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§ 01 · Histoire et modèles

La Daimler 2½-Litre V8 puis V8-250 — la berline Jaguar Mark 2 « daimlerisée », record de production de la marque

Daimler (Royaume-Uni) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le moteur cherche enfin sa berline

Le petit V8 de 2,5 litres signé Edward Turner (voir Le V8 Turner — un moteur de moto porté à l'échelle automobile) avait été conçu à l'origine pour équiper une berline Daimler moderne — un projet resté au stade de prototype (le DP250, voir DP250, SX250, SP252 — les trois tentatives avortées de prolonger la SP250) alors que le moteur débute finalement sa carrière commerciale dans le roadster SP250 en 1959 (voir 1960 — Jaguar rachète Daimler, un coup monté dans le plus grand secret). Ce n'est qu'après le rachat de Daimler par Jaguar en 1960 que le moteur trouve enfin la berline qui lui convient : les ingénieurs de Jaguar réalisent que ce V8 souple et silencieux constitue un échelon idéal entre le quatre cylindres 2,4 litres de la Jaguar Mark 2 et sa version 3,4 litres.

Naissance de la « 2½-Litre V8 » en 1962

En 1962 naît la Daimler 2½-Litre V8 : une Jaguar Mark 2 dont le compartiment moteur, la sellerie, la garniture et les réglages de suspension ont été révisés pour accueillir le V8 Turner, couplé exclusivement à une boîte automatique dans un premier temps. Avec 140 ch, elle dépasse nettement les performances de la Mark 2 4 cylindres d'entrée de gamme tout en offrant, pour la clientèle qui le souhaite, une alternative moins « sportive » d'image que la Jaguar elle-même — la calandre à cannelures caractéristique de Daimler (les « crinkles » déjà présentes sur la SP250) devenant dès lors la signature visuelle systématique de toute Jaguar « daimlerisée », jusqu'à la toute fin de la marque (voir Sovereign, Double-Six, puis simplement « Daimler » — la chronologie précise du badge engineering). Contrairement à une idée répandue voulant que le modèle n'ait existé qu'en automatique, quelques exemplaires à boîte manuelle sont produits en usine à partir de 1967 — aujourd'hui particulièrement recherchés par les collectionneurs.

Renommage en V8-250 et transition vers la Jaguar 240/340

Le modèle survit au remplacement de la Jaguar Mark 2 par les Jaguar 240 et 340 (1967) sous une nouvelle appellation, la Daimler V8-250, conservée jusqu'à la fin de la production en 1969. Au total, 17 620 exemplaires (2½-Litre V8 et V8-250 confondus) sont construits — ce qui en fait, comme le relevait déjà une évaluation publiée en 1995, le modèle Daimler ayant connu la plus forte diffusion de toute l'histoire de la marque, très largement devant la SP250 dont elle dérive pourtant le moteur (2 654 exemplaires seulement, voir Guide d'achat SP250 — identifier un A-spec, un B-spec ou un C-spec par son numéro de châssis).

Un paradoxe révélateur

Cette réussite commerciale — relative, mais réelle au regard des volumes habituels de la marque — illustre un paradoxe qui marquera toute la suite de l'histoire de Daimler sous pavillon Jaguar : c'est en abandonnant sa propre ingénierie automobile pour se contenter d'habiller luxueusement des Jaguar existantes que la marque retrouve, à cette petite échelle, un début de rentabilité, préfigurant très exactement la stratégie de badge de luxe qui deviendra la règle à partir du milieu des années 1960 (voir Sovereign, Double-Six, puis simplement « Daimler » — la chronologie précise du badge engineering).

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Provenance de cette fiche
Site source
prestigeandperformancecar.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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