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§ 01 · Histoire et modèles

Chronologie de la 2CV, 1964-1990 — portes normalisées, 2CV 4/6 et fin de carrière

Citroën 2CV · 1948–1990 · 5 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Suite de Chronologie de la 2CV, 1948-1963 — du Salon de Paris à l'AZAM. Cette fiche couvre la seconde partie de la carrière de la 2CV, de la normalisation des portières jusqu'à l'arrêt de production au Portugal.

1964 — le sens d'ouverture des portières s'inverse

En décembre 1964, dans un souci de mise en conformité avec la législation, le sens d'ouverture des portières avant est modifié sur tous les modèles. La version export de l'AZAM, déjà assemblée à Forest (Belgique) pour le marché allemand qui refusait les « portes suicides » ouvrant vers l'avant, avait montré la voie dès 1964 pour ce marché spécifique.

1965-1966 — vers des transmissions homocinétiques

Dès septembre 1965, les 2CV reçoivent progressivement des transmissions entièrement homocinétiques (joints à billes remplaçant les joints de cardan classiques), d'abord sur les versions AZU, AZAM et AZLP — un renforcement mécanique documenté dans Transmission, boîte de vitesses et embrayage centrifuge de la 2CV.

1967 — la Dyane, une remplaçante qui ne remplace rien

La Dyane, dérivée directe de la 2CV et destinée à en prendre le relais à moyen terme face à la concurrence de la Renault 4, est lancée en août 1967 (voir La Citroën Dyane — la remplaçante ratée de la 2CV ; corpus dédié complet : citroen-dyane/). Contre toute attente, elle ne parviendra jamais à supplanter durablement sa devancière dans le cœur du public : en 1970, la 2CV totalise encore 80 632 exemplaires produits à Levallois contre 27 478 Dyane seulement — même si la Dyane avait, à l'inverse, réellement devancé la 2CV en production totale sur 1968 et 1969, avant ce retournement (voir le détail chiffré dans Un succès réel qui n'a jamais rempli sa mission — la carrière commerciale de la Dyane).

1970 — 2CV 4 et 2CV 6

Février 1970 marque une étape technique majeure avec l'apparition simultanée de la 2CV 4 (moteur 435 cm³, 24 ch) et de la 2CV 6 (moteur 602 cm³, 26 ch, directement dérivé du bloc de l'Ami 6) — voir le détail dans Le moteur bicylindre à plat de la 2CV — architecture et évolution de 375 à 652 cm³. Les deux versions reçoivent des clignotants ronds à l'avant et de nouveaux sièges ; l'embrayage centrifuge devient disponible en option, et les ceintures de sécurité ventrales avant sont montées de série à partir d'avril. La 2CV AZL à moteur 425 cm³ quitte le catalogue.

1971 — simplifications et renforts

Le 3 mai 1971, les batteurs de suspension à inertie sont supprimés à l'arrière sur la seule 2CV 6, qui reçoit des amortisseurs Boge classiques — une étape intermédiaire avant la suppression complète du système sur l'ensemble de la gamme en 1975 (voir La suspension à interaction avant-arrière et les batteurs de la 2CV). En octobre, les transmissions sont encore renforcées (joint à billes Rzeppa côté boîte, joint à cardans double côté roue) sur toutes les versions sauf la fourgonnette AK. Le rétroviseur extérieur côté conducteur devient officiel en septembre.

1972-1973 — le pic de la production française

La production continue de croître fortement : 84 541 exemplaires pour la seule usine de Levallois en 1972. Les points d'ancrage de ceintures de sécurité arrière sont ajoutés en septembre de cette année, imposant une modification de la traverse arrière, de la plate-forme et du réservoir. En octobre, les moteurs sont dépollués (cartouche d'huile extérieure démontable, nouveaux réglages de carburateur Solex).

1974 — le tournant du premier choc pétrolier

Citroën, alors en grande difficulté financière, doit trouver un partenaire industriel. Le losange des chevrons glisse au centre de la calandre et la capote s'ouvre désormais de l'intérieur. En septembre, les phares carrés remplacent les phares ronds d'origine — un choix esthétique qui surprend et divise à l'époque, tant il rompt avec l'image installée du modèle. Paradoxalement, 1974 reste l'année du record absolu de production avec 103 671 exemplaires sortis de Levallois.

1975 — la 2CV Spécial et le choc pétrolier

En plein choc pétrolier, Citroën lance en septembre 1975 la 2CV Spécial, version dépouillée dérivée de la 2CV 4 (moteur 435 cm³, sans glace de custode jusqu'en 1978, phares ronds contrairement au reste de la gamme), très majoritairement livrée en jaune Cédrat. C'est également en septembre 1975 que les frotteurs avant sont remplacés et que les batteurs de suspension disparaissent définitivement de l'ensemble de la gamme.

1976 — la naissance de PSA

Après plus de 7 000 suppressions d'emplois entre janvier et novembre 1974, Citroën entre en septembre 1976 dans une union avec Peugeot qui donne naissance au groupe PSA Peugeot Citroën. La même année sort la première série limitée française commercialisée en série, la 2CV Spot (voir Les séries spéciales emblématiques de la 2CV — Spot, Charleston, 007, Dolly, Cocorico), inaugurant une pratique commerciale qui rythmera toute la décennie suivante.

1980-1982 — Charleston, 007 et les freins à disque

La 2CV Charleston, dévoilée en octobre 1980, connaît un succès tel qu'elle passe l'année suivante du statut de série limitée (8 000 exemplaires) à celui de modèle permanent au catalogue. La même période voit la sortie de la 2CV 007, profitant de la sortie en France du film Rien que pour vos yeux. En juillet 1981 (millésime 1982), la 2CV reçoit enfin des freins à disque à l'avant — le dernier investissement industriel lourd consenti par Citroën sur ce modèle, nécessitant la mise en place de deux canalisations de ventilation dédiées.

1983-1987 — la valse des séries limitées

De nouvelles séries se succèdent, jusqu'à la 2CV Dolly (1985) puis la 2CV Cocorico (1987, 1 000 exemplaires), dernière série limitée conçue spécifiquement pour le marché français — les séries Sauss-Ente, Bamboo et Perrier qui suivent sont réservées aux marchés belge, luxembourgeois et allemand (détail dans Les séries spéciales emblématiques de la 2CV — Spot, Charleston, 007, Dolly, Cocorico). En juillet 1987 disparaît la 2CV 6 Club, dernière version à conserver des phares rectangulaires.

1988 — l'arrêt de la production française

Rattrapée par les normes antipollution européennes et par des résultats de crash-tests jugés problématiques dès le début des années 1980, la 2CV voit sa production chuter fortement : de 163 143 exemplaires en 1974 à 54 923 en 1984. La production française cesse définitivement le 29 février 1988 à l'usine de Levallois-Perret (voir L'usine Citroën de Levallois-Perret, berceau de la 2CV pour le récit détaillé de cette dernière journée), tandis que l'assemblage se poursuit au Portugal.

1990 — la dernière 2CV

La production s'arrête finalement le 27 juillet 1990 à l'usine portugaise de Mangualde (voir La dernière 2CV — Mangualde, 27 juillet 1990). Au terme de 42 années de carrière, le total mondial dépasse 5 millions d'exemplaires de 2CV et dérivés directs, dont environ 3,8 millions de berlines proprement dites.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
2cv-legende.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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