Renault 25 Limousine — la voiture d'apparat signée Heuliez (1985-1986)
Répondre à la Citroën CX Prestige
Dans les années 1970, le marché français des grandes berlines statutaires voit apparaître les premières versions rallongées destinées aux dirigeants d'entreprise et à l'État : la Peugeot 604 Limousine dessinée par Heuliez reste un échec commercial (une petite centaine d'exemplaires), mais la Citroën CX Prestige, rallongée sur base du break, rencontre un succès inattendu avec plus de 22 000 unités écoulées sur la carrière du modèle. Face à ce succès du double chevron, Renault décide de répliquer avec sa nouvelle berline haut de gamme, alors même que la Renault 25 n'est pas encore commercialisée.
Un projet lancé sous le patronage direct de l'État
Les études de marché internes évaluent le potentiel commercial à environ 9 000 exemplaires — une estimation à laquelle le carrossier Heuliez, sollicité dès l'origine, se montre d'emblée plus réservé. Les grandes lignes du véhicule sont arrêtées au second semestre 1983 : selon lautomobileancienne.com, François Mitterrand a l'honneur d'une présentation en avant-première du projet lors d'une visite des installations d'Heuliez, et la Présidence de la République passe alors la toute première commande officielle du véhicule, avant même sa présentation publique. Les premiers prototypes sont réalisés en 1984, et le modèle est officiellement dévoilé en octobre 1984 sous le nom « Renault 25 Limousine » — l'appellation « Renault 35 », qui aurait reconduit la logique de duo des anciennes 20/30, ayant un temps été envisagée.
Rallongée de 22,7 cm (chiffre Wikipédia) par rapport à la berline standard, la Limousine est assemblée par Heuliez à partir d'une coque en caisse nue provenant de l'usine Renault de Sandouville. Elle est proposée avec trois motorisations au choix : le V6 Injection 2,7 L de 144 ch, le Turbo Diesel 2,1 L (88 ch selon Wikipédia, 82 ch selon lautomobileancienne.com — divergence mineure non résolue), tous deux affichés à 185 200 francs, et le V6 Turbo 2,5 L de 182 ch à 228 200 francs — des tarifs à comparer aux 85 300 francs d'une R25 de base. Deux niveaux de finition sont proposés : une version à banquette arrière classique, et l'option « Pack Exécutive », dotée de deux fauteuils indépendants à commande électrique (avance/recul/inclinaison), d'un accoudoir central faisant office de console, d'un espace de rangement pour bagage à main et d'un régulateur de vitesse pour le chauffeur. Le catalogue d'options permettait en outre de composer un intérieur sur mesure : cuir intégral, bois précieux, liseuse individuelle, téléphone embarqué.
Un échec commercial malgré la mise en avant présidentielle
Ce sont les versions Pack Exécutive qui sont retenues par les ministères de la nouvelle majorité socialiste, ce qui vaut à ces dignitaires quelques moqueries pour l'usage d'un véhicule perçu comme un signe extérieur de luxe — en rupture avec les Citroën des gouvernements gaullistes et les Peugeot choisies par Valéry Giscard d'Estaing. La R25 strictement présidentielle, elle, était une version encore plus spécifique, sur-mesure et blindée, distincte de la Limousine commercialisée. Voir La Renault 25, voiture présidentielle et symbole du pouvoir socialiste des années 1980 pour le détail de cette dimension politique et culturelle, qui dépasse largement la seule Limousine.
Malgré cette exposition prestigieuse au sommet de l'État, la Renault 25 Limousine ne trouve pas sa clientèle : seuls 832 exemplaires sont produits (chiffre confirmé indépendamment par Wikipédia et lautomobileancienne.com), très loin des 9 000 unités espérées. La commercialisation, commencée début 1985, s'arrête dès juin 1986. Heuliez ne poursuit pas la production pour son propre compte et se recentre sur des activités plus rentables, comme l'assemblage du break Citroën BX.
Voir aussi
- Site source
- lautomobileancienne.com, fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), planeterenault.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La Renault 25, voiture présidentielle et symbole du pouvoir socialiste des années 1980Renault 21 / Renault 25 · Culture documentation
- La finition Baccara — le luxe à la française, sur la Renault 25 et la Renault 21Renault 21 / Renault 25 · Carrosserie
- Lancement et gamme Phase 1 de la Renault 25 (1984-1988)Renault 21 / Renault 25 · Histoire et modèles
- CX Prestige et CX Limousine — les versions à empattement longCitroën CX · Histoire et modèles
- La finition Baccara — le luxe à la française, sur la Renault 25 et la Renault 21Renault 21 / Renault 25
- La Safrane, voiture présidentielle de François Mitterrand puis de Jacques ChiracRenault Safrane
- Renault 25 Phase 2 (1988-1992) — le restylage de la consécrationRenault 21 / Renault 25
- Lancement et gamme Phase 1 de la Renault 25 (1984-1988)Renault 21 / Renault 25
- Guide d'achat et cote de la Renault 25Renault 21 / Renault 25
- La Renault 25, voiture présidentielle et symbole du pouvoir socialiste des années 1980Renault 21 / Renault 25