La famille de moteurs Cléon-Fonte sur la Renault 5 et la Supercinq
Hormis la R5 Turbo à moteur central (voir Le moteur de la Renault 5 Turbo — du 1397 cm³ K-Jetronic routier au 1527 cm³ de compétition), la quasi-totalité de la gamme Renault 5 et Supercinq — de la modeste L jusqu'à la Baccara — partage une même lignée technique : la famille de quatre-cylindres Cléon-Fonte.
Une histoire qui commence en 1962, bien avant la R5
Le moteur fait ses débuts au Salon de Genève 1962, sous le capot de la Renault Floride S. D'abord surnommé « Sierra » en interne, il est rebaptisé Cléon-Fonte d'après le nom de l'usine ultramoderne de Cléon (Seine-Maritime) où il est fabriqué. Architecture classique et robuste : bloc en fonte, culasse en aluminium, arbre à cames entraîné par chaîne, deux soupapes par cylindre — conçu dès l'origine pour être décliné en plusieurs cylindrées, de 1,0 à 1,4 litre selon les versions.
Ce moteur équipera, au fil de ses déclinaisons, une liste particulièrement large de modèles Renault : Floride, Caravelle, Renault 4, Renault 6, Renault 8/10, Renault 9/11, Renault 12, l'utilitaire Estafette, l'Alpine A110 — et jusqu'à la Twingo à son lancement en 1993, plus de trente ans après sa présentation. Une évolution notable intervient fin 1966 pour la R8 Gordini 1300 (nouveau bloc à entraxes uniformes, 1 255 cm³, 88 ch DIN), puis fin 1969 pour la R12 à traction avant (1 289 cm³, 54 ch DIN) — cette dernière évolution posant les bases directes des blocs 1289/1397 cm³ que l'on retrouvera quelques années plus tard sur la R5.
Un même bloc, une large plage de cylindrées sur la R5
Sur la Renault 5 première génération, le Cléon-Fonte se décline en pas moins de six cylindrées différentes selon les niveaux de finition (voir le détail complet dans La gamme de base — Renault 5 L, TL et GTL (1972-1985) et Les finitions supérieures — Renault 5 LS, TS, TX et Automatique) :
| Cylindrée | Alésage × course | Puissance DIN | Versions |
|---|---|---|---|
| 782/783 cm³ | 55,8 × 80 mm | 36 ch | L (1971-1977) |
| 845 cm³ | 58 × 80 mm | 37 ch | L (1977+), Campus |
| 956 cm³ | 65 × 72 mm | 44-47 ch | TL, Super-Campus |
| 1 108 cm³ | — | — | L/TL 5 portes |
| 1 289 cm³ | 73 × 77 mm | 42-64 ch | GTL, TS, Automatique, Monté Carlo |
| 1 397 cm³ | 76 × 77 mm | 63-93 ch | TX, Alpine |
Sur l'Alpine (93 ch, voir Renault 5 Alpine et Alpine Turbo — la rivale française de la Golf GTI), le taux de compression est porté à 10:1 pour tirer le maximum du bloc 1 397 cm³ sans suralimentation — la version turbocompressée de ce même bloc n'apparaissant qu'avec l'Alpine Turbo (taux abaissé à 8,6:1 pour supporter la pression du turbo).
Sur la Supercinq : C1J, C2J et C3J
La Supercinq perpétue la lignée Cléon-Fonte sous des désignations d'usine renouvelées (C1J pour la GT Turbo, C2J pour les versions TS/GTS/GT Turbo atmosphérique, C3J pour les dernières Five/Saga/Bye Bye — voir La gamme Supercinq — de la TS à la Five, en passant par la Baccara et Supercinq GT Turbo — l'héritière sportive (1985-1992)), avec des cylindrées allant du modeste 1 108 cm³ (Five 1991-1994) au 1 721 cm³ de la Baccara — ce dernier bloc, plus gros, constituant une évolution distincte de la lignée plutôt qu'un simple réalésage.
Points de faiblesse observés en réfection réelle
Un reportage photographique de démontage détaillé, publié par le site spécialisé r1223.adelex.fr sur un bloc C2J de 1 397 cm³ (68 ch, issu d'une Supercinq Automatique à 93 000 km), illustre concrètement les points de vigilance déjà réputés sur la famille Cléon-Fonte : suintements d'huile généralisés au niveau des joints (un défaut qualifié de systématique — « comme tous les Cléon-Fonte, il fuit de partout »), crépine de pompe à huile obstruée en cas d'entretien négligé, et traces de liquide de refroidissement retrouvées dans un cylindre au démontage de la culasse, signe classique d'un joint de culasse en fin de vie — un point de contrôle à ne pas négliger lors de l'achat d'un exemplaire d'occasion (voir Cote et conseils d'achat — Renault 5 première génération (versions populaires) et Cote et conseils d'achat — Renault 5 Alpine Turbo et Supercinq GT Turbo).
Un moteur-frère du bloc Renault 4
Le moteur de base de la Renault 5 L (782 puis 845 cm³) dérive directement de celui de la Renault 4, elle-même héritière de la motorisation de la 4CV — la R5 s'inscrit ainsi dans une continuité mécanique directe avec les utilitaires populaires Renault des décennies précédentes, même si sa carrosserie et son positionnement commercial rompent nettement avec cet héritage (voir Genèse et lancement de la Renault 5 — le projet 122 (1968-1972)).
Voir aussi
- La gamme de base — Renault 5 L, TL et GTL (1972-1985) · Les finitions supérieures — Renault 5 LS, TS, TX et Automatique · Renault 5 Alpine et Alpine Turbo — la rivale française de la Golf GTI · Supercinq GT Turbo — l'héritière sportive (1985-1992) · Le moteur de la Renault 5 Turbo — du 1397 cm³ K-Jetronic routier au 1527 cm³ de compétition · Carburation et injection sur la gamme Renault 5 — Solex, Weber et K-Jetronic
- Site source
- motor1.com (+ recoupements newsdanciennes.com, renault-5.net, r1223.adelex.fr)
- Date d'extraction
- 11 sept. 2026
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