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§ 11 · Compétition

La Stratos turbo Groupe 5 — les silhouettes d'endurance face aux Porsche 935

Lancia Stratos HF · 1973–1978 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Au moment même où l'usine se détourne du rallye, Lancia explore une toute dernière piste pour la Stratos : l'endurance sur circuit, avec une version « silhouette » de Groupe 5 poussée jusqu'à 560 chevaux.

Deux exemplaires seulement, une puissance démesurée

Lorsque le groupe Fiat réoriente son effort officiel vers la Fiat 131 Abarth (voir 1977-1978 — le retrait progressif de l'usine au profit de la Fiat 131 Abarth), Lancia construit en parallèle deux Stratos de Groupe 5, catégorie « silhouette » nettement plus permissive que le Groupe 4 sur le plan de la préparation. Le moteur et l'aérodynamique de ces deux exemplaires sont entièrement repensés par l'ingénieur Nicola Materazzi (voir Mike Parkes et Nicola Materazzi — les ingénieurs qui ont fait gagner la Stratos), qui met à profit toute l'expérience acquise sur la version rallye. Le V6 Dino, suralimenté par un turbocompresseur KKK et alimenté par une injection mécanique Kugelfischer développée par le préparateur Carlo Facetti, délivre jusqu'à 560 ch (voir Le V6 Dino de la Stratos — architecture et évolution de la puissance (190 à 560 ch)).

Battues par les Porsche 935, mais pas sans succès

Sur les circuits fermés, ces Stratos turbo se heurtent à la suprématie des Porsche 935 et n'y remportent jamais de victoire d'ensemble. Elles se montrent en revanche redoutables sur des épreuves hybrides, mi-routières mi-circuit, à commencer par le Tour de France automobile — épreuve que la Stratos, toutes versions confondues, remporte à cinq reprises entre 1973 et 1980, un record pour cette compétition — et le Giro d'Italia automobilistico, son équivalent italien, gagné en 1974, 1976 et 1978.

Un accident spectaculaire à Zeltweg

L'un des deux exemplaires de Groupe 5 est détruit par un incendie sur le circuit autrichien de Zeltweg, à la suite d'un problème de surchauffe — un épisode qui réduit d'autant le nombre de ces silhouettes extrêmes encore existantes aujourd'hui.

Une apparition remarquée aux 24 Heures du Mans

En 1976, une Stratos aligne un équipage entièrement féminin aux 24 Heures du Mans : Christine Dacremont et Lella Lombardi (pilote italienne également passée par la Formule 1) terminent 20ᵉs au classement général et 2ᵉs de la catégorie GTP — un résultat suffisamment solide pour rester, aujourd'hui encore, l'une des incursions les plus citées de la Stratos dans le monde de l'endurance pure.

De Chivasso au Japon, puis à la plus grande collection privée au monde

Le second exemplaire de Groupe 5 poursuit sa carrière en remportant une nouvelle fois le Giro d'Italia, avant d'être expédié au Japon pour disputer la série Formula Silhouette du circuit de Fuji Speedway — compétition à laquelle elle ne participera finalement jamais. Revendue ensuite, la voiture rejoint la collection Matsuda avant d'être acquise par le collectionneur autrichien Ernst Hrabalek, qui réunit alors la plus importante collection privée de Stratos au monde — onze exemplaires uniques, incluant le prototype rouge fluorescent de 1971 (voir Le prototype Stratos HF de 1971 et ses trois moteurs d'essai) et une voiture ayant disputé le Safari Rally 1977.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org + fr.wikipedia.org + it.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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