La KPGC110 « Kenmeri » — 197 exemplaires et trois mois de carrière commerciale
Aucune autre génération de GT-R n'a eu une carrière commerciale aussi brève que la KPGC110 : lancée en janvier 1973, elle disparaît des catalogues fin avril de la même année, faute de pouvoir continuer à exister dans un contexte réglementaire devenu, en quelques mois, radicalement défavorable.
Une base élargie, un réservoir amputé de moitié
La KPGC110 reprend la carrosserie du coupé hardtop 2000GT de la quatrième génération Skyline (C110, celle-là même qui donne son surnom « Kenmeri » à toute la gamme, voir Hakosuka, Kenmeri, Godzilla — l'étymologie des surnoms qui ont remplacé les codes internes). Par rapport à cette base GT, la GT-R se distingue par une calandre spécifique, des extensions d'ailes avant et arrière, un aileron arrière, et — contrairement à la génération précédente — un autoradio désormais livré de série. Le moteur S20, inchangé dans son architecture depuis la KPGC10, continue d'équiper la voiture, mais un choix technique de conception interpelle : la capacité du réservoir de carburant chute de 100 à 55 litres, une réduction de près de moitié qui ampute significativement l'autonomie routière de la voiture. Côté trains roulants, un stabilisateur arrière fait son apparition et les quatre roues reçoivent désormais un freinage à disque, assisté par un maître-cylindre de 6 pouces. La caisse s'agrandit sensiblement (+130 mm en longueur, +30 mm en largeur, +40 mm d'empattement par rapport au modèle GT) et gagne, pour la première fois sur cette lignée, des extensions d'ailes boulonnées — l'ensemble de ces ajouts alourdit la voiture de 45 kg. Un détail esthétique mineur en apparence marque en réalité durablement l'identité visuelle de toute la lignée : les quatre feux arrière ronds font ici leur toute première apparition sur une GT-R, un motif repris sur chacune des générations suivantes jusqu'à la R35.
Un moteur incompatible avec les nouvelles normes
La raison de l'arrêt précipité de la production tient en une phrase : le S20 ne peut pas être rendu conforme aux normes antipollution japonaises de l'année Showa 48 (1973), plus sévères que celles en vigueur lors de la conception du moteur à la fin des années 1960 (voir 1973, l'année où deux crises distinctes se sont conjuguées contre la GT-R). Nissan choisit d'arrêter net plutôt que d'engager un nouveau cycle de développement moteur pour une voiture de niche déjà en fin de carrière commerciale. La production s'arrête ainsi moins de quatre mois après son lancement.
197 exemplaires produits, mais seulement 195 vendus
Le total de production s'élève à 197 exemplaires, mais Wikipédia en japonais précise une nuance rarement relayée dans les sources anglophones : seuls 195 d'entre eux ont réellement été vendus à des clients, les deux exemplaires restants n'ayant pas trouvé preneur dans le commerce classique — une distinction entre « produit » et « vendu » qui explique pourquoi certaines sources anglophones évoquent parfois un chiffre de 195 plutôt que 197 sans que cela constitue une contradiction factuelle. Le prix de vente à Tokyo, accessoires compris, s'élevait à 1,63 million de yens.
Une voiture de course qui n'a jamais couru
Contrairement à toutes les autres générations de GT-R, la KPGC110 n'a jamais été engagée dans une compétition majeure. Une version course a bien été présentée sous forme de concept au Salon de Tokyo de 1972, mais elle n'a jamais dépassé le stade de la démonstration — un exemplaire de ce concept est aujourd'hui conservé dans les réserves patrimoniales de Nissan à Zama. Cette absence totale de palmarès sportif, conjuguée à sa rareté, vaut à la KPGC110 le surnom informel de « GT-R fantôme » dans certaines sources.
La fin d'une lignée pour seize ans
Avec l'arrêt de la KPGC110, le badge GT-R disparaît intégralement des catalogues Nissan. Il ne réapparaîtra qu'en 1989 avec la R32 — mais l'absence du seul badge « GT-R » ne signifie pas un abandon total de la haute performance dans la gamme Skyline pendant ces seize années (voir Seize ans sans badge GT-R, mais pas seize ans sans Skyline sportive).
Voir aussi
- 1973, l'année où deux crises distinctes se sont conjuguées contre la GT-R · Hakosuka, Kenmeri, Godzilla — l'étymologie des surnoms qui ont remplacé les codes internes · PGC10 puis KPGC10 — la première Skyline GT-R, de la berline au coupé « Hakosuka » · Seize ans sans badge GT-R, mais pas seize ans sans Skyline sportive · Le moteur S20 — premier quatre-soupapes par cylindre produit en série au Japon
- Site source
- ja.wikipedia.org, en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://ja.wikipedia.org/wiki/日産・スカイラインGT-R ↗
- PGC10 puis KPGC10 — la première Skyline GT-R, de la berline au coupé « Hakosuka »Nissan Skyline GT-R · Histoire et modèles
- Seize ans sans badge GT-R, mais pas seize ans sans Skyline sportiveNissan Skyline GT-R · Histoire et modèles
- Le moteur S20 — premier quatre-soupapes par cylindre produit en série au JaponNissan Skyline GT-R · Moteur
- 1973, l'année où deux crises distinctes se sont conjuguées contre la GT-RNissan Skyline GT-R · Histoire et modèles
- Hakosuka, Kenmeri, Godzilla — l'étymologie des surnoms qui ont remplacé les codes internesNissan Skyline GT-R · Histoire et modèles
- La Skyline GT-R — vue d'ensemble d'une lignée en deux actes séparés par seize ansNissan Skyline GT-R
- D'un demi-million à plus d'un million de dollars en deux ans — l'envolée des enchères GT-RNissan Skyline GT-R
- PGC10 puis KPGC10 — la première Skyline GT-R, de la berline au coupé « Hakosuka »Nissan Skyline GT-R
- Seize ans sans badge GT-R, mais pas seize ans sans Skyline sportiveNissan Skyline GT-R
- 1973, l'année où deux crises distinctes se sont conjuguées contre la GT-RNissan Skyline GT-R
- Hakosuka, Kenmeri, Godzilla — l'étymologie des surnoms qui ont remplacé les codes internesNissan Skyline GT-R