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§ 01 · Histoire et modèles

Les 504 à empattement long — Break, Familiale et Commerciale

Peugeot 504 · 1968–1983 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Par facilité de langage, on regroupe souvent sous le seul terme de « break » l'ensemble des 504 à empattement long apparues au printemps 1971. En réalité, Peugeot avait construit, comme il l'avait déjà fait pour la 404, une véritable petite gamme structurée selon les besoins de la clientèle : sous une silhouette identique se cachent trois déclinaisons aux prestations très différentes — le Break « Grand Luxe », la Familiale sept places, et la très modeste Commerciale d'entrée de gamme.

Une architecture commune

Break, Familiale, Break Super-Luxe et Commerciale partagent le même squelette : un empattement porté à 2,90 m (16 cm de plus que la berline), pour une longueur totale de 4,80 m. La carrosserie à hayon se signale par un long porte-à-faux arrière et par un curieux décrochement du toit au niveau du montant C, où se raccorde la partie « rapportée » à l'arrière de la caisse de berline. À l'arrière, des blocs optiques verticaux intégrés optimisent la largeur du hayon, qui descend jusqu'au pare-chocs sans seuil de chargement. Contrairement aux berlines à roues indépendantes, ces versions longues reposent toutes sur un essieu arrière rigide, plus rustique mais mieux adapté aux charges utiles élevées — un choix technique que Peugeot reproduira ensuite sur la 505.

Le Break et la Familiale : la respectabilité bourgeoise

Le Break, dans sa version « Grand Luxe », et la Familiale sept places jouent la carte d'un certain confort, comme en témoigne, dans les catalogues d'époque, l'évocation d'un revêtement de coffre en acajou stratifié. Peugeot met en scène ces versions auprès d'une clientèle aisée — clubs hippiques et demeures bourgeoises illustrent les brochures — visant les familles nombreuses et les professions nécessitant un grand volume de chargement dans un cadre valorisant.

La Commerciale : l'outil de travail assumé

À l'autre extrémité de la gamme, la Commerciale est conçue quasi exclusivement comme un outil de travail, sans aucune concession au confort. Son tarif de lancement, 15 800 francs (environ 17 900 euros de 2022), est inhabituellement agressif pour Peugeot — soit environ 9 % de moins que le Break de base — et les économies réalisées pour y parvenir sont immédiatement visibles :

  • projecteurs circulaires noyés dans des enjoliveurs en plastique gris, remplaçant les célèbres « yeux de Sophia Loren » des autres 504 ;
  • absence des butoirs de pare-chocs et calandre spécifique à cinq barrettes ;
  • tableau de bord composite : planche de bord reprise de la 304, volant de la 404, boîte à gants remplacée par un simple vide-poches sans fermeture, horloge supprimée ;
  • sièges spécifiques, moins confortables que ceux du reste de la gamme ;
  • en version essence, le 1796 cm³ dégonflé à 73 ch ; en version Diesel, le 1948 cm³ Indenor hérité de la 404 ne développe que 53,5 ch, pour une vitesse maximale comparable à celle d'une 2 CV 6 et un poids total autorisé avoisinant les deux tonnes.

Malgré ce dénuement — ou grâce à lui —, la Commerciale a connu le sort classique des utilitaires : usée jusqu'à la corde puis abandonnée à la casse, ou le plus souvent expédiée en Afrique pour y poursuivre une seconde carrière (voir La légende africaine de la 504 — « la reine des pistes »). Il en subsiste aujourd'hui très peu d'exemplaires en France, ce qui en fait paradoxalement une pièce recherchée par les collectionneurs les plus pointus — les plus beaux exemplaires se négocient aujourd'hui davantage sur les salons allemands (comme le Techno Classica d'Essen) qu'en France, à des tarifs qui dépassent fréquemment 15 000 euros pour les tout premiers modèles.

Dès 1972, la Commerciale reçoit les mêmes phares que le reste de la gamme, avant d'être rebaptisée « L » au moment où une berline éponyme tout aussi dépouillée fait son apparition (voir La gamme berline 504 — de la L à la Ti). Son équipement se normalise ensuite progressivement, tout en restant en retrait de celui des GL.

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Provenance de cette fiche
Site source
carjager.com
Auteur du site
Nicolas Fourny (carjager.com)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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