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§ 13 · Achat administratif

Points de corrosion à vérifier avant achat d'une Peugeot 304

Peugeot 304 · 1969–1980 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Construite à une période où les traitements anticorrosion restaient rudimentaires (la 304 est antérieure à la généralisation de la cataphorèse chez Peugeot, qui n'apparaît qu'au début des années 1970 — voir Couleurs et teintes d'origine de la Peugeot 204/304, corpus peugeot-204/, pour le repère équivalent côté 204), la 304 est aujourd'hui réputée difficile à trouver en bon état de carrosserie. C'est d'ailleurs, selon l'article Wikipédia qui lui est consacré, l'une des raisons principales de sa disparition précoce du marché de l'occasion dès les années 1990, bien avant que la voiture ne devienne un objet de collection recherché.

Les zones les plus sensibles

Plusieurs zones de la caisse méritent une attention particulière avant tout achat :

  • Les planchers, où l'humidité stagne sous les insonorisants qui, en se gorgeant d'eau au fil des années, accélèrent eux-mêmes le phénomène de corrosion qu'ils étaient censés atténuer.
  • Les supports d'amortisseurs avant et arrière, souvent négligés lors du lavage courant du véhicule, qui peuvent se dégrader rapidement et, dans les cas les plus avancés, rendre le véhicule dangereux à l'usage.
  • Le plancher de coffre, agrandi par rapport à celui de la 204 (voir La Peugeot 304 berline) et donc offrant une plus grande surface exposée.
  • La jointure des doublures d'ailes arrière, précisément à l'endroit où l'on distingue encore, en y regardant de près, la trace de la greffe de tôlerie qui a permis d'allonger la caisse de la 204 d'origine pour créer la 304 (voir Identification et numéros de série de la Peugeot 304 et Reconnaître une 304 d'une 204 — repères visuels) — l'humidité s'y niche dans les interstices entre les différentes tôles assemblées.

Un renfort d'aile avant confirmé sur berline et break

Un point supplémentaire, confirmé indépendamment par deux membres du forum boletus-satanas.org sur des exemplaires distincts : les renforts situés sous les ailes avant, présents aussi bien sur break que sur berline (position légèrement différente à droite du fait de l'orifice de remplissage de carburant), peuvent être corrodés « en crêpes » sans que le reste de la caisse ne soit comparablement atteint — une exposition prolongée au sel de déneigement étant avancée comme explication plausible dans le cas documenté. Voir Corrosion des renforts d'ailes avant — un point commun berline et break, et les faux coupables du freinage.

Trois autres zones confirmées par des restaurations récentes

Plusieurs restaurations complètes documentées sur le forum boletus-satanas.org affinent cette liste de points de vigilance avec des zones moins immédiatement visibles :

  • la chapelle d'amortisseur arrière, à double paroi de tôle sur certains exemplaires : un cas documenté a révélé, au décollement de l'habillage vinyle intérieur du coffre, une accumulation de boue et de crasse à l'intérieur de ce compartiment fermé, sans le moindre trou visible côté roue — signe qu'une inspection visuelle rapide ne suffit pas toujours à écarter une corrosion déjà installée (voir Quinze ans avec un break 304 SL — checklist d'achat, corrosion cachée et réfection moteur) ;
  • le bas de la vitre de hayon du coupé, une zone mal ventilée où la condensation s'accumule au fil des années, réputée par la communauté comme fréquemment perforée de l'intérieur sans que rien ne le laisse deviner de l'extérieur — un bruit de poussière mobile à l'ouverture du hayon en est un signe précurseur (voir Corrosion et démontage de la vitre de hayon du coupé 304).

Une mise en garde forte : les restaurations antérieures camouflées

Une restauration complète de cabriolet documentée en détail sur le forum a révélé une corrosion perforante entièrement camouflée à la fibre de verre par un précédent propriétaire, invisible même pour un carrossier professionnel avant découpe de la tôle (voir Restauration complète d'un cabriolet 304 S — planchers, pièges de pièces et réglages de hauteur). Le même chantier a permis d'observer, en parallèle sur le marché de l'occasion, un exemple de plancher remplacé par une simple tôle lisse sans les renforts, rainures et trous d'évacuation d'origine — une réparation non conforme et structurellement plus faible, indétectable une fois repeinte. La recommandation qui s'en dégage, largement partagée par la communauté : exiger systématiquement un dossier photo de restauration complet avant l'achat d'une 204/304 présentée comme déjà restaurée, plutôt que de se fier au seul rendu visuel final.

Traitements préventifs et curatifs recommandés

Sur un exemplaire en bon état d'origine, un traitement préventif des corps creux à la cire est recommandé ; sur une carrosserie où la corrosion est déjà présente (longerons, traverses, intérieurs d'ailes, puits d'amortisseurs, passages de roue), un traitement curatif de type Rustol est conseillé avant qu'une intervention de tôlerie plus lourde ne devienne nécessaire — y compris en traitement d'attente par injection à la seringue dans un compartiment fermé difficile d'accès, le temps de planifier une intervention de tôlerie complète.

Un point de vigilance particulier signalé pour l'export

Plusieurs témoignages de propriétaires ayant exploité une 304 en Allemagne relèvent que la réputation de fragilité à la corrosion de la carrosserie française constituait un point de vigilance identifié dès l'époque par les acheteurs allemands, au regard des exigences déjà strictes du contrôle technique local (TÜV) — voir Exportations de la 304 — États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Australie pour le détail de ce témoignage.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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