La fin de la SM — faillite de Citroën, rachat par Peugeot et vente de Maserati à De Tomaso
Un gouffre financier bien réel, mais rarement chiffré isolément
La SM ne représente jamais, à elle seule, la cause de la quasi-faillite de Citroën en 1974 — celle-ci tient d'abord à l'échec commercial du moteur rotatif Wankel (GS Birotor) et aux coûts de développement cumulés de la GS et de la future CX, comme le documente déjà ce corpus du côté de citroen-traction-avant/ (voir 1955-1967 — de la prise de participation à l'arrêt des automobiles Panhard). La SM y contribue cependant à sa mesure, et de façon spécifique : son développement a nécessité l'acquisition complète de Maserati (voir Le rachat de Maserati par Citroën en 1968 — la pièce manquante du puzzle), un investissement industriel lourd pour un modèle dont la production ne dépassera jamais 12 920 exemplaires en cinq ans (voir Chronologie et production de la SM (1970-1975) — 12 920 exemplaires, un basculement rapide) et dont les ventes s'effondrent dès 1973 — passant de plus de 4 000 exemplaires en 1972 à seulement 115 en 1975. Le moteur Maserati, coûteux à produire et à entretenir, pèse par ailleurs structurellement sur les marges du modèle bien plus qu'un moteur maison ne l'aurait fait.
1974 : Michelin cède le contrôle à Peugeot
Dans un contexte de finances déjà fragilisées depuis le début de la décennie (voir Genèse de la SM — du Projet S de 1961 à l'échec coûteux du Projet F), la crise s'aggrave brutalement avec le premier choc pétrolier de l'automne 1973 et l'apparition, en France, des premières limitations de vitesse : une grande GT consommant entre 12 et 18 L/100 km devient du jour au lendemain un choix difficile à assumer publiquement. Michelin, actionnaire de contrôle de Citroën depuis 1935, cède fin 1974 une part majoritaire du capital à Peugeot, qui montera à près de 90 % en 1976 — c'est la naissance officielle du groupe PSA (Peugeot-Citroën). La nouvelle direction, soucieuse de rentabilité immédiate, met un terme sans délai aux projets jugés non rentables : la production de la SM s'arrête après seulement 115 exemplaires assemblés en 1975.
Mai 1975 : Maserati quitte le giron Citroën
Conséquence directe et immédiate de ce changement d'actionnaire, Citroën revend Maserati au constructeur italien De Tomaso en mai 1975 — clôturant sept années d'aventure commune commencées par le rachat de 1968 (voir Le rachat de Maserati par Citroën en 1968 — la pièce manquante du puzzle). Sans accès garanti au moteur qui la définissait, la SM n'a alors plus aucun avenir industriel possible.
Un choix stratégique clair : le PRV plutôt que le Maserati
Peugeot dispose au même moment d'un moteur V6 de conception très récente, le V6 PRV (Peugeot-Renault-Volvo), certes moins performant et plus gourmand que le V6 Maserati, mais nettement plus fiable et surtout produit en interne dans le cadre d'un consortium européen. La nouvelle direction du groupe consacre ses ambitions de haut de gamme français à la Peugeot 604, motorisée par ce V6 PRV, et enterre au passage un projet parallèle de CX haut de gamme qui devait initialement recevoir, elle aussi, une motorisation Maserati. La SM ne sera jamais remplacée dans la gamme Citroën : aucune version 4 portes sur châssis non rallongé ne verra officiellement le jour, malgré une tentative isolée du préparateur Georges Regembeau (voir Georges Regembeau, « le sorcier » — fiabiliser et surpuissanter le moteur Maserati).
Voir aussi
- Le rachat de Maserati par Citroën en 1968 — la pièce manquante du puzzle · Genèse de la SM — du Projet S de 1961 à l'échec coûteux du Projet F · Chronologie et production de la SM (1970-1975) — 12 920 exemplaires, un basculement rapide · La cote de la SM aujourd'hui — une rareté qui a fait grimper les prix
- Site source
- fr.wikipedia.org ; passionnement-citroen.com (Jérémy K.)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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