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§ 01 · Histoire et modèles

La genèse de la DS420 — consolider deux limousines rivales en une seule

Daimler (Royaume-Uni) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Deux limousines pour un seul groupe

Racheté par Jaguar en 1960 (voir 1960 — Jaguar rachète Daimler, un coup monté dans le plus grand secret), Daimler intègre à son tour la British Motor Corporation (BMC) en 1966, avant que l'ensemble ne rejoigne le vaste conglomérat British Leyland en 1968. Le problème est alors simple : BMC et Jaguar possèdent chacun leur propre modèle de grande limousine — respectivement la Vanden Plas Princess et la Daimler DR450. Plutôt que de laisser subsister deux produits concurrents au sein du même groupe, la direction choisit de consolider toute la production de limousines sur un modèle unique, placé sous le badge Daimler.

Une nomenclature qui respecte la tradition maison

L'essentiel de l'ingénierie du nouveau modèle est confié à Jaguar, qui partage avec lui moteur, boîte de vitesses et suspension de son propre haut de gamme, la Jaguar 420G. La désignation retenue, DS420, respecte scrupuleusement la logique de nomenclature Daimler héritée des décennies précédentes : la première lettre désigne la marque (Daimler), la seconde suit une séquence alphabétique (le modèle précédent portant le préfixe « DR », le suivant devient logiquement « DS »), et le nombre renvoie à la cylindrée du moteur retenu — ici 4,2 litres (260 cu in), celle du six-cylindres Jaguar XK. La production est annoncée en juin 1968.

Une base Jaguar 420G, un empattement rallongé

La DS420 reprend le plancher de la Jaguar 420G, avec un empattement rallongé de 21 pouces (533 mm). La face avant reprend la calandre cannelée traditionnelle de Daimler, dans un style très proche de la Sovereign contemporaine (voir Sovereign, Double-Six, puis simplement « Daimler » — la chronologie précise du badge engineering), associée aux phares de la 420G. La voiture hérite également des deux réservoirs de 38 litres logés dans les ailes arrière de la 420G, chacun alimenté par sa propre pompe électrique SU sélectionnée depuis un commutateur au tableau de bord.

Le chauffeur prend place sur une banquette fixe pleine largeur, en position relativement redressée, avec seulement 7 cm de réglage télescopique sur la colonne de direction d'un volant fin et bas — un compartiment de conduite jugé peu confortable qui vaudra à la voiture son surnom affectueux de « Vieille Dame » (voir Conduire la DS420 — le confort princier des passagers, l'inconfort assumé du chauffeur). Les passagers, séparés du poste de conduite par une cloison à vitre coulissante, prennent place à l'arrière sur une banquette de plus de 1,80 m de large pour trois personnes, les trois autres places étant assurées par des strapontins.

Moins chère, et pour cause, qu'une Rolls-Royce

Comparée à la Rolls-Royce Phantom VI contemporaine, la DS420 affiche un empattement inférieur de 10 cm, une longueur hors tout inférieure de 30 cm, un poids inférieur d'environ 350 kg, et un moteur dont la cylindrée ne représente qu'environ les deux tiers de celle du V8 Rolls-Royce. Logiquement, elle coûte nettement moins cher qu'une Rolls-Royce — moins de la moitié du prix de la Silver Wraith II à empattement long. Cette différence de prix positionnera durablement la DS420 comme l'alternative « raisonnable » aux grandes limousines de prestige britanniques, aussi bien pour les usages cérémoniels que pour le secteur des pompes funèbres (voir La DS420, voiture de cour d'une dizaine de monarchies à travers le monde et Duc de Windsor, Mountbatten, Diana, Reine mère — les grandes funérailles nationales transportées en Daimler).

Une carrière de vingt-quatre ans

Produite d'abord à l'usine Vanden Plas de Kingsbury Lane (Londres) à partir de coques assemblées par Park Sheet Metal Company sur la base de panneaux fournis par Motor Panels de Coventry et par Pressed Steel Fisher, la DS420 déménage en 1979 chez Jaguar à Coventry après la fermeture du site de Kingsbury. Trois grandes évolutions esthétiques jalonnent sa carrière (1972, 1979, 1987 — voir Conduire la DS420 — le confort princier des passagers, l'inconfort assumé du chauffeur et La rouille, ennemie numéro un de la DS420 — de la retraite anticipée à la seconde vie en mariage pour le détail), jusqu'à la toute dernière voiture, immatriculée L420 YAC, assemblée à Browns Lane fin 1992. Il s'agit non seulement de la dernière DS420, mais de la toute dernière automobile de série au monde à avoir reçu un moteur Jaguar XK — un moteur dont la conception remonte à la fin des années 1940. Aucun remplaçant direct ne lui succède chez Jaguar, même si certains carrossiers indépendants proposeront par la suite des versions limousine « maison » de la Jaguar XJ6.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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