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§ 12 · Culture documentation

Les autres pilotes de la Lancia Delta en rallye mondial — Alén, Saby, Cerrato, Loubet, Aghini, Sainz et le cas Röhrl

Lancia Delta HF Integrale · depuis 1979 · 7 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Les six titres constructeurs consécutifs de Lancia (voir Les six titres constructeurs consécutifs WRC de la Lancia Delta (1987-1992)) reposent sur un effectif large plutôt que sur les seuls trois champions du monde de la période (Kankkunen, Biasion, Auriol — voir leurs fiches dédiées). Cette fiche rassemble les autres pilotes ayant marqué l'histoire compétition de la Delta, ainsi qu'une clarification nécessaire sur un nom fréquemment associé à tort à la voiture : celui de Walter Röhrl.

Markku Alén — le pilier finlandais de la transition groupe B / groupe A, et onze jours de titre mondial

Né le 15 février 1951 à Helsinki, Markku Alén débute en rallye dès 1969 sur une Renault 8 Gordini et s'impose rapidement comme l'un des pilotes les plus rapides de sa génération : champion du monde 1978 (dernière année de la « Coupe FIA », l'ancêtre du titre pilotes moderne) sur Fiat 131 Abarth, il détient longtemps le record du nombre de meilleurs temps de scratch en championnat du monde (801 scratches), record qui ne sera battu qu'en 2011 par Sébastien Loeb. Alén rejoint Lancia en 1982 après le retrait de Fiat du championnat du monde, et contribue au titre constructeurs 1983 sur la Rally 037 (deux victoires, Tour de Corse et Sanremo, troisième au classement pilotes).

Une anecdote reste attachée à sa saison 1986 sur Delta S4 : à la suite d'une exclusion prononcée contre son rival Timo Salonen (Peugeot) sur le Rallye Sanremo, Alén se retrouve déclaré champion du monde des pilotes 1986 — un titre qu'il conserve onze jours, le temps que Peugeot obtienne gain de cause en appel et que l'exclusion soit annulée, restituant le titre à Salonen. Cet épisode, rarement documenté ailleurs que dans les récapitulatifs spécialisés du palmarès Lancia, illustre à quel point la marge entre gloire et déception pouvait être ténue dans le rallye des années 1980.

Alén fait partie du trio qui inaugure la Delta HF 4WD en 1987 (voir Saison WRC 1987 — la Delta HF 4WD et le premier titre groupe A de Lancia), où il signe un triplé de victoires (Portugal, Acropole, 1000 Lacs) qui en fait un temps le favori du titre avant une série de sorties de route décisive au RAC Rally final. Sur le Rallye des 1000 Lacs — son épreuve nationale — il compte six victoires en carrière, dont la cinquième en 1987 sur Delta groupe A. En 1988, toujours chez Lancia, il termine deuxième du championnat avec trois victoires dont un premier succès au RAC Rally britannique — qui restera sa dernière victoire en championnat du monde. Il quitte ensuite Lancia pour Toyota, marque avec laquelle il termine sa carrière WRC en 1992. Au total, Alén se classe deuxième pilote le plus victorieux de l'histoire de Lancia toutes générations confondues (11 victoires, Stratos à Integrale inclus), juste derrière Miki Biasion.

Bruno Saby — la victoire référence du Monte-Carlo 1988

Le Français Bruno Saby rejoint Lancia après le retrait de son ancien employeur Peugeot du championnat du monde consécutif à l'interdiction du groupe B, et fait partie de l'effectif Martini Lancia dès la saison 1987 sur Delta S4 puis sur Delta HF 4WD et Integrale, principalement engagé sur les épreuves sur bitume (Monte-Carlo, Corse, Sanremo). Sa performance la plus marquante reste sa victoire au Rallye Monte-Carlo 1988, obtenue avec près de onze minutes d'avance sur son plus proche poursuivant (Alessandro Fiorio, sur une Delta HF 4WD engagée par le Jolly Club) — l'un des écarts les plus larges jamais enregistrés sur cette épreuve à cette époque. Il fait notamment partie, en 1989, du trio Biasion-Alén-Saby qui verrouille le titre constructeurs dès les six premières manches de la saison (voir Saisons WRC 1988-1989 — l'arrivée de l'Integrale et le doublé mondial de Miki Biasion), et reste fidèle à la marque jusqu'à la fin de la saison 1991 (encore trois podiums mondiaux à la clé), avant de lever le pied en compétition internationale.

Dario Cerrato — la régularité italienne

Pilote italien né le 2 septembre 1951, Dario Cerrato dispute l'essentiel de sa carrière mondiale sur Lancia, d'abord sur Delta S4 (2e au Rallye Sanremo 1986, dans les tout derniers mois du groupe B), puis sur Delta Integrale (3e à Sanremo en 1988 et de nouveau en 1991). Sans jamais s'imposer au niveau mondial, il compile cinq titres de champion d'Italie des rallyes, signe d'une carrière construite davantage sur la régularité et la connaissance du championnat national que sur la quête de victoires mondiales.

Yves Loubet — le titre européen 1989 et le Tour de Corse

Le Français Yves Loubet atteint le sommet de sa carrière en 1989 en remportant le championnat d'Europe des rallyes (ERC) au volant d'une Lancia Delta HF Integrale, avec quatre victoires sur la saison. Pilote de terre et de bitume mixte à l'aise sur les routes sinueuses de son île natale, il se classe à deux reprises 2e du Tour de Corse (1987 et 1988) sur Delta HF 4WD pour l'écurie Martini Lancia, après une 3e place obtenue en 1986 sur Alfa Romeo GTV6.

Andrea Aghini — l'unique victoire mondiale, à domicile

Pilote italien engagé par Martini Lancia en 1992, dans la dernière configuration de l'écurie officielle (voir La fin de l'aventure rallye officielle de Lancia (1991-1993) — retrait, transition et aftermath), Andrea Aghini décroche à cette occasion sa seule victoire en championnat du monde, à l'occasion du Rallye Sanremo disputé sur ses terres — devançant Juha Kankkunen et François Delecour.

Quelques vainqueurs ponctuels marquants

Plusieurs pilotes n'ayant remporté qu'une seule manche mondiale au volant d'une Delta méritent néanmoins une mention pour leur portée symbolique. L'Argentin Jorge Recalde reste à ce jour l'unique vainqueur mondial de l'histoire de son pays : sa victoire à domicile au Rallye Argentine 1988, obtenue après un long duel avec Miki Biasion finalement ralenti par un problème électrique, déclenche une liesse populaire dont les récits d'époque se font largement l'écho — d'autant que Lancia réalise ce jour-là un triplé, la troisième place revenant à l'Autrichien Franz Wittmann Sr, auteur l'année précédente de l'unique victoire mondiale de sa propre carrière en Nouvelle-Zélande sur Delta HF 4WD. Autre note plus mélancolique : le Suédois Björn Waldegård, premier champion du monde des pilotes de l'histoire (1979) et vainqueur à trois reprises sur Stratos dans les années 1970, boucle sa carrière en championnat du monde par un ultime engagement ponctuel en 1992 sur une Delta Integrale — course qui se termine par un spectaculaire incendie du véhicule, clôturant sur une note dramatique près de vingt ans de présence du pilote suédois au sommet du rallye mondial.

Carlos Sainz — un bref épisode Delta en fin de vie de la voiture (1993)

Bien que principalement associé à Toyota (champion du monde 1990 et 1992) puis à Subaru et Ford, l'Espagnol Carlos Sainz a bien piloté une Lancia Delta HF Integrale en compétition : après quatre saisons et deux titres mondiaux chez Toyota, Sainz et son copilote Luis Moya rejoignent en 1993 le Jolly Club, qui aligne une Delta Integrale sous une nouvelle livrée Repsol. Sainz remporte notamment sur cette voiture une victoire sur ses terres natales lors du Rallye Ciudad de Oviedo. Cet épisode, tardif et hors du cadre de l'écurie officielle Martini Lancia, illustre la longévité compétitive de la Delta groupe A même après le retrait du programme usine.

Le cas Walter Röhrl : une association fréquente mais historiquement inexacte avec la Delta

Walter Röhrl, double champion du monde (1980, 1982) et l'un des pilotes les plus titrés de l'histoire du rallye, est fréquemment cité parmi les grands noms associés à Lancia — à juste titre pour la période 1983, où il termine vice-champion du monde avec trois victoires au volant de la Lancia Rally 037, la devancière directe de la Delta en compétition. Les sources consultées pour cette fiche indiquent cependant unanimement qu'il n'a pas piloté la Delta S4 ni aucune version de la Delta groupe A : dès la saison 1984, Röhrl rejoint Audi, où il pilote successivement les Quattro A2, Quattro S1 puis 200 Quattro, avant de terminer sa carrière rallye chez Audi puis de se consacrer à la course de côte et aux records (Pikes Peak notamment). Sa légende reste donc pleinement rattachée à l'histoire du rallye Lancia au sens large et à la 037 en particulier, mais pas directement à la Delta qui fait l'objet du présent corpus — une nuance qu'il convient de ne pas gommer malgré la tentation de rattacher tous les grands noms du rallye italien des années 1980 à la voiture la plus titrée de la période.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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