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§ 01 · Histoire et modèles

La R34 (1999-2002) — la dernière Skyline GT-R, rétrécie volontairement après les critiques sur la R33

Nissan Skyline GT-R · 5 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Mise en vente le 8 janvier 1999 sous le slogan « des ailes pour l'homme » (人に翼を), la R34 est conçue comme une réponse directe à un reproche récurrent adressé à sa devancière : la R33 avait été jugée trop volumineuse par une partie de la clientèle. Elle sera aussi, sans que personne ne le sache encore au moment de son lancement, la dernière génération à porter à la fois les noms Skyline et GT-R réunis.

Un cahier des charges construit autour d'un seul mot : rétrécir

L'empattement recule de 55 mm et la longueur totale de 75 mm par rapport à la R33, avec un repositionnement des essieux qui améliore la répartition des masses à environ 55/45 entre l'avant et l'arrière. Nissan développe pour l'occasion un nouvel outil de simulation numérique de rigidité dynamique, baptisé MRS (Multi-load Road Simulator), qui permet d'annoncer des gains mesurés de 56 % en rigidité torsionnelle dynamique et de 100 % en rigidité en flexion dynamique par rapport à la génération précédente. Sur le plan aérodynamique, la R34 introduit ce que Nissan présente comme le premier « Advanced Aero System » de série : un diffuseur de grande taille recouvrant l'intégralité du dessous de caisse, à l'avant comme à l'arrière. Le dessin extérieur se fait plus anguleux, avec des phares plus effilés et une nouvelle interprétation des quatre feux arrière ronds — désormais composés d'un cercle intérieur réduit portant le clignotant, la surface de freinage se limitant à l'anneau extérieur rouge.

Un moteur inchangé dans sa base, affiné dans les détails

Le RB26DETT conserve sa cylindrée et sa puissance catalogue de 280 ch, mais gagne des turbocompresseurs Garrett C100-GT25 à double roulement à billes sur roue céramique et une pression de suralimentation revue à la hausse, portant le couple maximal à 40,0 m·kg — un gain de souplesse à bas régime revendiqué comme un progrès d'agrément au quotidien plutôt que de seule pointe de puissance (voir Le RB26DETT — architecture d'un biturbo pensé pour être poussé bien au-delà de ses réglages d'usine et L'évolution des turbocompresseurs de série — céramique, paliers lisses, puis roulements à billes). Nissan avait un temps envisagé d'équiper la GT-R d'une boîte à variation continue (CVT Extroid) alors en développement : le projet est écarté par crainte que les préparations moteur très répandues sur cette voiture ne rendent la gestion électronique d'une transmission à variation continue imprévisible — la CVT Extroid équipera finalement les Cedric/Gloria plutôt que la GT-R.

Un habitacle pensé autour d'un nouvel écran multifonction

La R34 introduit un écran multifonction (MFD) de 5,8 pouces au centre de la planche de bord, remplaçant les trois cadrans ronds des générations précédentes et affichant en direct pression de suralimentation, températures d'huile et d'eau, entre autres paramètres. Le compte-tours, placé à gauche du compteur de vitesse — une disposition inhabituelle chez Nissan à cette époque — reçoit sur les versions V·Spec une échelle compressée sous 3 000 tr/min pour offrir plus de résolution de lecture dans les hauts régimes, une préoccupation de détail qui prolonge un souci déjà observé sur la R33 pour le positionnement au repos de l'aiguille du compte-tours.

Une nomenclature de versions particulièrement riche en toute fin de carrière

Après un lancement en versions standard et V·Spec, accompagnées d'une édition de lancement limitée « Midnight Purple II » (300 exemplaires, peinture à structure colorée), la R34 voit sa gamme évoluer par étapes : Midnight Purple III présentée au Salon de Tokyo 1999, V·Spec II en octobre 2000 (freins arrière agrandis, capot en carbone avec conduit NACA, premier capot carbone de série sur une voiture japonaise), puis M·Spec en mai 2001, orientée confort et nommée d'après Mizuno, l'ingénieur en chef du projet. La série se referme le 24 janvier 2002 avec un dernier lot limité et vendu le jour même de son annonce : les V·Spec II Nür et M·Spec Nür, 1 000 exemplaires au total, dotés d'un moteur RB26DETT à spécification N1 complète (turbines métalliques, culasse équilibrée) et nommés d'après le circuit allemand du Nürburgring où la voiture avait été mise au point (voir Le Nürburgring comme argument de vente — trois générations, trois records).

Une voiture qui a aussi servi de mulet de développement

Un exemplaire de R34 GT-R a servi de base de test pour la future génération de sportive à propulsion de Nissan : rééquipée d'un V6 VQ35DE, l'empattement allongé de 35 mm et la longueur totale réduite de 200 mm pour anticiper les proportions de la future plateforme FM, cette mule d'essai aux formes trapues avait reçu en interne le surnom affectueux de « Choro-Q GT-R », du nom d'une célèbre gamme japonaise de petites voitures à retrofriction miniatures.

La fin, pour la même raison qu'en 1973

La production s'arrête en août 2002, de nouveau parce que le RB26DETT ne peut être rendu conforme aux nouvelles normes antipollution japonaises entrées en vigueur l'année Heisei 12 (2000) — un écho direct, un quart de siècle plus tard, à l'arrêt de la KPGC110 (voir 1973, l'année où deux crises distinctes se sont conjuguées contre la GT-R). Le total de production s'élève à 11 578 exemplaires selon Wikipédia en anglais (11 345 selon Wikipédia en japonais, un écart mineur qui n'est pas expliqué par les sources). Contrairement à 1973, il n'y aura pas de nouvelle absence prolongée : la remplaçante est déjà en préparation, mais elle ne portera plus le nom Skyline (voir 2007 — la GT-R quitte le nom Skyline pour devenir un modèle autonome).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
ja.wikipedia.org, en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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