De la 240Z à la 280Z — allongement, 2+2 et le prix payé aux normes antipollution américaines (1974-1978)
La 260Z (1974) : plus de cylindrée pour compenser les normes
Pour le seul millésime 1974 aux États-Unis (mais jusqu'en 1978 sur la plupart des autres marchés), la Z reçoit un moteur agrandi à 2 565 cm³ par un allongement de course (nouveau code moteur L26, châssis RS30). Paradoxalement, malgré cette cylindrée supérieure, la puissance homologuée aux États-Unis recule par rapport à la 240Z : les normes d'émissions imposent une réduction de l'avance à l'allumage et du taux de compression, ramenant la puissance SAE nette à 139 ch contre 162 ch SAE brut hors États-Unis (où la 260Z conserve son plein potentiel). Une version dite « 1974½ », commercialisée à partir de l'été 1974 aux États-Unis, introduit les nouveaux pare-chocs réglementaires « 5 mph » tout en conservant la pleine puissance de 165 ch — un modèle de transition aujourd'hui recherché par les puristes pour ce compromis.
C'est avec la 260Z qu'apparaît la première version 2+2 de la lignée, sur un empattement allongé de 300 mm, avec vitres de custode ouvrantes et système de climatisation mieux intégré à la planche de bord — ainsi qu'un renfort de caisse (longerons redessinés) et une barre antiroulis arrière, absents sur la 240Z (voir Une seule carrosserie qui grandit — coupé 2 places puis 2+2, du hayon au monocoque).
La 280Z (1975-1978) : l'injection Bosch contre l'inflation réglementaire
Face au durcissement continu des normes américaines, Nissan alèse une nouvelle fois le bloc à 2 753 cm³ (code L28) et abandonne les carburateurs au profit d'une injection électronique Bosch L-Jetronic — une bascule technologique majeure documentée dans Des carburateurs Hitachi de type SU à l'injection Bosch L-Jetronic. Résultat : la puissance nette remonte à environ 149 ch (170 ch SAE brut), proche du niveau d'origine de la 240Z — mais pour propulser une voiture nettement alourdie par les pare-chocs réglementaires (jusqu'à 180 kg de plus que la 240Z d'origine selon Ate Up With Motor), ce qui n'améliore pas les performances réelles et pénalise encore un peu plus des freins déjà jugés justes à l'origine.
Deux séries spéciales marquent la fin de carrière du modèle aux États-Unis : la « Zap » (1977, carrosserie jaune « Sunshine » à bandes noires et chevrons, environ 1 000 exemplaires, utilisée comme voiture de sécurité du Grand Prix de Long Beach 1977) et la « Black Pearl » (1978, peinture noire nacrée et habillage spécifique, entre 750 et 1 500 exemplaires selon les estimations, un exemplaire environ alloué par concession).
Le bilan chiffré d'une carrière commerciale exceptionnelle
Entre 1969 et 1978, plus de 540 000 exemplaires de 240Z, 260Z et 280Z ont été vendus dans le monde selon Ate Up With Motor (l'ordre de grandeur généralement cité pour l'ensemble de la génération S30 varie légèrement selon les sources, entre 520 000 et plus de 550 000 unités). Malgré la perte de performances relative face à l'inflation du poids et des contraintes réglementaires, les ventes annuelles américaines n'ont cessé de croître sur la période, y compris pour la 280Z pourtant vendue, en 1978, plus de deux fois le prix d'une 240Z de 1970 (8 683 $ contre 3 526 $) — signe, selon cette même source, que la clientèle recherchait déjà davantage le style et l'image de la voiture que ses performances brutes.
Une même architecture jusqu'au bout
Malgré ces évolutions substantielles, la 280Z de 1978 reste fondamentalement, sur le plan de la caisse et des trains roulants, la même architecture que la 240Z de 1969 : structure monocoque, suspension à quatre roues indépendantes, empattement inchangé sur la version 2 places. La génération S30 s'efface en 1978-1979 au profit de la 280ZX (châssis S130) — une rupture stylistique et philosophique nette (plus grande, plus confortable, davantage orientée « luxe ») qui déborde du périmètre de ce dossier centré sur la première génération, mais qui témoigne de la continuité de la lignée Z jusqu'à aujourd'hui (voir Une des dix voitures les plus importantes de l'histoire automobile américaine — la reconnaissance institutionnelle de la Z).
Voir aussi
- Séries I à IV — les quatre visages méconnus de la Datsun 240Z (1969-1973) · Des carburateurs Hitachi de type SU à l'injection Bosch L-Jetronic · La courbe de puissance qui s'effondre — l'impact précis des normes antipollution américaines (1973-1978) · Une seule carrosserie qui grandit — coupé 2 places puis 2+2, du hayon au monocoque
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Une des dix voitures les plus importantes de l'histoire automobile américaine — la reconnaissance institutionnelle de la ZDatsun 240Z · Culture documentation
- Des carburateurs Hitachi de type SU à l'injection Bosch L-JetronicDatsun 240Z · Carburation injection
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- Une seule carrosserie qui grandit — coupé 2 places puis 2+2, du hayon au monocoqueDatsun 240Z
- La courbe de puissance qui s'effondre — l'impact précis des normes antipollution américaines (1973-1978)Datsun 240Z