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§ 01 · Histoire et modèles

Gmünd, 1944-1948 — l'exil de guerre, l'emprisonnement de Ferdinand Porsche et la naissance de la 356

Porsche 356 · 1948–1965 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un bureau d'études replié loin des bombardements

À l'automne 1943, le bureau d'études « Dr Ing. h.c. F. Porsche GmbH » — la société de conception et de conseil fondée par Ferdinand Porsche — doit quitter Stuttgart, régulièrement touchée par les bombardements alliés. En 1944, l'entreprise se replie dans la vallée de la Malta, à Gmünd, en Carinthie autrichienne, dans les bâtiments d'une ancienne scierie. Les conditions de travail y sont rudimentaires pour les quelque 300 employés : machines-outils insuffisantes, matériaux rares, baraquements en bois surpeuplés au point que les ouvriers peuvent à peine circuler entre les tours. Des baraquements supplémentaires sont construits pour la direction et la cantine, ainsi qu'un lotissement pour les ingénieurs dans le hameau voisin de Gries an der Lieser. L'avantage de cette vallée reculée, au-delà du col du Großglockner, est net : elle échappe presque entièrement aux troubles de la guerre, et le ravitaillement y est meilleur qu'en ville.

L'arrestation de Ferdinand Porsche et la caution Cisitalia

Ferdinand Porsche est interné par les autorités françaises à partir de décembre 1945. Il n'est libéré qu'en 1947 et formellement innocenté en 1948. Selon Porsche Holding (la branche autrichienne de la famille, dirigée après-guerre par sa fille Louise Piëch), son emprisonnement ne repose pas sur une accusation de crime de guerre mais a une origine essentiellement économique : Renault et Peugeot auraient fait valoir des réclamations liées au rôle de Porsche dans l'éventuel développement de leur propre « Volkswagen » d'après-guerre.

Pendant cette période, le sort de l'entreprise repose sur les épaules de son fils, Ferdinand Anton Ernst « Ferry » Porsche, et de sa fille Louise Piëch, qui fondent ensemble la société autrichienne Porsche Konstruktionen GesmbH à Gmünd le 1er avril 1947, tous deux comme directeurs. Pour maintenir l'activité, l'entreprise conçoit du matériel agricole (tracteurs, treuils, barres de coupe) et répare d'anciens véhicules militaires. C'est surtout un contrat inattendu qui change la donne : l'industriel italien Piero Dusio commande à Porsche une monoplace de Formule 1 à quatre roues motrices, la Cisitalia (type 360). Faute de budget suffisant, la Cisitalia ne prendra jamais part à une course — mais les revenus de ce contrat suffisent à Louise Piëch et Ferry Porsche pour payer la caution qui permet la libération de leur père.

« Je décidai de la construire moi-même »

C'est dans ce contexte que Ferry Porsche prend la décision qui fonde la marque : plutôt que de continuer une activité de seul bureau d'études et de conseil (la voie dans laquelle son père avait fait toute sa carrière), il choisit de concevoir et fabriquer sa propre voiture de sport. Il résumera cette décision des décennies plus tard dans une interview au magazine Panorama du Porsche Club of America (septembre 1972) : « Au début, j'ai cherché autour de moi, mais je ne trouvais pas tout à fait la voiture dont je rêvais. Alors j'ai décidé de la construire moi-même. » Il expliquera aussi s'être inspiré d'une Volkswagen Cabriolet personnelle équipée d'un compresseur, conduite à la fin de la guerre : la conviction qu'une petite voiture suffisamment puissante procure plus de plaisir de conduite qu'une grosse voiture surmotorisée.

Le véhicule reçoit le numéro de projet 356 et est d'abord désigné en interne « VW Sport ». Le cadre tubulaire en acier supporte une carrosserie en aluminium, dans la plus pure philosophie compétition de l'époque ; des éléments essentiels — essieu avant, boîte de vitesses, moteur — proviennent directement de la Volkswagen « Coccinelle » (voir L'accord Porsche-Volkswagen de 1948 et la naissance de Porsche Salzburg sous Louise Piëch pour l'accord commercial qui encadre cet emprunt, et le corpus volkswagen-coccinelle/ pour la genèse de la Coccinelle elle-même). Le 8 juin 1948, la « 356 N° 1 » Roadster, numéro de châssis 356.001, obtient son homologation générale en Autriche — voir La 356 N° 1 Roadster — le prototype central-moteur fondateur (juin 1948).

Un objectif de 500 voitures, très vite dépassé

Lorsque Ferry Porsche prend la décision de construire « sa » 356, il pense pouvoir en vendre environ 500 exemplaires — ce qui restera, de son propre aveu, sa seule véritable erreur de jugement : la production totale de 356 atteindra près de 76 000 à 78 000 unités d'ici 1965 selon les sources (voir Combien de 356 ont vraiment été produites ? Les chiffres, année par année pour le détail des chiffres, divergents selon les décomptes).

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Provenance de cette fiche
Site source
newsroom.porsche.com (officiel) et porsche-holding.com (officiel)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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