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§ 07 · Carrosserie

La finition Baccara — le luxe à la française, sur la Renault 25 et la Renault 21

Renault 21 / Renault 25 · 1986–1996 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une griffe de luxe née sur la Supercinq

La dénomination commerciale Baccara — évocation directe du grand luxe français, en écho au nom de la célèbre cristallerie de Baccarat — est initialement lancée par Renault sur la Supercinq, avant d'essaimer avec succès sur plusieurs modèles du losange au cours des années 1980 et 1990 : Clio, 19, 21 et 25. La marque de cristal Baccarat finira par s'opposer juridiquement à l'usage commercial de ce nom, ce qui conduira Renault à lui substituer, par la suite, la dénomination Initiale sur ses générations de modèles suivantes.

La Baccara sur la Renault 25 : le sommet de la gamme (1989-1992)

Sur la Renault 25, la finition Baccara apparaît en 1989 pour combler le vide laissé par l'arrêt de la Limousine trois ans plus tôt. Réservée d'abord à la version V6 Injection, elle se caractérise par une sellerie en cuir pleine fleur, des surpiqûres en alcantara pour certains éléments, des baguettes de portes en placage de loupe d'orme, un pommeau de levier de vitesses massif dans la même essence, une climatisation régulée, jusqu'à sept mémoires de réglage électrique des sièges, et — détail resté célèbre — une housse à vêtements en cuir rangée sous la tablette arrière. En 1990, la Baccara devient également disponible avec le V6 Turbo porté à 205 ch (voir Le V6 PRV de la Renault 25 — de l'injection atmosphérique aux 205 ch du Turbo), reconnaissable à ses jantes alliage BBS : la version V6 Turbo Baccara, estimée à environ 3 000 exemplaires par lautomobileancienne.com, constitue le sommet absolu de toute la production Renault 25.

Un témoignage publié par histo-auto.com à propos d'un exemplaire japonais précise un point de détail utile pour toute description rigoureuse de cette finition : sur la Baccara, seules les garnitures de contre-portes sont en cuir véritable (environ deux heures de gainage artisanal par porte selon ce témoignage) ; la planche de bord, bien que teintée dans une couleur assortie, est en réalité moulée dans un plastique imitant le grain du cuir plutôt que gainée de cuir véritable.

La Baccara sur la Renault 21 : une transposition moins réussie (1991-1992)

À l'été 1991, la finition Baccara est étendue à la Renault 21, dans le cadre d'une décision plus large de doter l'ensemble de la gamme Renault de cet habillage — voir Renault 21 Baccara — un habillage de luxe à la diffusion confidentielle. Elle y reprend les grands principes de la recette (sellerie cuir spécifique, climatisation automatique, inserts bois sur les garnitures de portes) sur la base du moteur 2,0 L de 120 ch ou du 2,2 L catalysé de 110 ch. Mais selon Wikipédia, l'habitacle de la 21 — plus modeste et plus ancien dans sa conception que celui de la 25 — n'avait pas été pensé pour recevoir un tel traitement, et le résultat perçu n'est « pas des plus heureux » : la diffusion de la 21 Baccara restera confidentielle, contrastant nettement avec le succès d'image, sinon commercial, de son homologue sur la 25.

Un même nom, deux réussites inégales

La comparaison directe entre les deux applications de la finition Baccara offre un cas d'étude révélateur des limites d'une politique de gamme transversale appliquée sans adaptation suffisante à chaque architecture d'habitacle : la même recette de luxe qui couronne la carrière de la Renault 25 échoue à produire le même effet sur la Renault 21, plus jeune de deux ans mais dont l'habitacle, conçu sous contrainte budgétaire dès l'origine (voir Genèse de la Renault 21 — le projet X48, entre contrainte financière et prudence technologique), ne disposait tout simplement pas des mêmes marges d'adaptation.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
theoriginals.renault.com (Renault, site patrimoine officiel), lautomobileancienne.com, fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), histo-auto.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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