Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

Wilhelm Karmann et Carrozzeria Ghia : deux maisons de carrosserie

Volkswagen Karmann Ghia · 1955–1974 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Karmann, une maison allemande centenaire au portefeuille de clients bien plus large que Volkswagen

La société Wilhelm Karmann GmbH est fondée en 1901 à Osnabrück. Si son association avec Volkswagen reste, avec le recul, sa réalisation la plus célèbre, Karmann a construit des carrosseries pour un nombre impressionnant d'autres constructeurs au fil du XXᵉ siècle : AMC, Audi, BMW, Chrysler, Ford, Mercedes, Porsche, Renault et Triumph, selon le décompte d'Ate Up With Motor. Ce corpus documente d'ailleurs, de façon indépendante, plusieurs de ces collaborations : le cabriolet de la Volkswagen Golf, le restylage du coupé Triumph TR6, ou encore le hardtop construit pour Porsche sur base 356 B — mais aussi, fait moins connu, un projet Volvo P1800 finalement refusé par Karmann elle-même, faute d'accord avec le constructeur suédois sur les conditions de fabrication (voir le dossier volvo-p1800/). Karmann n'était donc pas un sous-traitant captif de Volkswagen, mais un acteur généraliste de la carrosserie automobile européenne, ce qui explique en partie sa disponibilité et son savoir-faire au moment où Wilhelm Karmann cherche à convaincre Volkswagen (voir Genèse : Karmann face au scepticisme initial de Nordhoff (1950-1951)).

Ghia, une maison turinoise plusieurs fois recomposée

La Carrozzeria Ghia est fondée en 1915 à Turin par Giacinto Ghia. À sa mort en 1944, Mario Boano et Giorgio Alberti en rachètent le contrôle. Boano quitte l'entreprise fin 1953 — peu après avoir proposé, sans succès, une coentreprise avec Bertone pour habiller le futur coupé Alfa Romeo Giulietta (finalement dessiné par Bertone seul, voir le dossier Alfa Romeo Giulietta) — pour fonder sa propre maison, la Carrozzeria Boano, avant de rejoindre la direction du style de Fiat en 1957. C'est Luigi Segre, associé de longue date de Boano chez Ghia, qui porte à bout de bras le projet Volkswagen (voir Le prototype secret de Segre : Ghia entre en scène (1953)) et qui dirige la maison jusqu'à sa mort en 1963.

L'après-Segre : De Tomaso, puis Ford

Après la disparition de Segre, Carrozzeria Ghia change plusieurs fois de mains avant d'être rachetée par l'homme d'affaires argentin Alejandro de Tomaso — déjà rencontré dans ce corpus au travers du dossier de-tomaso-pantera/, dont une fiche dédiée détaille ce rachat — puis cédée à Ford en 1970. Ghia survit aujourd'hui comme le studio de style italien du groupe Ford, et son nom a été très largement réutilisé comme appellation commerciale sur de nombreux modèles européens de la marque. Cette double filiation explique pourquoi le nom « Ghia » réapparaît, des décennies après la Karmann Ghia, sur des voitures n'ayant plus rien à voir avec Volkswagen — y compris sur d'autres modèles italiens déjà traités dans ce corpus, comme le Maserati Ghibli, dessiné chez Ghia une décennie plus tard par un certain... Giorgetto Giugiaro, qui retrouvera d'ailleurs la Karmann Ghia elle-même quelques années plus tard pour dessiner la version brésilienne TC (voir La Karmann Ghia TC : une troisième carrosserie, brésilienne et méconnue).

Deux maisons, un seul projet commun décisif

Sur l'ensemble de leurs très longues carrières respectives, Karmann et Ghia n'auront collaboré directement qu'à une poignée de reprises (le Type 14, le Type 34, la TC brésilienne, puis plus tard la Scirocco pour le seul volet Karmann/Giugiaro — voir pourquoi Karmann plutôt que les usines Volkswagen elles-mêmes) — mais cette collaboration reste, plus de trente ans après l'arrêt de la dernière Karmann Ghia, l'exemple le plus universellement connu de ce que les deux maisons ont pu produire ensemble.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com ; en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci