Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

La Giulietta SZ (Sprint Zagato) — de l'accident de Mille Miglia à la Coda Tronca (1956-1962)

Alfa Romeo Giulietta · 1954–1965 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une naissance accidentelle

L'histoire de la SZ commence par un accident : en 1956, Dore Leto di Priolo endommage sa Giulietta Sprint Veloce lors de la Mille Miglia. Alfa Romeo confie la reconstruction de l'épave au carrossier spécialiste Elio Zagato, avec pour mission de reconstruire une voiture aussi légère que possible — chaque kilogramme économisé comptant double dans la catégorie 1,3 litre en compétition. Zagato en tire une carrosserie compacte et effilée, entièrement en aluminium, ramenant le poids à vide à environ 800 kg. Cette première rhabillée, immédiatement performante en compétition, donne naissance à une petite série de 18 exemplaires « SVZ » (Sprint Veloce Zagato), reconnus comme les précurseurs directs de la SZ de série — la version la plus poussée reçoit jusqu'à 118 ch CUNA (87 kW), la plus élevée jamais extraite du bialbero 1 290 cm³ d'origine à cette date.

La version de série (1960) : le travail d'Ercole Spada

Une version de compétition produite en série, à carrosserie allégée dessinée par Ercole Spada — jeune designer entré chez Zagato en 1960, tout juste âgé d'une vingtaine d'années, et qui deviendra en quelques mois chef styliste de la maison — est présentée au Salon de Genève de mars 1960. Construite entièrement à la main chez Zagato, en aluminium et avec vitres en plexiglas, cette Sprint Zagato (SZ) reprend le châssis court et la mécanique Veloce de la Sprint Speciale. Selon Wikipédia EN, 217 exemplaires sont construits, dont les trente derniers (« some say 46 » selon la formule prudente de la source) reçoivent une carrosserie arrière tronquée plus aérodynamique.

Coda Tonda contre Coda Tronca

Deux silhouettes distinctes se succèdent :

  • La version d'origine, à l'arrière arrondi, est surnommée « Coda Tonda » (« queue ronde »).
  • La version modifiée, dessinée en seconde intention par Elio Zagato et surtout par le jeune Ercole Spada — qui recalcule toutes les sections transversales de la carrosserie tous les 10 cm pour en optimiser l'aérodynamique — adopte un arrière tronqué à la Kamm, surnommé « Coda Tronca » (parfois appelée SZ2). Cette carrosserie est plus basse de 4 cm et plus longue de 14 cm que la Coda Tonda ; elle gagne, à puissance moteur égale, de 12 à 15 km/h de vitesse de pointe supplémentaire, jusqu'à 215 km/h selon la source suisse ACS. Elle inaugure aussi les freins à disque à l'avant, absents de la Coda Tonda.

Zagato a par ailleurs rhabillé quelques voitures déjà existantes avec cette seconde carrosserie, ce qui explique en partie les divergences de comptage entre sources.

Une carrière de championne

Rondes ou tronquées, les SZ dominent le sport automobile international du début des années 1960 : victoires en circuit, en montagne et jusque dans les épreuves de rallye. Elles contribuent à faire remporter à Alfa Romeo le titre de champion du monde des voitures de sport (International Championship for GT Manufacturers) dans la catégorie 1,3 litre en 1962 et 1963. Le pilote français Michel Nicol remporte le Tour de Corse 1957 sur SVZ (voir Palmarès sportif de la Giulietta — rallyes, GT et endurance (1956-1966)).

Une rareté suisse documentée : la SZ2 châssis AR 1012600183

Le site de l'Automobile Club Suisse détaille le parcours d'un exemplaire précis de Coda Tronca, sorti de l'usine de Milan le 16 février 1962, vendu par l'intermédiaire du concessionnaire genevois Pierre Scaramiglia — lui-même pilote de course engagé pour la Scuderia Filipinetti et l'Écurie La Meute, qui l'aligne dès 1963 à Spa-Francorchamps, Solitude et Monza. Passée par plusieurs propriétaires, la voiture est acquise en 2003 par Claude Sage, fondateur de Honda Suisse et passionné de sport automobile, avant une restauration complète couronnée en 2006 par une victoire de catégorie au Concours d'Élégance de la Villa d'Este.

Divergence sur le nombre d'exemplaires « Coda Tronca »

Les sources ne s'accordent pas sur le nombre exact de Coda Tronca produites : Wikipédia EN évoque prudemment « les trente derniers exemplaires (certains disent 46) », tandis que la source suisse ACS avance un chiffre précis de 30 exemplaires « Coda Tronca » sur un total de « plus de 200 » SZ, et « un peu moins de 170 » Coda Tonda. Divergence consignée sans arbitrage, les deux fourchettes se recoupant sur l'ordre de grandeur général (environ 200-220 SZ au total, dont une minorité de Coda Tronca).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci