Les Abarth 595 et 695 — le sorcier de Turin s'attaque à la petite 500
Carlo Abarth, un préparateur lié au destin de Fiat
Né Karl Abarth à Vienne en 1908, Carlo Abarth fonde Abarth & C. en 1949 à Turin avec Guido Scagliarini. Son emblème, le scorpion, correspond à son signe astrologique et résume sa philosophie : de petites créatures à la piqûre redoutable. Sa maison lie très largement son destin à celui de Fiat, dont elle prépare presque tous les modèles populaires.
Une préparation immédiate dès 1957-1958
Dès l'été 1957, la Nuova 500 « pot de yaourt » — bicylindre en ligne refroidi par air de 479 cm³, réputé pour ses vibrations au ralenti — attire l'attention d'Abarth, qui élimine rapidement les défauts « bourgeois » du petit moteur grâce à des pistons, bielles et vilebrequins spéciaux, des arbres à cames modifiés et des échappements maison. La toute première 500 transformée par Abarth apparaît en 1958 : avec 19 ch obtenus par un arbre à cames reprofilé, un carburateur modifié et un carter spécifique, elle est engagée dans une série de records d'endurance sur l'autodrome de Monza — voir Les 500 Abarth des records — sept jours sur l'anneau de vitesse de Monza. Jusqu'en 1963, Abarth ne commercialise que des kits de préparation (« cassette di trasformazione ») permettant aux propriétaires de transformer eux-mêmes leur 500, sans proposer de modèle complet en concession.
La 595 (novembre 1963)
La première Abarth complète dérivée de la 500, vendue en concession, est présentée en novembre 1963 au Salon de Turin : la 595, homologuée pour courir dans la catégorie des moins de 600 cm³, au minimum réglementaire de mille exemplaires produits. Comme pour la 600, Abarth augmente la cylindrée par réalésage, à 594 cm³ — d'où son appellation « 595 ». Avec 27 ch à 5 000 tr/min, la puissance reste modeste mais la voiture atteint tout de même 120 km/h. Extérieurement, seuls le logo frontal et quelques inscriptions permettent de l'identifier. Selon clubfiat500storiche.it, Abarth reçoit de Fiat des voitures incomplètes sur lesquelles sont montées les pièces spéciales maison : tableau de bord spécifique (tachymètre, compte-tours, indicateurs de niveau d'essence et de température d'huile), volant à trois branches, carburateur Solex C 28 PBJ sur logement en aluminium dédié, carter d'huile en aluminium, système d'admission et d'échappement propre. Le hayon arrière fermant le compartiment moteur est surélevé par des cales pour améliorer le refroidissement.
La 595 SS (1964)
En 1964, la 595 SS porte la puissance à 32 ch, pour 130 km/h. Elle reçoit un surtoit profilé (présenté comme un aileron aérodynamique, mais destiné surtout à rigidifier une caisse fragilisée par sa capote en toile) et de nombreuses options : roues en alliage, tableau de bord à quatre cadrans, volant Abarth en aluminium à jante gainée de cuir. À partir de 1965, elle bénéficie comme la 500 de série de l'inversion du sens d'ouverture des portières. Une version Assetto Corsa, réservée à la compétition, reçoit des élargisseurs d'ailes en résine rapportés permettant de monter des roues à voile large ; en 1970, elle reçoit une livrée plus voyante (élargisseurs, bas de caisse et une partie de la face avant peints en rouge).
La 695 et la 695 SS (1964)
Présentée au Salon de Genève de mars 1964, la 695 est jugée par Motorlegend comme la version routière la plus équilibrée des Abarth dérivées de la 500. Puissance (30 ch) et vitesse de pointe (130 km/h) sont proches de celles de la 595 SS, mais son moteur de 689 cm³ aux cotes super-carrées (76 × 76 mm) se veut moins pointu à l'usage. Elle est aussitôt accompagnée d'une version plus poussée, la 695 SS, en tête de gamme : 38 ch à 5 200 tr/min (compression relevée à 9,8:1, carburateur Solex 34), pour plus de 135 km/h. Elle peut recevoir le même surtoit profilé que la 595 SS. Une version Assetto Corsa, mécaniquement identique mais reconnaissable à ses ailes élargies, la complète — remplacée en 1969 par la 695 SS Competizione.
Un succès sportif et collectionné
Les 595 et 695 apportent à Abarth d'innombrables succès en compétition dans les catégories 600 et 700 cm³. Elles restent aujourd'hui très recherchées par les amateurs de « puces » nerveuses et agiles.
Voir aussi
- Les 500 Abarth des records — sept jours sur l'anneau de vitesse de Monza · Giannini — le grand rival romain d'Abarth · Les carburateurs Weber — un modèle différent par série · La 500 D (1960-1965) — l'unification de la gamme · La 500 F (1965-1972) — la révolution des portières et la version la plus produite
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- motorlegend.com
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- Motorlegend.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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