953 et 1959 — une génération de berlines et coupés stylés qui précède immédiatement l'arrivée du moteur V8 signé Edward Turner et de la gamme Majestic (voir Majestic et Majestic Major — la grande berline V8 « meilleure que n'importe quelle Jaguar de son temps »).
Voir aussi
- Daimler en guerre — Dingo, l'Armoured Car et le Ferret · Lady Docker et les « Docker Daimlers » — cinq voitures-vitrine, une chute retentissante · Majestic et Majestic Major — la grande berline V8 « meilleure que n'importe quelle Jaguar de son temps » · Le mécénat royal — brevet royal de 1902 et la bascule vers Rolls-Royce en 1950
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Daimler_Company ↗
- Daimler en guerre — Dingo, l'Armoured Car et le FerretDaimler (Royaume-Uni) · Histoire et modèles
- Le mécénat royal — brevet royal de 1902 et la bascule vers Rolls-Royce en 1950Daimler (Royaume-Uni) · Histoire et modèles
- Majestic et Majestic Major — la grande berline V8 « meilleure que n'importe quelle Jaguar de son temps »Daimler (Royaume-Uni) · Histoire et modèles
- Lady Docker et les « Docker Daimlers » — cinq voitures-vitrine, une chute retentissanteDaimler (Royaume-Uni) · Histoire et modèles
- Lady Docker et les « Docker Daimlers » — cinq voitures-vitrine, une chute retentissanteDaimler (Royaume-Uni)
- Majestic et Majestic Major — la grande berline V8 « meilleure que n'importe quelle Jaguar de son temps »Daimler (Royaume-Uni)
- Daimler en guerre — Dingo, l'Armoured Car et le FerretDaimler (Royaume-Uni)