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§ 01 · Histoire et modèles

L'Alpine de Série II à V (1960-1968) — huit ans d'évolutions continues

Sunbeam Alpine & Sunbeam Tiger · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Loin d'être figée, l'Alpine évolue en continu pendant toute sa carrière — jusqu'à devenir, en Série IV, le châssis directement repris par le Tiger (voir La genèse du Tiger — Brabham, les Garrad père et fils, et le projet monté en secret avec Shelby et Miles). Au total, 69 251 exemplaires des cinq séries sortent des chaînes Rootes entre 1959 et 1968.

Série I (1959-1960) — 11 904 exemplaires

Voir La genèse de l'Alpine « Série » (1959) — un roadster élégant mais mécaniquement modeste pour la genèse complète. Le journal The Motor mesure en 1959 une vitesse de pointe de 99,5 mph (160 km/h), un 0-60 mph en 13,6 s et une consommation de 31,4 mpg impériaux sur une voiture d'essai à 1 031 £ taxes comprises. Un prototype original survit aujourd'hui et fut couru par Bernard Unett, triple champion britannique de tourisme dans les années 1970.

Série II (1960-1963) — 19 956 exemplaires

Présentée au Motor Show de 1960, la Série II reçoit un moteur agrandi à 1 592 cm³ développant 80 ch, ainsi qu'une suspension arrière revue — pour le reste, peu de changements. C'est une Série II « Lakewood Blue » que conduit Sean Connery dans Dr No (1962), premier film de James Bond (voir Dr No (1962) — quand l'Alpine devient, par accident, la toute première voiture de James Bond à l'écran).

Série III (mars 1963 - janvier 1964) — 5 863 exemplaires, la plus rare

Modèle de transition, la Série III introduit de nombreuses évolutions reprises ensuite par les séries suivantes et par le Tiger lui-même : ailerons arrière plus hauts, coffre agrandi, roue de secours verticale, réservoirs logés dans les ailerons, sièges en mousse micro-cellulaire améliorés, servofrein, et surtout un hard-top de forme revue — commun avec celui du futur Tiger. Deux versions coexistent : la GT (hard-top amovible uniquement, sans capote souple) et la ST (capote souple rangée derrière les strapontins arrière). Le moteur 1 592 cm³ est détuné en version GT pour plus de douceur.

Série IV (1964-1965) — 12 406 exemplaires

Fini le petit moteur d'entrée de gamme : cabriolet et hard-top partagent désormais un même 1 592 cm³ de 82 ch à carburateur Solex unique. La carrosserie perd ses ailerons proéminents au profit d'une ligne arrière plus sobre. Une boîte automatique à commande au plancher devient disponible en option, mais rencontre peu de succès. À partir de l'automne 1964, une nouvelle boîte manuelle synchronisée sur le premier rapport est adoptée, en cohérence avec le reste de la gamme Rootes. C'est la carrosserie Série IV que Shelby utilise pour ses tout premiers prototypes de Tiger, avant le passage à la Série V en cours de production du Mark I (voir Mark I, Mark IA, Mark II — les trois visages du Tiger et la bataille des chiffres de production).

Série V (1965-1968) — 19 122 exemplaires, la dernière

Ultime évolution, la Série V reçoit un moteur entièrement revu : nouveau vilebrequin à cinq paliers portant la cylindrée à 1 725 cm³, avec deux carburateurs semi-horizontaux Zenith-Stromberg, pour 93 ch (jusqu'à 99 ch SAE annoncés sur certains marchés export). L'option boîte automatique disparaît. C'est ce même bloc 1 725 cm³, dans une version très différente, qui reste associé au nom Alpine bien après l'arrêt du roadster (voir plus bas). Rootes met fin à la production du roadster Alpine en janvier 1968, peu après le rachat complet du groupe par Chrysler (voir L'ironie du Tiger — racheté par le propriétaire même du moteur qu'il n'utilise pas).

Un nom réutilisé deux fois après 1968

Le nom Alpine renaît une première fois dès 1969 sur un coupé « fastback » deux portes totalement différent, dérivé de la Sunbeam Rapier (gamme Rootes Arrow) et produit jusqu'en 1975 — une déclinaison plus abordable et moins véloce de la Rapier, hors du périmètre de ce dossier. Une seconde résurrection intervient en 1976 : Chrysler, alors propriétaire de Rootes, rebadge sous le nom Chrysler Alpine puis Talbot Alpine (après le rachat de Chrysler Europe par PSA en 1978) une toute autre voiture, la Simca 1307 britannique — sujet déjà traité dans le dossier talbot-horizon/ du corpus (voir Chrysler Europe (1967-1978) — Rootes et Barreiros rejoignent Simca sous pavillon américain).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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