Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

La caisse venue de chez BMC — Pressed Steel Fisher, Cowley et l'assemblage final à Crewe

Rolls-Royce Silver Shadow · 1965–1980 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une entreprise qui n'avait jamais construit de monocoque

Le passage à la construction monocoque, décrit dans ce corpus sous l'angle de la rupture avec les carrossiers indépendants (voir La fin du châssis nu — la Silver Shadow et le déclin des carrossiers indépendants britanniques), pose à Rolls-Royce un problème très concret : l'entreprise n'a strictement aucune expérience de ce type de construction, dominée jusque-là par l'assemblage d'un châssis-poutre nu recevant une carrosserie rapportée. Faute de savoir-faire interne, l'ingénierie de caisse est intégralement confiée en sous-traitance à Pressed Steel Fisher (PSF), spécialiste industriel de l'emboutissage de carrosseries pour l'industrie automobile britannique de grande série.

Une caisse brute fabriquée dans l'usine... de la future Mini moderne

Le choix du site de fabrication de la coque brute (« body-in-white ») est resté célèbre a posteriori pour un curieux effet de longue durée : Pressed Steel Fisher produit les caisses de la Silver Shadow à son usine de Cowley, alors partagée avec le groupe BMC/Morris — une usine connue aujourd'hui sous le nom de « Plant Oxford », où sont assemblées les MINI modernes du groupe BMW. Une Rolls-Royce et une Mini contemporaine sortent ainsi, à cinquante ans d'écart, du même site industriel du sud de l'Angleterre. Une fois embouties et assemblées, les caisses brutes sont transportées jusqu'à Crewe, siège historique de Rolls-Royce, pour y recevoir moteur, transmission, habillage intérieur et finition complète.

Une méthode qui perdurera bien au-delà de la Silver Shadow

Ce schéma de production en deux temps — caisse emboutie chez un sous-traitant spécialisé, assemblage et finition à Crewe — restera la norme pour toute la descendance directe de la Silver Shadow (Silver Shadow II, Silver Wraith II, et par extension la Corniche à ses débuts) jusqu'au remplacement de la plateforme SY par la Silver Spirit à partir de 1980. Il illustre, de façon très concrète, la bascule de Rolls-Royce d'une logique artisanale de petit constructeur-assembleur vers une intégration aux méthodes industrielles de grande série de l'industrie automobile britannique de l'après-guerre — le même mouvement de fond qui provoque, en parallèle, le déclin des carrossiers indépendants (voir Mulliner Park Ward — la fusion de deux carrossiers rivaux, absorbée puis éteinte en 1991).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, hagerty.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci