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§ 01 · Histoire et modèles

La Piazza (1981) : quand Giugiaro succède à Giugiaro à la tête de la gamme sportive d'Isuzu

Isuzu Bellett / 117 Coupé · 1963–1973 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un client historique qui revient vers son designer d'origine

Douze ans après avoir confié le dessin du coupé 117 à Giorgetto Giugiaro alors employé chez Ghia (voir Genèse du coupé 117 (1966-1968) : Giorgetto Giugiaro, la Carrozzeria Ghia et le premier vrai coup d'éclat stylistique d'Isuzu), Isuzu revient vers le même designer — devenu entre-temps le patron de son propre studio, Italdesign — pour dessiner le successeur du 117 Coupé. En 1978, Isuzu commande à Giugiaro une nouvelle voiture sportive et lui livre, pour base mécanique de travail, plusieurs exemplaires de la Chevrolet T-Series (la Chevette sud-américaine, développée en 1973), en lui laissant une liberté de style quasi totale.

De l'« As de trèfle » au coupé de série, en 48 heures

Le résultat de ce travail est un concept-car en forme de coin, un hayon trois portes baptisé Asso di Fiori (« As de trèfle »), présenté au Salon de Tokyo 1979 sous les acclamations de la presse spécialisée. Giugiaro lui-même le décrira plus tard comme sa cinquième « révolution copernicienne » stylistique, intégrant en une seule voiture productible en série les innovations de plusieurs de ses recherches précédentes. Moins de 48 heures après sa présentation, Isuzu décide de le mettre en production avec un minimum de modifications — au point de conserver jusqu'à des détails aussi singuliers que l'essuie-glace mono-balai ou la commande de réglage du volant intégrée, qui déplace également le bloc d'instrumentation (une solution que l'on retrouvera plus tard, presque à l'identique, sur la Ford Probe américaine).

Une carrière internationale sous plusieurs noms

Assemblée à partir de septembre 1980 à l'usine de Fujisawa, la première Piazza (JR120/130) est proposée avec un moteur 2,0 l à simple arbre à cames directement hérité du coupé 117, puis avec une version double arbre à cames plus puissante ; une version turbocompressée arrive en avril 1984. Commercialisée sous le nom Isuzu Impulse en Amérique du Nord (à partir de 1983) et Holden Piazza en Australie, la voiture connaît des fortunes commerciales très inégales selon les marchés : au Royaume-Uni, où elle constitue en 1985 la toute première Isuzu vendue sous son propre nom dans le pays, un accord tacite limitant les importations japonaises à 11 % du marché la cantonne à seulement 600 exemplaires la première année ; le premier importateur britannique, Isuzu GB, fait faillite dès 1986. Aux États-Unis, la suspension de la Piazza/Impulse est retravaillée par Lotus à partir de 1988 (chaîne de développement « Handling by Lotus »), une collaboration qui améliore significativement sa réputation routière sans jamais renoncer à l'essieu arrière rigide jugé dépassé par la presse britannique de l'époque.

Une rareté aujourd'hui presque totale

Selon Wikipédia, seuls 2 300 exemplaires d'Impulse restaient immatriculés en Amérique du Nord en 2010 — une rareté qui, ajoutée à celle du coupé 117 qu'elle a remplacé, illustre la faible empreinte durable laissée par la gamme sportive haut de gamme d'Isuzu sur le marché nord-américain, malgré la qualité de son dessin. La seconde génération de Piazza (à traction avant ou transmission intégrale) sera commercialisée sous des noms différents selon les marchés, dont la Geo Storm aux États-Unis, avant la fin de la carrière du modèle en 1993 — dans un contexte de retrait progressif d'Isuzu de la voiture particulière (voir De la voiture particulière au seul poids lourd : le retrait progressif d'Isuzu (1992-2009)).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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