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§ 01 · Histoire et modèles

Kadett A (1962) : vingt-deux ans après, le nom relancé comme « anti-Volkswagen »

Opel Kadett · 1936–1993 · 3 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Un ordre de mission explicite de General Motors

Après l'arrêt de la première Kadett en mai 1940 (voir La première Kadett (1936-1940) : la petite Opel qui invente la carrosserie autoporteuse maison), Opel attend plus de vingt ans avant de relancer le nom. Le déclencheur, documenté par Wikipédia anglophone, est un mandat donné en 1957 par General Motors au directeur produit d'Opel, Karl Stief : concevoir « la parfaite anti-Volkswagen ». L'équipe de développement, dirigée par Stief, avec Hans Mersheimer pour le dessin de carrosserie et Werner K. Strobel pour le moteur et le train roulant, travaille dans un secret strict jusqu'à la présentation, les livraisons commençant le 2 octobre 1962.

Une rivalité frontale assumée avec la Coccinelle

Le projet est pensé, dès l'origine, comme une réponse directe à la domination de la Volkswagen Coccinelle sur le marché allemand des petites voitures. Le patron de Volkswagen de l'époque, Heinrich Nordhoff — ironie de l'histoire, l'homme qui avait présenté la toute première Kadett en 1936 chez Opel avant de rejoindre Volkswagen après-guerre (voir La première Kadett (1936-1940) : la petite Opel qui invente la carrosserie autoporteuse maison) — met en garde ses actionnaires contre les capacités financières des constructeurs américains implantés en Allemagne, jugées « inimaginables pour n'importe quelle entreprise allemande ». Face à la Coccinelle, la Kadett A met en avant des arguments concrets : un habitacle plus spacieux, un coffre plus grand, une meilleure visibilité et un chauffage plus efficace grâce à son refroidissement par eau, contre le refroidissement par air de la Volkswagen.

Un tout nouveau moteur, entièrement conçu après-guerre

Le bloc 993 cm³ à soupapes en tête (OHV) de la Kadett A constitue le premier moteur entièrement nouveau conçu par Opel depuis la guerre. Il existe en deux versions : le 10N, 40 ch à 5 000 tr/min, et à partir d'octobre 1963 le 10S, 48 ch à 5 400 tr/min. Sa conception — pistons en aluminium à lames bimétalliques, arbre à cames entraîné par chaîne avec tendeur hydraulique, culbuteurs creux allégés — lui permet de dépasser les 6 000 tr/min tout en conservant une consommation raisonnable, un compromis technique jugé remarquable pour l'époque.

Trois carrosseries et une diffusion mondiale via CKD

La gamme comprend une berline deux portes (la configuration standard), un break trois portes « Car-A-Van » (à partir de mars 1963) et un coupé (à partir d'octobre 1963). Au total, 649 512 exemplaires sont produits entre 1962 et 1965, dont environ 522 896 berlines et 126 616 breaks. Le modèle se vend fortement en Allemagne de l'Ouest, au Benelux, en Scandinavie, en Autriche et en Suisse ; des kits CKD (« completely knocked down », assemblage local à partir de pièces détachées) sont par ailleurs expédiés vers l'Afrique du Sud, le Danemark, la Belgique, le Portugal, l'Uruguay, le Pérou et le Venezuela. Entre février 1964 et l'automne 1965, environ 500 concessionnaires Buick aux États-Unis commercialisent également la Kadett A.

Une faiblesse déjà identifiée : la corrosion

Dès le milieu des années 1970, la principale vulnérabilité de la Kadett A se révèle être une protection anticorrosion insuffisante de la carrosserie — un défaut qui affecte durablement sa durabilité et sa cote de revente, et qui restera, à des degrés divers, un point faible identifié sur l'ensemble des générations suivantes (voir La corrosion, faiblesse récurrente de la Kadett A à la Kadett E).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, fr.wikipedia.org
Date d'extraction
16 sept. 2026
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