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§ 12 · Culture documentation

Isuzu aujourd'hui : une marque mondiale de poids lourds, méconnue du grand public occidental comme constructeur de voitures

Isuzu Bellett / 117 Coupé · 1963–1973 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le grand écart entre passé et présent

Ce dossier documente une marque qui, entre 1963 et 1981, a produit l'une des toutes premières « vraies » GT japonaises (voir La Bellett GT (1964) : la première voiture japonaise à porter le nom « GT ») et l'un des plus élégants coupés à signature italienne jamais construits au Japon (voir Genèse du coupé 117 (1966-1968) : Giorgetto Giugiaro, la Carrozzeria Ghia et le premier vrai coup d'éclat stylistique d'Isuzu). Rien, dans l'image mondiale actuelle d'Isuzu, ne laisse deviner ce passé : la marque n'est plus connue, pour l'écrasante majorité du public occidental, que comme un constructeur de pick-up et de poids lourds diesel.

Une identité entièrement recentrée sur le véhicule commercial

Selon Wikipédia, Isuzu ne produit plus aujourd'hui, comme véhicules dits « particuliers » vendus sous son propre nom, que deux modèles : le pick-up D-Max (depuis 2002, best-seller diesel sur la plupart des marchés Isuzu à l'exception notable du Japon et de l'Amérique du Nord) et son dérivé SUV, le MU-X (depuis 2013). Le reste de la gamme actuelle — Elf (camion léger), Forward (camion moyen), Giga (poids lourd), Erga et Gala (autobus) — relève entièrement du véhicule commercial ou industriel. Le siège social, aujourd'hui installé à la Yokohama Gate Tower, emploie environ 8 000 salariés en direct (44 500 en intégrant les filiales consolidées), pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 3 200 milliards de yens sur l'exercice 2023.

Un tissu mondial de coentreprises industrielles

La marque conserve un réseau international de coentreprises considérable, hérité pour partie de son histoire de partenariats successifs (voir 1971-2006 : trente-cinq ans dans l'orbite de General Motors et Après GM : Mitsubishi, Toyota, puis l'indépendance retrouvée (2006-2021)) : Anadolu Isuzu en Turquie, SML Isuzu en Inde (ex-Swaraj Mazda), Jiangxi Isuzu en Chine, Isuzu Astra Motor en Indonésie, Isuzu HICOM en Malaisie, Isuzu Philippines, Isuzu Vietnam, Industries Mécaniques Maghrébines en Tunisie, ou encore la filiale britannique Isuzu Truck UK, héritière de l'ancienne usine IBC de Luton (voir 1971-2006 : trente-cinq ans dans l'orbite de General Motors). La Thaïlande constitue depuis 1966 l'un des marchés les plus importants de la marque, au point d'y avoir transféré, dès 2002, l'essentiel de sa base de production de pick-up jusque-là installée à Fujisawa.

L'héritage diesel, fil rouge de toute l'histoire de la marque

Le repositionnement actuel d'Isuzu sur le seul segment diesel n'est pas une rupture, mais l'aboutissement d'une orientation ancienne : la marque produisait déjà, en 1983, une gamme de voitures particulières composée à 63,4 % de motorisations diesel — bien avant l'essor généralisé du diesel automobile en Europe — un savoir-faire remontant directement à la Bellel de 1961, première japonaise à moteur diesel (voir La Bellel (1961-1967) : première conception propre d'Isuzu et première japonaise à moteur diesel), puis prolongé sur la Bellett (voir La Bellett (1963) : la première Isuzu à l'ingénierie véritablement affranchie de toute licence) et jusque sur le coupé de sport 117 lui-même à partir de 1979 (voir Les moteurs du coupé 117 : du 1,6 l double arbre à cames au diesel de sport). Les moteurs diesel Isuzu ont par ailleurs longtemps équipé, en dehors de la propre gamme de la marque, des véhicules Opel/Vauxhall, Land Rover ou Hindustan Motors — une diffusion technique qui dépasse largement la seule notoriété commerciale de la marque elle-même.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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