Spa, Le Mans, Pikes Peak, Daytona — la carrière internationale méconnue de la GT-R
Au-delà du Japon et de l'Australie, la GT-R a mené une carrière sportive internationale beaucoup plus étendue qu'on ne le pense généralement — jusque sur la Sarthe, où elle a défié pendant deux saisons les McLaren F1 GTR et Ferrari F40 les plus redoutées de son époque.
Janspeed et les 24 Heures de Spa-Francorchamps
Le préparateur britannique Janspeed engage jusqu'à trois GT-R en Europe au tout début des années 1990, dont une confiée à Andy Middlehurst pour la série britannique National Saloon Car Cup, où le pilote décroche deux titres consécutifs. Aux 24 Heures de Spa-Francorchamps, les résultats s'enchaînent : podium complet de la catégorie en 1990 (1-2-3), première et deuxième places de catégorie groupe N en 1991 — année où une GT-R groupe A décroche même la victoire au classement général absolu, devant des Porsche 911 et BMW M3 Evolution engagées en usine — puis une deuxième place de catégorie groupe N en 1992, la voiture groupe A ayant dû abandonner sur un incendie survenu au stand. La même écurie engage également une GT-R en championnat espagnol des voitures de tourisme, où Luis Pérez-Sala décroche le titre 1993.
Deux saisons aux 24 Heures du Mans
En 1995, Nismo développe une version spécifique de la R33 pour s'engager dans la catégorie GT1 des 24 Heures du Mans, alors dominée par des McLaren F1 GTR et des Ferrari F40. Le règlement de l'époque interdisant la transmission intégrale, Nissan doit construire une version homologuée à propulsion arrière pure — un seul exemplaire routier de cette variante, la GT-R LM, voit le jour, conservé aujourd'hui dans les réserves patrimoniales de Nissan à Zama. Sur la piste, les deux voitures engagées terminent respectivement dixième au classement général et cinquième de leur catégorie GT1 — battues uniquement par les McLaren les mieux préparées, et devançant au classement général la Honda NSX victorieuse de la catégorie GT2. En 1996, la cylindrée du moteur est portée à 2,8 litres pour la nouvelle saison, mais le résultat recule légèrement, à la quinzième place au classement général et dixième de catégorie. Nissan retire son programme GT-R LM dès 1997, jugeant la concurrence de voitures purpur-sang construites en exploitant des failles réglementaires (comme la Porsche 911 GT1) trop difficile à affronter avec une base encore proche d'un modèle de série — la marque se tourne alors vers un prototype dédié, le R390 GT1, un programme distinct qui sort du périmètre de ce dossier consacré à la lignée Skyline GT-R proprement dite. Pour célébrer cette aventure, Nissan commercialise une série limitée R33 baptisée « LM Limited », proposée exclusivement dans une teinte bleue spécifique.
Trois titres à la montée de Pikes Peak
Le pilote japonais Akira Kameyama engage à trois reprises une GT-R à la mythique montée de Pikes Peak, dans le Colorado, et remporte à chaque participation la catégorie Open réservée aux voitures de série : en 1993 avec une R32, puis en 1996 et 1998 avec une R33. L'année suivante, en 1999, c'est au tour de Rhys Millen de remporter au volant d'une R33 la catégorie « High-Performance Showroom Stock » de la même épreuve.
Daytona, puis un retour américain retardé de plus d'une décennie
La première apparition de la GT-R en compétition américaine remonte aux 24 Heures de Daytona 1994 : Nismo y engage une R32 ayant déjà couru en championnat japonais des voitures de tourisme l'année précédente, classée en catégorie GTU. Elle termine vingtième au classement général et dixième de sa catégorie — un résultat honorable sans être marquant, pour une voiture jamais officiellement homologuée sur le marché américain. Il faut ensuite attendre 2006 pour qu'une R34 dispute à son tour une compétition américaine, avec l'équipe d'Igor Sushko (fondateur du site communautaire Automotive Forums) engagée dans le championnat Speed World Challenge GT — une première tardive qui illustre bien le statut particulier de la GT-R aux États-Unis, où elle ne devient légalement importable qu'à partir de 2014 pour ses toutes premières générations modernes (voir La règle américaine des 25 ans — pourquoi la R32 n'était légalement importable qu'à partir de 2014).
Voir aussi
- 29 victoires sur 29 courses — la domination totale de la R32 en groupe A japonais · Bathurst 1991-1992 — deux victoires, une polémique retentissante, et la fin du tourbo en Australie · Des boîtes 5 rapports maison au Getrag 233 — l'évolution des boîtes de vitesses de la GT-R · La règle américaine des 25 ans — pourquoi la R32 n'était légalement importable qu'à partir de 2014 · De la piste au drag strip — la GT-R comme toile blanche de la préparation mondiale
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Nissan_Skyline_GT-R ↗
- Bathurst 1991-1992 — deux victoires, une polémique retentissante, et la fin du tourbo en AustralieNissan Skyline GT-R · Compétition
- 29 victoires sur 29 courses — la domination totale de la R32 en groupe A japonaisNissan Skyline GT-R · Compétition
- La règle américaine des 25 ans — pourquoi la R32 n'était légalement importable qu'à partir de 2014Nissan Skyline GT-R · Achat import
- Des boîtes 5 rapports maison au Getrag 233 — l'évolution des boîtes de vitesses de la GT-RNissan Skyline GT-R · Transmission 4rm
- De la piste au drag strip — la GT-R comme toile blanche de la préparation mondialeNissan Skyline GT-R · Culture documentation
- 29 victoires sur 29 courses — la domination totale de la R32 en groupe A japonaisNissan Skyline GT-R
- La R33 (1995-1998) — plus grande, plus rigide, lancée dans un salon du tuning plutôt qu'un salon automobileNissan Skyline GT-R
- Des boîtes 5 rapports maison au Getrag 233 — l'évolution des boîtes de vitesses de la GT-RNissan Skyline GT-R
- Le RB26DETT « N1 » — le bloc renforcé de Nismo, né pour tenir la distance à BathurstNissan Skyline GT-R
- Les moteurs Z1 et Z2 du Nismo Z-tune — 500 ch hérités des programmes d'enduranceNissan Skyline GT-R