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§ 01 · Histoire et modèles

Sovereign, Double-Six, puis simplement « Daimler » — la chronologie précise du badge engineering

Daimler (Royaume-Uni) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

De la première tentative d'ingénierie propre à la capitulation

La toute première Daimler bâtie sur une base Jaguar est la 2½-Litre V8 de 1962, dont le moteur restait au moins spécifiquement Daimler (voir La Daimler 2½-Litre V8 puis V8-250 — la berline Jaguar Mark 2 « daimlerisée », record de production de la marque). La Sovereign, lancée en 1966, marque un tournant décisif : c'est la première Daimler à utiliser également le moteur Jaguar, mettant un terme définitif à toute motorisation propre à la marque signée Edward Turner. Il avait pourtant été envisagé d'équiper la Sovereign du V8 4,5 litres de la Majestic Major (voir Majestic et Majestic Major — la grande berline V8 « meilleure que n'importe quelle Jaguar de son temps ») — mais ce moteur surpassait nettement le six-cylindres XK Jaguar, et la hiérarchie de Jaguar refuse l'idée : la marque Jaguar devait rester plus « sportive » que Daimler, pas l'inverse.

Sovereign 420 (1966-1969)

La première Sovereign est un habillage de luxe de la berline Jaguar 420 (elle-même dérivée de la S-Type), avec une face avant à quatre phares inspirée de la Mark X et un six-cylindres XK 4,2 litres. Seule différence extérieure notable avec sa jumelle Jaguar : la calandre cannelée traditionnelle de Daimler. En 1967, le rapport de pont passe discrètement de 3,31:1 à 3,54:1 — un choix qui améliore les reprises dans les limites de la nouvelle limitation nationale à 70 mph instaurée en décembre 1965, au prix de récriminations de la presse sur un régime moteur plus élevé en croisière. La production Jaguar 420 s'arrête en décembre 1968 avec l'arrivée de la Jaguar XJ6, mais la Daimler Sovereign 420 continue d'être produite jusqu'en juillet 1969.

Series I, II, III (1969-1983)

La Sovereign renaît en octobre 1969 sur la base de la Jaguar XJ6 Series I, avec le choix entre les moteurs 2,8 et 4,2 litres, puis suit fidèlement les évolutions de sa base Jaguar : Series II à partir de 1973 (pare-chocs rehaussés, calandre amincie, empattement long devenant la norme, moteur 2,8 litres remplacé par un 3,4 litres dès 1975), puis Series III à partir de 1979 (nouveaux pare-chocs épais, suppression des vitres de custode à l'avant, custode arrière plus anguleuse). Un coupé deux portes « Sovereign 4.2 two door », sur l'empattement court de la Series II, est même commercialisé de 1975 à 1977/78.

1983 : la Sovereign quitte Daimler pour Jaguar

En 1983, en pleine carrière de la Series III, un remaniement de gamme retire le nom « Sovereign » à Daimler pour le transférer... à Jaguar elle-même, comme appellation de la version la plus luxueuse de la gamme Jaguar XJ6. Le modèle Daimler équivalent, désormais dépourvu de nom de modèle propre, devient simplement « la Daimler » — un signe supplémentaire de l'effacement progressif de l'identité de la marque, réduite à une simple mention sur la plaque constructeur. Dans certains marchés où l'usage du nom Daimler pose des problèmes de licence commerciale (voir L'extinction du badge Daimler — un nom jamais déposé aux États-Unis, jusqu'à la dissolution de 2025), les voitures à calandre cannelée Daimler sont même commercialisées sous l'appellation « Jaguar Vanden Plas ».

Double-Six (1972-1997) : le choix personnel de Lofty England

À partir de 1972, le moteur V12 5,3 litres de Jaguar devient disponible sur la gamme XJ ; pour sa version Daimler, l'entreprise ressuscite un nom historique porté par ses V12 des années 1926-1938 : Double-Six. Le choix revient personnellement à Lofty England, alors nouveau président de Jaguar après le départ à la retraite de Sir William Lyons cette même année 1972 — England avait effectué son apprentissage chez Daimler entre 1927 et 1932 et avait pris la deuxième place du tout premier RAC Rally au volant d'une Daimler Double-Six 30/40 hp, un souvenir personnel qui explique directement ce choix de nom pour la nouvelle génération V12. Contrairement à la Sovereign, la calandre du Double-Six reste rigoureusement identique à celle du six-cylindres — seuls les badges distinguent les deux motorisations. Fin 1972 apparaît une version « Double-Six Vanden Plas » particulièrement équipée, sur empattement rallongé de 10 cm, reconnaissable à son toit vinyle noir. Un coupé deux portes « Double-Six two door » complète brièvement la gamme Series II (1975-1977), en parallèle du coupé Sovereign.

Le nom Double-Six traverse ensuite, sans discontinuer, les Series I à III (jusqu'en 1992), puis la génération XJ40/XJ81 (1993-1994, moteur V12 porté à 6 litres), avant un restylage sous désignation X305 qui se poursuit jusqu'à l'abandon complet du moteur V12 en 1997.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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