Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

La Talbot Samba Cabriolet — la citadine française carrossée par Pininfarina

Talbot Horizon / Talbot Samba · 1978–1987 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

À peine six mois après le lancement de la berline trois portes, Talbot dévoile une version cabriolet de sa Samba — un pari alors rare sur ce segment de marché, et qui vaudra à la petite Talbot une place à part dans l'histoire automobile française des années 1980.

Un marché des cabriolets compacts encore vierge en France

Au début des années 1980, les cabriolets dérivés de compactes à hayon restent l'apanage de rares carrossiers indépendants. Le seul concurrent sérieux identifié par les sources consultées est alors la Volkswagen Golf Cabriolet. Côté constructeurs français, quelques signes d'agitation existent bien — le carrossier Sovra propose des transformations cabriolet sur base Renault 5 et Citroën LNA, et Heuliez tente sans succès de convaincre Citroën de produire une Visa Cabriolet (Citroën finira par sortir sa propre Visa Décapotable par un autre biais) — mais c'est bien Talbot qui, la première parmi les constructeurs français, commercialise en série une citadine cabriolet à hayon d'origine. Cette même période voit d'ailleurs Talbot elle-même envisager, sans y donner suite, un projet concurrent de cabriolet sur base Horizon avec le concours d'Heuliez (voir Le cabriolet Horizon avorté — le projet Heuliez de 1980).

La conception et la fabrication confiées à Pininfarina

C'est le grand carrossier italien Pininfarina — déjà responsable, depuis les années 1960, de plusieurs cabriolets Peugeot (voir notamment les fiches consacrées à ce sujet dans les corpus peugeot-404/, peugeot-504/ et peugeot-205/) — qui réalise la transformation. Le travail de style ne se limite pas à une simple suppression du toit : la ligne arrière est légèrement rallongée pour rééquilibrer la silhouette, et un arceau de sécurité rigide est intégré pour compenser l'absence de toit fixe et préserver la rigidité de caisse — la voiture conservant, fait notable pour un cabriolet de ce gabarit, quatre places réellement utilisables.

Plus inhabituel encore : Pininfarina obtient l'assemblage complet du véhicule dans ses propres usines de Turin, Talbot ne souhaitant pas assumer en interne la production d'un modèle de niche. Les caisses de Samba, préalablement assemblées à Poissy, sont acheminées par voie ferrée jusqu'à l'usine turinoise de Pininfarina pour y recevoir le renforcement de caisse, la capote et l'arceau, avant d'être renvoyées à Poissy pour l'installation de la mécanique, l'assemblage final et les essais. Ce va-et-vient industriel franco-italien — Poissy-Turin-Poissy — illustre la volonté de Talbot de proposer une niche commerciale sans en assumer la complexité industrielle propre.

Une carrière commerciale à part au sein du groupe

L'aventure commerciale du cabriolet débute en France au début de l'année 1982, quelques mois seulement après le lancement de la berline (voir Talbot Samba — lancement et évolution de gamme (1981-1986)) ; il n'atteint le marché britannique qu'en octobre 1982, privant les acheteurs anglais de la possibilité d'en profiter dès l'été de la même année. Seul le moteur 1 360 cm³ équipe le cabriolet, dans ses deux déclinaisons de puissance (72 puis, à partir de 1983, également 80 ch à deux carburateurs simple corps) — la version 72 ch étant retirée du catalogue après 1984 au profit de la seule 80 ch, qui reçoit alors un tableau de bord inspiré de la Peugeot 104 restylée. Sans concurrente directe au sein du groupe PSA, le cabriolet Samba parvient à s'imposer durablement comme référence sur ce micro-segment, jusqu'à poser, selon lautomobileancienne.com, les bases commerciales de la future 205 Cabriolet — qui donnera à Peugeot une avance durable sur Renault dans ce domaine.

Un chiffre de production solidement établi

13 062 exemplaires du cabriolet Samba sont assemblés par Pininfarina durant toute sa carrière (1982-1986) — un chiffre confirmé de façon quasi identique par au moins trois sources indépendantes de ce corpus (simcatalbotclub.org, carrozzieri-italiani.com, et lautomobileancienne.com qui évoque « plus de 13 000 » exemplaires), ce qui permet de le considérer comme fiable. Ce volume, à comparer aux 288 010 Samba toutes carrosseries confondues (voir Talbot Samba — lancement et évolution de gamme (1981-1986)), représente donc un peu plus de 4,5 % de la production totale du modèle — une proportion notable pour une version de niche produite hors des chaînes principales du constructeur.

Aujourd'hui recherché en collection, le cabriolet Samba reste, avec la version Rallye (voir La Talbot Samba Rallye — la version route, du Trophée Samba à la phase 2), l'une des deux déclinaisons de la Samba les plus documentées et les mieux cotées sur le marché de la voiture de collection (voir Guide d'achat et cote de la Talbot Samba).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
lautomobileancienne.com, carrozzieri-italiani.com, simcatalbotclub.org, laventure-association.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci