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§ 01 · Histoire et genèse

Genèse de la Century (1967) — de la Crown Eight à la première « voiture de président » de Toyota

Toyota Century · depuis 1967 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un vide à combler au sommet de la gamme Crown

Avant la Century, le haut de gamme de Toyota s'appelle Crown Eight : une version étirée et motorisée en V8 de la Toyota Crown de deuxième génération, commercialisée à partir de 1964. La Crown Eight inaugure surtout un moteur inédit pour l'industrie automobile japonaise, développé en collaboration avec Yamaha — déjà partenaire moteur de Toyota à la même époque sur un projet bien plus sportif, la future Toyota 2000GT. Ce V8 « Toyota V », 2,6 litres à culasses en aluminium et chambres de combustion de forme quasi hémisphérique, est parfois surnommé après coup le « Toyota Hemi » par la presse anglophone, en écho au terme popularisé par Chrysler — une comparaison de vulgarisation plutôt qu'une filiation technique réelle entre les deux moteurs.

Le lancement de novembre 1967

La Century est présentée en novembre 1967 comme remplaçante directe de la Crown Eight, avec un objectif assumé : devenir un modèle « conçu de toutes pièces », sans reprendre de plateforme d'un modèle de grande diffusion, pour rivaliser avec les meilleures limousines mondiales de l'époque. Le nom du modèle (code interne G20) est confié au designer Kenya Nakamura. Le moteur reprend et fait évoluer celui de la Crown Eight : un 3,0 litres V8 baptisé « 3V », qui succède au 2,6 litres d'origine.

Une clientèle pensée dès l'origine pour la haute direction

Au Japon, la tradition automobile distingue de longue date une catégorie de berlines surdimensionnées destinées aux dirigeants d'entreprise chauffeurs à l'arrière — une automobile que l'usage courant désigne parfois comme la voiture du « shachō » (社長, le président d'entreprise). La Century est pensée dès l'origine pour ce segment : les sources concordent pour la présenter comme destinée en priorité aux plus hauts dirigeants d'entreprise, aux responsables gouvernementaux de premier rang et, dans certains usages non protocolaires, à des membres de la maison impériale (voir La Century Royal (2006) — ce que la Century fait vraiment pour la Maison impériale, précisément pour la distinction précise entre cet usage courant et le véhicule d'État officiellement attribué à l'Empereur). Illustration directe de cet ancrage dans le monde de l'entreprise : l'ancien président puis président d'honneur de Toyota Shoichiro Toyoda (1925-2025) a conduit une Century comme voiture personnelle tout au long de sa vie, un fait rapporté par plusieurs sources de presse convergentes.

Une rivale déjà sur le marché

La Century arrive loin d'être seule sur ce segment naissant : la Nissan President, sortie dès octobre 1965, l'a précédée de près de deux ans et a initialement capté une bonne partie des marchés institutionnels (voir Nissan President (1965-2010) — la rivale historique disparue, arrivée deux ans avant la Century). La Century doit donc s'imposer face à une concurrente déjà installée, un rapport de force qui ne s'inversera durablement qu'avec la croissance spectaculaire de Toyota dans les années 1970-1980.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, toyota-global.com, jalopnik.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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