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§ 01 · Histoire et modèles

Genèse et lancement de la Renault 5 — le projet 122 (1968-1972)

Renault 5 · 4 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

Une intuition de Pierre Dreyfus

Au tournant des années 1970, le marché automobile reste segmenté en trois blocs étanches : petites, moyennes et grosses voitures. Robustesse et fiabilité sont l'apanage des petites, confort et prestance celui des grosses — rarement les deux à la fois. Dès 1968, le PDG de Renault Pierre Dreyfus (déjà à l'origine du lancement de la Renault 4 une décennie plus tôt, voir Genèse de la Renault 4 — remplacer la 4CV, détrôner la 2CV (1949-1961)) pressent que le marché est mûr pour un concept inédit : une petite voiture aussi robuste que la 2 CV ou la 4L, mais plus élégante et plus vive sur route. Le « projet 122 » est lancé ; stylistes, dessinateurs et ingénieurs s'y attellent.

Les grandes lignes se fixent rapidement : un capot court, deux larges portes latérales, un vaste hayon arrière descendant jusqu'au pare-chocs, de grandes vitres, des lignes arrondies. Le style définitif est dû au jeune designer Michel Boué (voir Michel Boué, le designer de la Renault 5 — biographie et légende corrigée sur sa mort), qui en fait un projet personnel avant qu'il ne devienne le nouveau visage de la marque.

Le pari des contradictions résolues

La Renault 5 est conçue pour réconcilier des qualités jugées jusque-là incompatibles : pratique et élégante, compacte mais spacieuse, vive sur route et agile en ville. Plusieurs partis pris y contribuent :

  • une caisse construite autour d'une structure centrale indéformable ;
  • deux grandes portes sans poignée apparente, pour alléger la ligne ;
  • un coffre modulable de 270 dm³ (jusqu'à 900 dm³ banquette rabattue) ;
  • un prix de lancement raisonnable.

Côté mécanique, la R5 reprend et fait évoluer les moteurs de la Renault 4L (eux-mêmes dérivés de la 4CV — famille Cléon-Fonte, voir La famille de moteurs Cléon-Fonte sur la Renault 5 et la Supercinq), avec de nouveaux arbres à cames et des cylindrées revues à la hausse. Côté sécurité, l'avant de la caisse est étudié pour se déformer progressivement en cas de choc, préservant l'habitacle — un principe que Renault poussera plus loin quelques années plus tard avec le prototype expérimental EPURE (voir EPURE — le prototype de sécurité expérimental bâti sur base Renault 5 (1978)).

L'habitacle rompt avec les habitudes « bourgeoises » de l'époque : la traditionnelle boîte à gants cède la place à une tablette vide-poches, le ciel de toit en faux velours à un matelas de fibres comprimées façon toile de jute, les cadrans ronds à des compteurs carrés regroupant instruments et voyants. Les teintes sont vives — vert, orange, rouge vif — et le plastique s'assume enfin comme un matériau à part entière plutôt que d'imiter le cuir.

Sur le plan de la carrosserie, la Renault 5 introduit en Europe l'usage de pare-chocs boucliers en polyester et un hayon arrière qui descend jusqu'au pare-chocs, deux dispositions que les concurrentes copieront largement dans la décennie suivante.

La présentation du 28 janvier 1972

La date retenue par le site de référence renault-5.net pour la présentation officielle est le 28 janvier 1972 ; plusieurs sources anglophones (dont Wikipédia) avancent le 27 janvier 1972 — un écart d'un jour, documenté ci-dessous plutôt que tranché arbitrairement (voir sources/verification-croisee.md). Deux versions figurent au catalogue dès le lancement : une L et une TL (voir La gamme de base — Renault 5 L, TL et GTL (1972-1985)).

Le modèle est ensuite présenté au grand public lors du 59ᵉ Salon de l'automobile de Paris, à l'automne 1972, aux côtés de la Renault 12 TS : la gamme Renault y aligne 45 véhicules, la R5 et la R5 TL y sont montrées pour la première fois (la TL pouvant déjà recevoir en option un levier de vitesses au plancher). Le stand Renault met aussi en avant les services après-vente, le crédit DIAC, la garantie OR — et une curiosité d'époque, le radiotéléphone automatique pour automobile développé par Thomson-CSF, testé en avant-première sur des Renault 16 TS Automatique.

Un succès immédiat et durable

La Renault 5 s'impose très vite comme la petite voiture des années 1970-1980 en France, où elle domine le marché dix années consécutives (1974-1983). Sa carrière commerciale se poursuit jusqu'en 1984-1985 (millésime Lauréate, voir Chronologie complète de la Renault 5 (première génération, 1972-1985)) avant de céder la place à la Supercinq (voir Genèse et lancement de la Supercinq — le projet 140 (1978-1984)), dont le style reprend consciemment le profil général de la première génération.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
renault-5.net
Date d'extraction
11 sept. 2026
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