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§ 01 · Histoire et modèles

La « Talbot » Alpine (1953-1955) — la toute première Alpine, née d'un garagiste de Bournemouth

Sunbeam Alpine & Sunbeam Tiger · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Avant l'Alpine « Série » de 1959 qui donnera naissance au Tiger (voir La genèse de l'Alpine « Série » (1959) — un roadster élégant mais mécaniquement modeste), une toute première Sunbeam-Talbot Alpine a déjà porté ce nom, entre 1953 et 1955 — une voiture différente, que les collectionneurs anglophones distinguent aujourd'hui sous le surnom de « Talbot » Alpine.

Un département compétition qui change la donne

Le groupe Rootes, jusque-là indifférent aux voitures de sport, doit sa conversion à un homme : Norman Garrad. Convaincu des retombées publicitaires d'une équipe de compétition officielle, Garrad obtient l'accord de Lord Rootes et fonde le département compétition Rootes en 1948, engageant rapidement une solide équipe de pilotes. La berline Sunbeam-Talbot de l'époque, à moteur 2,2 litres, s'avère lourde et peu adaptée à la compétition — mais l'équipe engrange malgré tout de bons résultats et une image favorable pour la marque.

Un roadster né d'un rallye et d'un concessionnaire

C'est George Hartwell, concessionnaire Sunbeam-Talbot de Bournemouth, qui suggère l'idée d'une version deux places décapotable de la berline Sunbeam-Talbot 90, initialement conçue comme voiture de rallye unique. Lord Rootes donne son accord et choisit de baptiser le modèle Sunbeam Alpine, en hommage aux succès des berlines Sunbeam-Talbot au Rallye des Alpes au début des années 1950. Annoncée en mars 1953, l'Alpine hérite du moteur quatre cylindres 2 267 cm³ de la berline, avec un taux de compression relevé, mais souffre du manque de rigidité inhérent à une carrosserie dérivée d'une plateforme de berline malgré des renforts de chassis. Boîte à levier au volant, absence de poignées de porte extérieures et de vitres relevables : la voiture reste un roadster pur et spartiate.

Un baptême du feu triomphal

Pour sa toute première sortie compétitive, le Coupe des Alpes de juillet 1953, la nouvelle Alpine rafle la mise : Sheila van Damm remporte la Coupe des Dames, et quatre pilotes — Stirling Moss, John Fitch, G. Murray-Frame et Sheila van Damm elle-même — décrochent chacun une Coupe des Alpes sans la moindre pénalité. Une équipe de compétition de six voitures est montée pour le Rallye des Alpes de 1953, intégrant une trentaine de modifications non officielles qui portent la puissance à environ 97,5 ch.

Une carrière courte, une production artisanale

Fabriquées à la main par le carrossier Thrupp & Maberly (propriété de Rootes, Cricklewood, Londres), les Alpine Mark I et Mark III (il n'y a jamais eu de Mark II) ne restent au catalogue que deux ans, de 1953 à 1955. Sur 1 582 exemplaires produits, 961 partent aux États-Unis et au Canada, 445 restent au Royaume-Uni et 175 rejoignent d'autres marchés ; on estimait en 2000 qu'il n'en subsistait plus qu'environ 200. Une version « Special » développe 97,5 ch grâce à un taux de compression relevé à 8,0:1 et un carburateur double corps Solex 40 PII ; les voitures d'usine du Rallye des Alpes (immatriculées MKV 21 à 26), reprenant cette base, sont encore affinées par le préparateur britannique ERA jusqu'à 106 ch.

Une apparition remarquée au cinéma

Une Alpine Mark I bleu saphir tient un rôle notable dans La Main au collet (To Catch a Thief, 1955) d'Alfred Hitchcock, conduite par Grace Kelly aux côtés de Cary Grant — l'une des rares apparitions de la marque au grand écran avant l'Alpine « Série » (voir L'Alpine sur grand et petit écran — de Grace Kelly à Nancy Drew, un demi-siècle d'apparitions). Une Mark III apparaît également dans le film d'horreur britannique Night of the Demon (1957), et la romancière Muriel Spark y fait référence dans son premier roman, The Comforters (1957).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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