La Citroën Méhari — le loisir en carrosserie plastique
Présentation et philosophie
Conçue comme une voiture de loisir et de balade en famille, la Méhari repose sur le châssis-plateforme de la Dyane (voir La Citroën Dyane — la remplaçante ratée de la 2CV) et le moteur 602 cm³. Sa banquette arrière optionnelle, rabattable dans la « bassine » de coffre, permet de transformer en quelques gestes la quatre places en un utilitaire à deux places — une version quatre places facturée seulement 5 à 10 % plus cher, un écart comparable à celui pratiqué pour les versions 12 volts ou 4×4. La déclinaison à deux places concurrençait directement les fourgonnettes du segment.
Sa carrosserie, la plus originale du segment, est moulée en résine plastique (ABS thermoformé, teinté dans la masse) plutôt qu'embouties en tôle : un choix qui lui permet de reprendre sa forme initiale après un léger choc, la structure étant maintenue par un treillis tubulaire porteur. Ce parti pris la distingue nettement de sa cousine africaine, la Baby-Brousse, construite en tôle pliée sur une philosophie industrielle radicalement différente (voir La Baby-Brousse — la devancière ivoirienne de la Méhari).
Lancement et production
Le lancement officiel a lieu le 11 mai 1968 sur le golf de Deauville, en grande pompe — mais l'événement passe largement inaperçu, éclipsé par les événements de Mai 68. Correction du 13/09/2026 : les 62 tout premiers exemplaires de présérie sont fabriqués par la société S.E.A.B., à Villejuif — et non « à Bezons » comme l'indiquait une version précédente de cette fiche, une confusion avec l'E.N.A.C., à Bezons, qui assemble elle les 2 500 premiers exemplaires de série (voir le dossier dédié citroen-mehari/, fiche La genèse de la Méhari — un projet né en dehors de Citroën, pour le détail complet de cette distinction entre les deux sociétés). La production se concentre ensuite majoritairement à l'usine belge de Forest, avec des volumes complémentaires en France, en Espagne et au Portugal.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Années de construction | 1968-1987 |
| Production totale | 144 953 exemplaires |
| Moteur | bicylindre à plat 602 cm³, refroidi par air |
| Transmission | traction avant, boîte à 4 vitesses |
| Poids | 525-715 kg |
| Dimensions | 3 500 × 1 530 × 1 540 mm (L × l × h) |
La carrosserie est légèrement modifiée dès le millésime 1970. Pour 1978, la Méhari reçoit des freins à disque et une calandre démontable, ainsi qu'une direction adoucie par un volant plus petit. En 1979, la planche de bord s'équipe d'un combiné à deux cadrans emprunté à la LN, et la puissance passe de 26 à 29 ch DIN grâce à un carburateur double corps. La gamme s'enrichit en 1986 d'une finition Azur, à carrosserie blanche et bleue, avant l'arrêt de la production en 1987. Un hard-top en plastique, une capote repliable et une version pick-up étaient également proposés en option par la société ENAC.
La Méhari 4×4 (1979-1983)
Lancée le 23 mai 1979, la Méhari 4×4 se distingue par sa roue de secours en option sur le capot, des pare-chocs supplémentaires, des passages de roue élargis à partir de 1982, et des feux arrière repris de l'Acadiane. Elle dispose d'une boîte de vitesses à réducteur (4 rapports normaux et 3 réduits), lui permettant de franchir des pentes jusqu'à 60 % ; les freins arrière passent au disque. À l'époque, elle compte parmi les rares 4×4 à quatre roues indépendantes du marché. Sa production s'arrête fin juin 1983 après seulement environ 1 300 exemplaires — les pièces de sa transmission spécifique sont aujourd'hui quasiment introuvables, ce qui en fait une version particulièrement recherchée.
La Méhari sous l'uniforme
Pour assurer la transition entre la Jeep Hotchkiss vieillissante et la future Peugeot P4, l'armée française commande à partir de 1972 la Méhari à deux roues motrices, à hauteur de 7 064 exemplaires (dont 691 versions auto-école). Les modèles militaires reçoivent un circuit électrique 24 volts (12 volts pour les versions gendarmerie) afin d'alimenter la radio, avec deux batteries 12 V montées en série et un coupe-circuit — la seconde batterie prenant la place de la boîte à gants. Cette architecture électrique impose des organes spécifiques (bobine, alternateur, démarreur, ensemble des lampes), la bobine étant la seule pièce non empruntée à l'équipement des camions militaires, ce qui en fait aujourd'hui une pièce rare.
Une postérité limitée
En 2003, Citroën présente la C3 Pluriel, une découvrable directement présentée comme l'héritière spirituelle de la Méhari, mais qui ne connaîtra jamais un succès comparable. En 2010, un concept-car baptisé Lacoste reprend le principe d'une Méhari revisitée pour le XXIᵉ siècle, en hommage à la marque au crocodile.
Voir aussi
- Site source
- 2cv-legende.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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