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§ 11 · Compétition

Brock Racing Enterprises — comment un vilebrequin sous-dimensionné a failli compromettre les deux titres SCCA de 1970-1971

Datsun 240Z · 1969–1978 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une rencontre organisée par Katayama en personne

Brock Racing Enterprises (BRE), fondée en 1966 par le designer et pilote Peter Brock (transfuge de l'écurie Shelby, ancien membre de l'équipe de style de la Corvette Sting Ray chez GM), est déjà le partenaire de développement performance du roadster Datsun 2000 lorsque, fin 1969, Katayama invite personnellement Brock à découvrir en avant-première la future 240Z — avant de lui proposer un contrat pour engager deux voitures sous la bannière officielle Datsun USA. Cette confiance intervient après une saison 1969 déjà solide de BRE en championnat SCCA Pacific Coast D-Production.

Le piège des règles de production américaines

Nissan, selon le récit de Brock lui-même, ignore alors totalement que la réglementation SCCA — contrairement aux règlements internationaux — impose l'usage de moteurs et de composants strictement identiques à ceux livrés en série au client, sans préparation usine spécifique. Or le nouveau 6 cylindres L24 de la 240Z, contrairement au moteur de compétition S20 de Prince destiné à la Fairlady Z432 japonaise (voir Le S20 — le moteur de compétition Prince/Skyline GT-R sous le capot de la Fairlady Z432), n'a jamais été conçu ni testé pour un usage prolongé à haut régime.

La découverte du vilebrequin sous-dimensionné

Le problème éclate au grand jour lors des tout premiers essais de compétition : les moteurs des 240Z produites sur le tout premier lot de 20 exemplaires expédiés du Japon souffrent de vibrations harmoniques sévères au-delà de 6 000 tr/min, provoquées par un vilebrequin à seulement six contrepoids. Bob Sharp, qui a reçu la toute première voiture de compétition du pays (livrée en avance sur BRE, une Z endommagée lors d'une exposition et reversée à son équipe faute de pouvoir être vendue au public), voit son moteur se détruire dès sa première sortie sans explication. Nissan reste d'abord muette face aux relances des deux équipes. La solution — un vilebrequin à huit contrepoids — devient la norme de série à partir du numéro de moteur L24-3606.

Les titres 1970 et 1971

Malgré ces déboires initiaux, l'équipe BRE, menée par le pilote John Morton au volant de la voiture n°46, décroche le championnat SCCA C-Production 1970 puis le reconduit en 1971 — deux titres qui installent durablement la réputation de fiabilité et de compétitivité de la 240Z en compétition amateur américaine.

Une exigence d'exemplarité imposée par la culture d'entreprise japonaise

Brock insiste, dans son récit, sur une dimension culturelle rarement documentée ailleurs : à la différence d'un programme privé, courir sous bannière officielle japonaise imposait à toute l'équipe un respect absolu de l'étiquette d'affaires japonaise — toute infraction assimilable à de la tricherie, même mineure au regard des standards américains, aurait entraîné une perte de face jugée inacceptable pour le commanditaire, avec des répercussions allant jusqu'à l'embarras national. Par contrat, BRE devait en outre partager publiquement tout son savoir-faire de mise au point avec les autres équipes soutenues par Nissan, dont celle de Bob Sharp sur la côte Est (voir Bob Sharp Racing — l'équipe de la côte Est, de la première Z de compétition à Paul Newman).

Le « Spook » de Pete Brock

Sur le plan technique, l'apport le plus visible de BRE reste le petit aileron avant, ou « Spook », déjà expérimenté sur le roadster Datsun 2000 : le règlement SCCA interdisant les appendices aérodynamiques mais autorisant les conduits de refroidissement de freins, Brock combine habilement les deux fonctions dans une seule pièce avant, qui améliore à la fois l'appui et le refroidissement. Le coût de préparation d'une 240Z de course BRE (hors frais de recherche et développement pris en charge par Nissan) est évalué par Brock lui-même à environ 11 500 dollars en 1970 — comparable au tarif d'une Porsche 911S de route, très inférieur à celui d'une 911 préparée pour la compétition SCCA (plus de 40 000 dollars).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
classicmotorsports.com (récit signé Peter Brock lui-même), zhome.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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