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§ 01 · Histoire et modèles

1960 — Jaguar rachète Daimler, un coup monté dans le plus grand secret

Daimler (Royaume-Uni) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Même les cadres dirigeants de Jaguar l'apprennent à la radio

Le rachat de Daimler par Jaguar Cars, en 1960, est mené par Sir William Lyons avec un secret si total que même ses propres cadres dirigeants n'en ont pas connaissance à l'avance. Selon un témoignage souvent cité, l'ingénieur en chef de Jaguar, Bill Heynes, aurait appris la nouvelle de l'acquisition en écoutant les informations à la radio, le matin même de l'annonce publique — une anecdote qui illustre à quel point Lyons compartimentait ses décisions stratégiques.

Le vrai prix : 3 110 000 £, et ce n'est pas pour les voitures

Lyons négocie le rachat de Daimler (dans le giron du groupe BSA depuis 1910, voir Daimler sous la coupe de BSA (1910-1960) — Lanchester, structure de groupe et déclin d'avant-guerre) pour un montant de 3 110 000 £. Mais l'intérêt réel de l'opération, selon la presse spécialisée britannique, ne réside pas dans l'activité automobile de Daimler elle-même — dont l'état, une fois les livres ouverts par les ingénieurs de Jaguar, se révèle catastrophique — mais dans l'usine de 92 903 m² du quartier de Radford, à Coventry, dont Jaguar, alors en pleine expansion, a un besoin criant pour ses propres chaînes de montage.

Un inventaire accablant

L'examen des comptes et des produits de Daimler par les ingénieurs de Jaguar révèle une accumulation de handicaps :

Deux motifs d'espoir subsistent néanmoins dans cet inventaire : le véhicule blindé Ferret, construit sous contrat pour le ministère de la Défense, reste rentable (voir Daimler en guerre — Dingo, l'Armoured Car et le Ferret) ; et surtout, le moteur V8 signé Edward Turner qui équipe la SP250 et la Majestic Major est unanimement salué comme une réussite technique de premier ordre (voir Le V8 Turner — un moteur de moto porté à l'échelle automobile).

Le paradoxe fondateur de l'ère Jaguar

C'est ce paradoxe — un outil industriel et un moteur de grande valeur, greffés sur des produits commercialement à la peine — qui va façonner toute la suite de l'histoire de Daimler sous pavillon Jaguar. Plutôt que de poursuivre une ingénierie automobile propre à la marque, Jaguar choisit d'abord de corriger dans l'urgence les défauts les plus criants de la SP250 (la version « B-spec », voir La flexion de caisse de la SP250 — un défaut de jeunesse corrigé par Jaguar en B-spec), puis de recycler le petit V8 Turner dans une version « daimlerisée » de sa propre Jaguar Mark 2 (voir La Daimler 2½-Litre V8 puis V8-250 — la berline Jaguar Mark 2 « daimlerisée », record de production de la marque), avant de basculer complètement, au cours de la décennie suivante, vers une stratégie de badge de luxe appliqué à des Jaguar autrement inchangées (voir Sovereign, Double-Six, puis simplement « Daimler » — la chronologie précise du badge engineering). Le nom Daimler, la plus ancienne marque automobile britannique, devient ainsi en l'espace de quelques années un simple habillage commercial au service d'un constructeur qui, trente ans plus tôt à peine, n'existait même pas encore.

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Provenance de cette fiche
Site source
prestigeandperformancecar.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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