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§ 01 · Histoire et modèles

La Baby-Brousse — la devancière ivoirienne de la Méhari

Citroën 2CV · 1948–1990 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une réponse locale à un besoin local

Au tout début des années 1960, la Côte d'Ivoire indépendante manque cruellement de véhicules utilitaires légers, robustes et bon marché, adaptés aux besoins de sa population et de ses artisans. C'est dans ce contexte qu'à Abidjan, deux entrepreneurs français installés sur place, Letoquin et Lechanteur, propriétaires des Ateliers et Forges de l'Ébrié, conçoivent un véhicule capable de résister aux pistes africaines sans nécessiter l'infrastructure d'une usine sidérurgique lourde. Plutôt que de développer une mécanique inédite, ils s'appuient sur la base technique la plus éprouvée localement : celle de l'Ami 6 d'abord, puis de la 2CV.

Une fabrication radicalement artisanale

L'innovation industrielle de la Baby-Brousse tient tout entière dans la simplification extrême de son procédé de fabrication : une carrosserie entièrement composée de tôle pliée, assemblée sans la moindre soudure complexe. Les panneaux de métal sont simplement coupés, pliés à l'aide de machines rudimentaires, puis fixés par boulonnage. Cette méthode permet de s'affranchir des presses d'emboutissage coûteuses, indispensables à l'industrie automobile classique. Le résultat est un petit véhicule familial et utilitaire à quatre places, aux côtés ouverts pour affronter la chaleur tropicale, doté d'un pare-brise rabattable.

La production démarre en 1963. Son volume exact reste débattu : les archives officielles de Citroën ne recensent que 1 320 exemplaires assemblés à Abidjan, tandis que d'autres sources spécialisées et les registres locaux estiment la production mondiale totale à plus de 31 000 unités jusqu'à l'arrêt de la fabrication en 1979 (une autre source évoque 1987, voir la section suivante) — la voiture ayant ensuite été construite sous licence dans plusieurs pays.

Baby-Brousse et Méhari : une parenté trompeuse

La silhouette anguleuse et minimaliste de la Baby-Brousse évoque immédiatement celle de la Méhari, présentée en France en mai 1968 (voir La Citroën Méhari — le loisir en carrosserie plastique), au point qu'elle est souvent perçue à tort comme une simple copie locale tardive de la voiture de loisir européenne. La chronologie dément pourtant cette lecture : la Baby-Brousse est antérieure de cinq ans à la Méhari, ce qui en fait plutôt une devancière spirituelle qu'une imitation. La différence technique fondamentale tient au matériau de carrosserie : la Méhari officielle utilise une résine plastique ABS thermoformée et teintée dans la masse, quand la Baby-Brousse s'en tient exclusivement à l'acier plié — un choix industriel dicté par les moyens disponibles sur place plutôt que par un parti pris stylistique.

Une diffusion mondiale sous licence

Face au succès du concept, Citroën obtient une licence de distribution mondiale et intègre la Baby-Brousse à sa gamme de véhicules destinés aux marchés émergents. Le modèle sera ensuite construit, sous des noms locaux variés, dans plusieurs pays : au Portugal, en Guinée-Bissau, au Chili (sous le nom Yagán), en Grèce (sous le nom Citroën Pony), au Vietnam (sous le nom La Dalat), ainsi qu'au Sénégal et en République centrafricaine, en plus de la Côte d'Ivoire d'origine.

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Provenance de cette fiche
Site source
passionnement-citroen.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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