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§ 01 · Histoire et modèles

La Giulietta Berlina et T.I. — le cœur commercial du projet (1955-1965)

Alfa Romeo Giulietta · 1954–1965 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La vraie raison d'être du projet Giulietta

Si le coupé Sprint a ouvert le bal dès 1954 pour des raisons conjoncturelles (voir La Giulietta Sprint — le coupé qui a tout déclenché (1954-1965) et Le financement à risque de la Giulietta — emprunt-loterie et menace de scandale (1952-1954)), c'est bien la Berline qui constitue depuis l'origine la cible commerciale principale du projet engagé en 1952. Présentée au Salon de Turin le 20 avril 1955, elle est directement héritière de la 1900 mais dans un format nettement plus compact, avec un moteur ramené à 1 290 cm³.

Une petite révolution mécanique pour une berline de série

En 1955, aucune berline de série au monde n'offre les caractéristiques techniques de la Giulietta : moteur 4 cylindres à double arbre à cames en tête entièrement en alliage léger avec chemises en fonte (une première absolue sur une voiture de grande diffusion), pour seulement 53 ch et un poids inférieur à 900 kg (870-880 kg selon les sources), autorisant 140 km/h. Le dessin est assuré par le bureau de style interne d'Alfa Romeo, reprenant en façade des éléments esthétiques de la Sprint et annonçant ainsi un « air de famille » avant l'heure.

Une mécanique volontairement adoucie

Contrairement au Sprint, la Berline reçoit une version nettement plus docile du bialbero : taux de compression abaissé à 7,5:1, un unique carburateur simple corps, pour privilégier l'agrément d'usage et la sobriété plutôt que la performance pure. Propulsion, transmission aux roues arrière, boîte 4 rapports au levier au volant à l'origine (une commande au plancher devient disponible en option à partir de 1957) ; freinage par quatre tambours coulés selon un procédé de fonderie propre à Alfa Romeo ; suspensions indépendantes à l'avant (ressorts hélicoïdaux, quadrilatère, barre stabilisatrice) et à l'arrière (essieu rigide suspendu par ressorts hélicoïdaux et bras de guidage).

L'arrivée de la version sportive T.I. (1957)

À l'été 1957 apparaît la Berlina T.I. (Turismo Internazionale), qui reprend une mécanique très proche de celle du coupé Sprint : carburateur Solex double corps et compression relevée à 8,0:1 portent la puissance à 65 ch CUNA (64 ch SAE) à 5 500 tr/min, avec quelques retouches cosmétiques (capot, éclairage de cadrans, feux arrière). La T.I. rencontre un succès commercial spectaculaire : selon le détail de production par année (voir Chiffres de production de l'Alfa Romeo Giulietta (1954-1965)), elle dépasse à elle seule 89 000 exemplaires, soit plus du double de la Berline « Normale » (39 057 ex.) sur la même période — signe que la clientèle plébiscite la version la plus proche en tempérament du coupé sportif.

Deux restylages successifs

  • 1959 (Salon de Francfort) : nouvelle face avant aux ailes arrondies, phares encastrés, calandre chromée à deux barres horizontales ; nouveaux feux arrière plus imposants sur ailerons ; trappe à essence déplacée du hayon vers l'aile arrière droite ; intérieur redessiné avec compteur en bandeau. Changement de désignation interne de « 750/753 » à « 101 ». Une version conduite à droite de la T.I. n'apparaît qu'en 1961, malgré un fort succès continental et américain qui aurait justifié une disponibilité plus précoce.
  • Automne 1961 : nouvelle retouche mécanique et esthétique — puissance portée à 62 ch (Normale) et 74 ch (T.I.), grilles latérales à mailles carrées réunies à l'écusson central, feux arrière agrandis, sièges individuels (au lieu d'une banquette) sur la T.I.

Déclinaisons break : Promiscua et Weekendina

Le carrossier Carrozzeria Colli produit une version break de la Giulietta Berline, baptisée Promiscua (91 exemplaires selon Wikipédia FR). La Carrozzeria Boneschi réalise de son côté quelques exemplaires d'un break concurrent baptisé Weekendina, en plus faible nombre.

Le symbole des 100 000 exemplaires

En février 1961 (une cérémonie qu'une source italienne situe en 1960, divergence non tranchée, voir L'origine du nom « Giulietta » — trois récits concurrents), la 100 001ᵉ Giulietta Berline sort des chaînes du Portello, un cap symbolique célébré par la présence de l'actrice Giulietta Masina. La Berline apparaît également en couverture du tout premier numéro du magazine italien Quattroruote, en février 1956 — un an à peine après son lancement, preuve de son retentissement immédiat dans la presse spécialisée transalpine.

Fin de carrière

La Berline « Normale » s'efface devant la nouvelle Giulia à partir de juin 1962, celle-ci n'étant au départ proposée qu'avec le moteur 1,6 litre (voir La Giulia (1962-1978) — contexte de la succession de la Giulietta) ; la T.I., elle, reste au catalogue une année supplémentaire, un ultime exemplaire étant assemblé en 1965.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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