Le reste de la gamme Talbot (1979-1983) — 1510, Solara, Tagora, Murena
Ce dossier se concentre sur la Talbot Horizon et la Talbot Samba (voir le README pour le périmètre exact retenu). Il serait toutefois trompeur de raconter l'histoire de ces deux modèles sans les replacer dans le contexte de l'ensemble de la gamme Talbot des années 1979-1983 — une gamme composée, pour l'essentiel, d'adaptations rapides et peu coûteuses de projets déjà existants chez Chrysler ou Simca, faute de moyens de développement suffisants pour concevoir des modèles entièrement nouveaux (voir Le rachat de Chrysler Europe par PSA (1978) — au-delà de la légende du « 1 dollar »).
1510 et Solara : le restylage habile de la Simca 1307/1308
Pour compléter sa gamme moyenne-haute, Talbot restylise en 1979 la Simca 1307/1308 — déjà élue voiture de l'année 1976 sous le badge Chrysler Alpine au Royaume-Uni (voir Chrysler Europe (1967-1978) — Rootes et Barreiros rejoignent Simca sous pavillon américain) — sous un nouveau nom, Talbot 1510 (1979-1982), avec de nouveaux pare-chocs et des optiques redessinées. La déclinaison à trois volumes de ce même modèle, la Talbot Solara (1980-1986), vise le marché des berlines classiques face à la version à hayon — un segment resté longtemps porteur au Royaume-Uni, où le hayon peinait à convaincre. Selon un témoignage recueilli en commentaire sur lautomobileancienne.com, plusieurs Solara resteront en circulation quotidienne bien au-delà de la disparition de la marque, y compris en usage hivernal.
Tagora (1980-1983) : le haut de gamme qui arrive trop tard
Développée à l'origine sous le nom de code C9 par le bureau d'études anglais de Rootes dès 1976, pour succéder à la poussive Chrysler 160/180, la future Tagora doit initialement concurrencer le haut de gamme allemand avec une propulsion et un moteur 4 cylindres extensible en 6 cylindres. Le rachat de Chrysler Europe par PSA en 1978 rebat les cartes : le projet, jugé trop avancé pour être abandonné mais concurrent direct de la Peugeot 505 et de la 604, est recentré par économie sur la plateforme de la 505 et le V6 PRV, tout en conservant le 4 cylindres Chrysler d'origine.
Présentée au Salon de Paris d'octobre 1980, commercialisée à partir de février 1981, la Tagora reçoit en 1982 une version SX à moteur V6 PRV de 165 ch — en faisant, un temps, la voiture de série française la plus puissante. Mais son lancement tardif (le style datait déjà de plusieurs années), la concurrence frontale et non résolue avec la 604 au sein même du groupe PSA, et un contexte de crise économique et de grèves à répétition à Poissy limitent sa carrière à quatre années et 20 133 exemplaires selon lautomobileancienne.com (502 unités en 1980, 15 687 en 1981, 2 624 en 1982, 1 320 en 1983) — un échec commercial que plusieurs témoignages de propriétaires recueillis en commentaires viennent nuancer sur le plan strictement mécanique, louant au contraire sa fiabilité et son confort routier.
Murena et Bagheera : le volet Matra de la gamme Talbot
Le corpus dédié à la Matra Bagheera documente déjà en détail le passage de ce coupé sous badge Talbot-Matra après le rachat de 1978 (voir De Matra-Simca à Talbot-Matra — la Bagheera rattrapée par le rachat PSA), ainsi que sa remplaçante directe, la Talbot-Matra Murena (1980-1983) — cette dernière n'entrant pas dans le périmètre du présent dossier, qui renvoie le lecteur intéressé vers ce dossier frère pour le détail complet de cette branche sportive de la gamme Talbot.
Une gamme cohérente sur le papier, sabordée dans les faits
Sur le papier, cette gamme reconstituée en urgence entre 1979 et 1981 couvre l'essentiel des segments du marché : citadine (Samba), compacte (Horizon), routière classique (1510/Solara) et haut de gamme (Tagora), complétée par le volet sportif Matra. Mais plusieurs facteurs documentés de façon convergente par les sources consultées pour ce dossier condamnent cette cohérence apparente : la fusion des réseaux commerciaux Talbot et Peugeot décidée en 1981 (voir La résurrection du nom Talbot (1979) — pourquoi ce nom-là ?), des grèves sociales à répétition héritées de tensions salariales datant de l'ère Pigozzi chez Simca, et surtout l'absence quasi totale de moyens marketing et financiers suffisants pour faire exister durablement une troisième marque généraliste aux côtés de Peugeot et Citroën (voir La fin de la marque Talbot (1986-1995) et la légende de la « Talbot Arizona »).
Voir aussi
- Le rachat de Chrysler Europe par PSA (1978) — au-delà de la légende du « 1 dollar »
- Chrysler Europe (1967-1978) — Rootes et Barreiros rejoignent Simca sous pavillon américain
- La résurrection du nom Talbot (1979) — pourquoi ce nom-là ?
- De Matra-Simca à Talbot-Matra — la Bagheera rattrapée par le rachat PSA
- La fin de la marque Talbot (1986-1995) et la légende de la « Talbot Arizona »
- Site source
- lautomobileancienne.com, fr.wikipedia.org, carjager.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Le rachat de Chrysler Europe par PSA (1978) — au-delà de la légende du « 1 dollar »Talbot Horizon / Talbot Samba · Histoire et modèles
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- Talbot Samba — lancement et évolution de gamme (1981-1986)Talbot Horizon / Talbot Samba
- La résurrection du nom Talbot (1979) — pourquoi ce nom-là ?Talbot Horizon / Talbot Samba
- Le rachat de Chrysler Europe par PSA (1978) — au-delà de la légende du « 1 dollar »Talbot Horizon / Talbot Samba