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§ 01 · Histoire et modèles

Des origines de DAT à Nissan — et pourquoi la Z s'appelle « Fairlady » au Japon et « 240Z » ailleurs

Datsun 240Z · 1969–1978 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

De DAT à Datsun

L'histoire de la marque commence en 1912, quand Masujiro Hashimoto fonde la Kwaishinsha Motor Car Company et produit une automobile baptisée DAT — acronyme des noms de famille de ses trois bailleurs de fonds : Den Kenjiro, Aoyama Rokuro et Takeuchi Meitaro. En 1926, une fusion avec Jidosha Seizo donne naissance à DAT Jidosha Seizo Co. Ltd. En 1930, l'entreprise choisit un nouveau nom pour ses petites voitures : DATSON (« le fils de DAT »), rapidement transformé en DATSUN — la syllabe « son » (fils) portant en japonais une connotation de perte financière, jugée malvenue.

En 1931, DAT Jidosha Seizo est rachetée par la Tobata Imono Company (une fonderie). Deux ans plus tard, la filiale automobile en est détachée pour devenir Jidosha Seizo Kabushiki Kaisha, installée sur un nouveau site de 13 hectares à Yokohama, financée par une société holding de Yoshisuke Ayukawa déjà connue en Bourse sous le sigle « Ni-San » (contraction de Nihon Sangyo). En mai 1934, l'entreprise automobile prend officiellement le nom de Nissan Motor Company Limited — mais conserve « Datsun » comme nom commercial pour ses véhicules jusqu'au début des années 1980 aux États-Unis.

Fait à noter : les premières exportations automobiles de Nissan, dès 1935, se font vers l'Australie — un marché qui rejouera un rôle décisif vingt ans plus tard dans la carrière de Yutaka Katayama (voir 1958 Round Australia Mobilgas Trial — la victoire qui lance la carrière de Katayama et la compétition Datsun). L'entreprise doit par ailleurs se reconstruire presque intégralement après la Seconde Guerre mondiale, en remontant d'abord ses capacités de production avant de rebâtir un vrai bureau d'études — contexte qui explique pourquoi la Z, à son lancement, est perçue comme la preuve que « Nissan est de retour dans la course ».

« Fair Lady » : un nom né d'une comédie musicale à Broadway

Le nom japonais de la lignée, Fairlady (puis « Fair Lady » en un mot), ne doit rien à un designer ni à un ingénieur mais à une soirée de théâtre. En visite aux États-Unis en 1958, le président de Nissan Katsuji Kawamata assiste à une représentation de la comédie musicale My Fair Lady, alors triomphale à Broadway. Impressionné par la beauté de la musique et de son héroïne, il décide en 1960 de baptiser ainsi la toute nouvelle lignée de voitures de sport de la marque (le premier roadster SPL212), convaincu que le public japonais associerait ce nom à la même élégance.

Cette pratique — donner à une automobile un nom évoquant un univers artistique ou une émotion plutôt qu'une caractéristique technique — est courante dans la culture d'entreprise japonaise, mais se heurte frontalement aux attentes du marché nord-américain. Dès son arrivée à la tête du marketing Datsun aux États-Unis, Yutaka Katayama (voir Yutaka Katayama, « Mr. K » — biographie d'une figure devenue quasi mythique aux États-Unis) juge qu'un nom comme « Fairlady » ou « Bluebird » serait tourné en dérision par la clientèle américaine ; il impose des désignations alphanumériques sobres (1200, 1600, 2000) pour l'export, si bien que dès 1965 le badge « Fairlady » disparaît déjà des ailes des roadsters vendus aux États-Unis au profit de « Datsun 1600 ».

Le choix du nom « 240Z » : plus nuancé que la légende

Au moment de lancer la nouvelle Sports/GT en 1969, Katayama souhaite un nom encore plus musclé — il aurait suggéré des noms comme « Tiger » ou « Shark », conformes selon lui aux attentes culturelles américaines. L'idée est repoussée par le siège japonais, qui obtient en échange que la voiture ne porte pas non plus le nom « Fairlady » à l'export : elle sera badgée « Datsun 240Z », « 240 » abrégeant la cylindrée de 2 400 cm³ et « Z » reprenant la désignation interne du projet chez Nissan.

Cette désignation « Z » remonte à Teiichi Hara, directeur du département design de Nissan, qui aurait attribué au dossier du projet le nom de code « Type Z » au motif que la plupart des autres lettres de l'alphabet latin étaient déjà utilisées en interne pour d'autres projets.

L'anecdote la plus répétée — selon laquelle Katayama aurait personnellement arraché les badges « Fairlady » de chaque voiture débarquée sur le sol américain — doit être prise avec prudence : le site spécialisé Ate Up With Motor (source de référence sur l'histoire de Katayama) note explicitement qu'il « est enclin à prendre ces récits avec des pincettes », dans la mesure où le badge « Fairlady » n'apparaissait déjà plus, depuis plusieurs années, sur les voitures de sport Datsun vendues en Amérique du Nord : la décision relève d'une politique de dénomination déjà ancienne plutôt que d'un geste physique isolé sur le quai de débarquement. Ce point est un bon exemple de la manière dont la légende de « Mr. K » a pu, avec le temps, se simplifier et se dramatiser au-delà des faits documentés — voir Yutaka Katayama, « Mr. K » — biographie d'une figure devenue quasi mythique aux États-Unis pour un traitement plus complet de cette figure.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
zhome.com (Internet Z Car Club, article de Carl Beck)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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