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§ 01 · Histoire et modèles

Genèse de l'Isetta — Ermenegildo Preti, Pierluigi Raggi et la porte-façade

Iso Rivolta / Grifo · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un cahier des charges : moitié moto, moitié voiture

Au début des années 1950, l'Italie de l'après-guerre voit se multiplier les deux-roues motorisés, mais une large partie de la population reste hors de portée même de la Fiat 500 Topolino, alors la voiture la moins chère du marché. Renzo Rivolta veut combler cet espace avec un véhicule alliant l'économie de la moto au confort et à la sécurité relative d'une carrosserie fermée. Le projet est confié à deux ingénieurs : Ermenegildo Preti, ingénieur aéronautique, crédité par la plupart des sources comme le principal concepteur du véhicule, et Pierluigi Raggi, déjà employé de longue date chez Iso (et qui retrouvera Bizzarrini et Giugiaro une décennie plus tard sur le développement de la Rivolta IR 300 — voir Genèse et production de l'Iso Rivolta IR 300/IR 340 (1962-1970)). Une anecdote largement reprise, mais non confirmée par une source primaire d'époque, veut que l'expérience d'Iso dans la fabrication de portes de réfrigérateurs ait inspiré la porte frontale unique de l'Isetta — un rapprochement à prendre comme une image plutôt qu'un fait technique établi.

Une carrosserie en forme d'œuf et une porte-pare-brise

Présentée à la presse à Turin en novembre 1953, l'Isetta surprend par son format compact (2,29 m de long sur 1,37 m de large) et sa silhouette en œuf à vitrages arrondis (« bubble car »). Sa caractéristique la plus radicale est sa porte d'accès unique : l'intégralité de la face avant du véhicule, pare-brise et volant compris, s'ouvre vers l'extérieur pour laisser entrer les deux occupants, assis sur une seule banquette. En cas d'accident, les occupants étaient censés évacuer par le toit ouvrant en toile. Les tout premiers prototypes ne comportaient qu'une seule roue arrière, ce qui rendait le véhicule instable en virage ; la production adopte donc deux roues arrière rapprochées, suffisamment proches l'une de l'autre pour se passer de différentiel.

Une mécanique de moto

Le moteur — un monocylindre deux-temps de 236 cm³ dérivé de l'Iso Moto 200, développant environ 9,5 ch — est couplé à une boîte manuelle à quatre rapports entraînant les roues arrière par chaîne. L'Isetta met plus de 30 secondes pour atteindre 50 km/h et plafonne autour de 75-85 km/h selon les sources, pour une consommation d'environ 4 à 5,6 l/100 km. En 1954, plusieurs Isetta engagées à la Mille Miglia raflent les trois premières places du classement « économie », sur une moyenne de plus de 70 km/h maintenue sur 1 600 km — une performance notable pour un véhicule de cette catégorie.

Un succès italien limité, un tournant stratégique

Malgré cette image positive, l'Isetta peine à s'imposer commercialement en Italie face à la concurrence renouvelée de la Fiat 500 C, et la production italienne cesse dès 1955 (une poignée d'années seulement après le lancement), les sources divergeant sensiblement sur le volume exact écoulé sur le sol italien (voir Enquête chiffrée — les nombreuses divergences de production de la gamme Iso). Une version utilitaire, l'Iso Autocarro (tricycle puis quadricycle à plateau, fourgon ou benne, capable de transporter jusqu'à 500 kg), rencontre un succès plus durable sur le marché professionnel italien et continue d'être assemblée en Espagne jusqu'en 1958. Mais c'est surtout à l'export, via une politique de licences internationales, que l'Isetta va connaître son destin le plus spectaculaire (voir Les licences internationales de l'Isetta — France (VELAM), Brésil (Romi), Royaume-Uni, Argentine et L'épisode BMW : comment la licence de l'Isetta italienne a aidé à sauver BMW de la faillite (1955-1962)).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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