La Giulietta Sprint Speciale — l'aérodynamique des BAT appliquée en petite série (1957-1965)
Une filiation directe avec les concept-cars BAT
La Sprint Speciale (SS) plonge ses racines stylistiques dans les célèbres concept-cars B.A.T. (Berlinetta Aerodinamica Tecnica) dessinés par Franco Scaglione pour Bertone au cours des années 1950 — des exercices de style expérimentaux repoussant très loin les recherches aérodynamiques de l'époque, l'un d'eux ayant revendiqué un coefficient de traînée record de seulement 0,19, le plus bas jamais atteint par une automobile à l'époque. C'est cette veine expérimentale que Scaglione transpose, en version civilisée et industrialisable, sur le châssis court (2 250 mm, identique à celui du Spider) de la Giulietta.
De Turin 1957 à Monza 1959
Un premier prototype de la Sprint Speciale est présenté au Salon de Turin 1957, suivi de deux autres prototypes, avant que la version définitive de série ne soit officiellement dévoilée sur le circuit de Monza le 24 juin 1959. Les 101 premiers exemplaires produits, à « nez bas » (low nose) et désignation 750 SS, sont particulièrement recherchés aujourd'hui par les collectionneurs. La réglementation FIA de l'époque imposant un minimum de 100 exemplaires pour l'homologation en catégorie GT, ce seuil est franchi dès cette première série.
Une construction mixte acier-aluminium
Si une partie de la production a reçu une carrosserie entièrement en aluminium, la majorité des Sprint Speciale combinent une coque en acier avec portes, capot moteur et couvercle de coffre en aluminium — un compromis entre légèreté et coût de fabrication. Les premiers exemplaires sont alimentés par des carburateurs Weber 40 DCO3, plus tard remplacés par des 40 DCOE2. Le moteur, un 1 290 cm³ bialbero à chambres hémisphériques (voir Fiche technique du bialbero 1 290 cm³ — toutes les variantes de puissance), délivre 100 ch, pour une vitesse de pointe annoncée d'environ 200 km/h. Le coefficient de traînée mesuré de la carrosserie définitive, 0,28, restera étonnamment compétitif : il ne sera dépassé que plus de vingt ans plus tard, et correspond au Cx d'une Chevrolet Corvette (C6) bien plus moderne.
Évolutions de la carrosserie
Les exemplaires de production plus tardive reçoivent des portes en acier (au lieu de l'aluminium), les carburateurs Weber 40 DCOE2, un nez rehaussé (par opposition au « nez bas » des tout premiers exemplaires), la suppression des vitres en plexiglas au profit de vitres conventionnelles, l'ajout de pare-chocs avant et arrière, et un minimum d'insonorisation. Mécanique et boîte de vitesses sont partagées avec la Sprint Zagato orientée compétition pure (voir La Giulietta SZ (Sprint Zagato) — de l'accident de Mille Miglia à la Coda Tronca (1956-1962)). Le freinage reste assuré par quatre tambours (à trois mâchoires à l'avant).
La Giulia Sprint Speciale (1963-1966)
Un prototype Bertone de remplacement de la SS, baptisé « Giulia SS Bertone Prototipo » et dessiné par Giorgetto Giugiaro en toute fin de son passage chez Bertone (1965), n'entrera jamais en production : la génération suivante de Giulia SS reprend en réalité la carrosserie de la Giulietta SS quasiment inchangée. Introduite au Salon de Genève de mars 1963 en parallèle du lancement de la Giulia (voir La Giulia (1962-1978) — contexte de la succession de la Giulietta), cette version « Tipo 101.21 » reçoit le moteur 1 570 cm³ de 110 ch partagé avec la Giulia Sprint Veloce, pour une vitesse de pointe de 160 km/h, ainsi que des freins à disque à l'avant sur la plupart des exemplaires. Le tableau de bord, recouvert de cuir et doté d'une boîte à gants à l'inclinaison différente, permet de distinguer facilement une Giulia SS d'une Giulietta SS.
Fin de production et chiffres
La production s'achève en 1965, à l'exception d'un tout dernier exemplaire achevé en 1966. Au total, 1 366 Giulietta Sprint Speciale et 1 400 Giulia Sprint Speciale sont construites. Une vingtaine d'exemplaires (25 selon une source) auraient été convertis en conduite à droite par le préparateur britannique RuddSpeed.
Voir aussi
- La Giulietta Sprint — le coupé qui a tout déclenché (1954-1965) · Bertone et Franco Scaglione — du petit atelier artisanal au constructeur de série · La Giulietta SZ (Sprint Zagato) — de l'accident de Mille Miglia à la Coda Tronca (1956-1962) · La Giulia (1962-1978) — contexte de la succession de la Giulietta · Chiffres de production de l'Alfa Romeo Giulietta (1954-1965)
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La Giulia (1962-1978) — contexte de la succession de la GiuliettaAlfa Romeo Giulietta · Histoire et modèles
- Fiche technique du bialbero 1 290 cm³ — toutes les variantes de puissanceAlfa Romeo Giulietta · Moteur
- La Giulietta Sprint — le coupé qui a tout déclenché (1954-1965)Alfa Romeo Giulietta · Histoire et modèles
- Chiffres de production de l'Alfa Romeo Giulietta (1954-1965)Alfa Romeo Giulietta · Histoire et modèles
- La Giulietta SZ (Sprint Zagato) — de l'accident de Mille Miglia à la Coda Tronca (1956-1962)Alfa Romeo Giulietta · Histoire et modèles
- Bertone et Franco Scaglione — du petit atelier artisanal au constructeur de sérieAlfa Romeo Giulietta · Carrosserie
- La Giulietta Sprint — le coupé qui a tout déclenché (1954-1965)Alfa Romeo Giulietta
- La Giulia (1962-1978) — contexte de la succession de la GiuliettaAlfa Romeo Giulietta
- Bertone et Franco Scaglione — du petit atelier artisanal au constructeur de sérieAlfa Romeo Giulietta
- Au volant d'une Giulietta Sprint — impressions de conduiteAlfa Romeo Giulietta
- Identifier une Giulietta — numéros de châssis, désignations Tipo 750/101Alfa Romeo Giulietta
- Boîtes de vitesses de la Giulietta — du levier au volant à la synchronisation « Porsche »Alfa Romeo Giulietta
- Freins et suspensions de la Giulietta — tambours nervurés et essieu arrière signatureAlfa Romeo Giulietta
- Chronologie complète de l'Alfa Romeo Giulietta (1952-1965)Alfa Romeo Giulietta