L'Isuzu Florian (1967-1983) : la berline sœur du coupé 117, elle aussi née chez Ghia
Un seul programme de développement, deux destins stylistiques
Peu de sources rappellent ce fait pourtant central : le coupé 117 n'est que l'un des trois volets d'un même programme de développement interne, baptisé « Project 117 », censé produire simultanément une berline, un break et un coupé sur un châssis à propulsion entièrement partagé. Selon Wikipédia, la berline fut d'ailleurs présentée, elle aussi, sous les traits d'un dessin réalisé par la Carrozzeria Ghia — sous le nom de « Ghia Isuzu 117 Sedan » — lors du Salon de Tokyo 1966, au même moment que le prototype du coupé (voir Genèse du coupé 117 (1966-1968) : Giorgetto Giugiaro, la Carrozzeria Ghia et le premier vrai coup d'éclat stylistique d'Isuzu). Seul le coupé conservera à la production le nom de code « 117 » ; la berline et le break, lancés en novembre 1967, prendront le nom commercial de Florian, tout en partageant l'intégralité du châssis, de la direction à billes recirculantes, et d'une bonne partie de la mécanique avec leur cousin plus glamour.
Une existence commerciale plus modeste que celle du coupé
Contrairement au 117 Coupé, pensé comme vitrine stylistique volontairement rare, la Florian se positionne sur le segment intermédiaire très disputé de la berline japonaise, aux côtés de la Toyota Mark II, la Mazda Luce et la Nissan Laurel. Sa carrosserie ne connaîtra que deux restylages modérés en quinze ans de carrière (octobre 1970 puis novembre 1977, ce dernier donnant naissance à la Florian SII), un immobilisme stylistique qui contraste avec l'évolution plus dynamique du coupé. Motorisée à l'origine par une version détunée du moteur qui équipe la Bellett la plus abordable (1,6 l à soupapes en tête, 84 ch), la Florian reçoit ensuite un 1,8 l, puis à partir de 1977 une option diesel — offrant un temps un avantage commercial sur ses rivales, vite comblé par l'arrivée de versions diesel concurrentes chez Nissan, Mazda et Toyota en 1978-1979.
Une version sportive, la 1600 TS (« Touring Sports », mars 1969), reprend le moteur bicarburateur de la Bellett GT (voir La Bellett GT (1964) : la première voiture japonaise à porter le nom « GT »). Le tableau de bord de la Florian, avec ses deux cadrans ovales symétriques garnis de similibois, restera l'une des signatures esthétiques du modèle jusqu'en mars 1980, date à laquelle il est remplacé par la planche de bord alors en usage sur le coupé 117 lui-même.
Une carrière commerciale limitée, un dérivé utilitaire bien plus exporté
Sur ses quinze années de carrière (novembre 1967 - octobre 1982, avec un écoulement des stocks jusqu'en avril 1983), la Florian ne totalise que 145 836 berlines et 42 625 breaks — un volume modeste, la Florian n'étant vendue que sur un nombre restreint de marchés, les produits Isuzu destinés à la voiture particulière n'empruntant pas, pour l'essentiel, les canaux de distribution de General Motors (voir 1971-2006 : trente-cinq ans dans l'orbite de General Motors). Son dérivé utilitaire, en revanche — le pick-up Isuzu Faster, qui partage ses portes arrière avec la version double-cabine de la Florian break —, connaît une diffusion mondiale considérablement plus large sous de multiples badges : Chevrolet LUV en Amérique du Nord, Bedford KB en Europe, Holden Rodeo (puis à nouveau Chevrolet LUV) en Australie.
La Florian est remplacée en 1983 par l'Isuzu Aska (un temps commercialisée sous le nom transitoire « Florian Aska »).
Une étymologie inattendue : ni un saint, ni un prénom
Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, la Florian n'est pas nommée d'après saint Florian, mais d'après Florian, l'étalon Lipizzan blanc fictif appartenant à l'empereur d'Autriche, personnage central du roman Florian, l'étalon de l'empereur (1934) de Felix Salten — l'auteur, par ailleurs, de Bambi — adapté au cinéma dès 1940. C'est cette origine équestre qui explique le blason en forme de tête de cheval cabré adopté par la Florian SII à partir de 1977.
Voir aussi
- Genèse du coupé 117 (1966-1968) : Giorgetto Giugiaro, la Carrozzeria Ghia et le premier vrai coup d'éclat stylistique d'Isuzu · La Bellett GT (1964) : la première voiture japonaise à porter le nom « GT »
- Une seule plateforme, cinq usages : Bellett B, Express, Wasp et les variantes de carrosserie · 1971-2006 : trente-cinq ans dans l'orbite de General Motors
- Site source
- en.wikipedia.org ; below-the-radar.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Isuzu_Florian ↗
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